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Apocalypse 14

⏱ 21 min de lecture · 11 parties

1Introduction

Apocalypse 14 oppose deux peuples et annonce deux moissons : les rachetés qui portent le Nom de Dieu, et ceux qui reçoivent la marque de la bête. Chaque image du chapitre puise dans la Torah, les Prophètes et les paroles de Yeshoua.

Plan du chapitre

Le chapitre s'ouvre sur l'Agneau et les 144 000 debout sur la montagne de Sion (v. 1-5) : c'est le peuple scellé et fidèle. Viennent ensuite trois anges. Le premier annonce l'Évangile éternel et l'heure du jugement (v. 6-7). Le deuxième proclame la chute de Babylone (v. 8). Le troisième avertit contre la marque de la bête et décrit la persévérance des saints (v. 9-12).

Une voix du ciel promet alors le repos aux morts qui meurent dans le Seigneur (v. 13). Le chapitre se termine par deux récoltes : la moisson du blé par le Fils d'homme, qui rassemble les justes (v. 14-16), puis la vendange des raisins, jetés dans le pressoir de la colère de Dieu (v. 17-20).

Les citations bibliques suivent la version Louis Segond.

2Verset 1 — L'Agneau et les 144 000 sur Sion

« Je regardai, et voici, l'agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts. »
Le point : le Nom écrit sur le front est la marque d'appartenance du peuple de Dieu. Il répond à la marque de la bête (v. 9).

Le nombre 144 000

  • 12 × 12 × 1 000 : les 12 tribus d'Israël et les 12 apôtres, multipliés par 1 000, nombre de la multitude complète.
  • 400 × 360 = 144 000 : une lecture symbolique possible.
  • → 400 : le temps de l'épreuve avant la délivrance (Genèse 15:13, Israël opprimé 400 ans).
  • → 360 : l'année prophétique de 360 jours (Daniel et Apocalypse : 1 260 jours = 3 ans et demi).

Cette seconde lecture est une méditation personnelle, pas une clé donnée par le texte lui-même.

La montagne de Sion

Sion est le lieu où Dieu établit son Roi : « C'est moi qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! » (Psaume 2:6). Joël 2:32 annonce aussi qu'il y aura des réchappés sur la montagne de Sion.

Le Nom sur le front : de la promesse à l'accomplissement

En Apocalypse 3:12, Jésus fait une promesse au vainqueur : « J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu… et mon nom nouveau. » En Apocalypse 14:1, cette promesse est accomplie : le Nom est écrit sur le front des 144 000, qui se tiennent victorieux sur Sion après avoir traversé l'épreuve. Ce qui était promis aux Églises devient réalité pour le peuple rassemblé autour de l'Agneau.

Dans la Torah, le souverain sacrificateur portait déjà sur le front une lame d'or gravée « Sainteté à l'Éternel » (Exode 28:36-38).

3Versets 2 à 3 — La voix des grandes eaux et le cantique nouveau

« Et j'entendis du ciel une voix, comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d'un grand tonnerre ; et la voix que j'entendis était comme celle de joueurs de harpes jouant de leurs harpes. Et ils chantent un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre êtres vivants et les vieillards. Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n'est les cent quarante-quatre mille, qui avaient été rachetés de la terre. »
Le point : la voix du ciel reprend les signes de la présence de Dieu au Sinaï, et seuls les rachetés peuvent chanter ce qu'ils ont vécu.

La voix des grandes eaux et du tonnerre

  • Grandes eaux (Kol Mayim Rabbim) : « Sa voix était comme le bruit des grandes eaux » (Ézéchiel 43:2). Voir aussi Apocalypse 1:15.
  • Tonnerre (Kolot) : au Sinaï, « il y eut des tonnerres, des éclairs, et une épaisse nuée sur la montagne » (Exode 19:16).
  • Les deux réunis : « La voix de l'Éternel retentit sur les eaux, le Dieu de gloire fait gronder le tonnerre » (Psaume 29:3).

Le cantique nouveau

Le cantique nouveau célèbre une délivrance. Israël chanta après la mer Rouge (Exode 15:1). Les vainqueurs chantent « le cantique de Moïse… et le cantique de l'agneau » (Apocalypse 15:3). Voir aussi Psaume 96:1 et Psaume 144:9.

Le trône, les êtres vivants, les vieillards : le plan du Tabernacle

La scène céleste reprend le plan du camp d'Israël dans le désert. Au centre se trouve le trône, comme le Tabernacle se trouvait au centre du camp. Autour, les quatre êtres vivants — lion, veau, homme, aigle — rappellent les quatre bannières qui entouraient le Tabernacle (Nombres 2) et les chérubins d'Ézéchiel 1:10.

Les 24 vieillards évoquent les 24 classes de sacrificateurs qui servaient au sanctuaire (1 Chroniques 24), ainsi que les anciens d'Israël qui virent Dieu au Sinaï (Exode 24:9). Enfin, les « rachetés de la terre » renvoient au goël, le proche parent qui rachète l'esclave ou la terre (Lévitique 25). Dieu les a rachetés comme il a racheté Israël d'Égypte (Exode 6:6).

Le rapprochement entre les 4 bannières et les 4 êtres vivants vient de la tradition juive ; Nombres 2 ne nomme pas les emblèmes.

4Versets 4 à 5 — Vierges, prémices, sans mensonge

« Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges ; ils suivent l'agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d'entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l'agneau ; et dans leur bouche il ne s'est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles. »
Le point : « vierges » désigne la fidélité spirituelle exclusive à Dieu, pas le célibat. La souillure est l'idolâtrie et la fausse doctrine.

Le langage de la fidélité

Dans le langage des prophètes, se souiller avec des femmes signifie se prostituer spirituellement : adorer d'autres dieux, se mêler au système de Babylone (Apocalypse 17:1-5 ; Osée 4:12). Être vierge, c'est donc rester fidèle à Dieu seul. Paul l'exprime ainsi : « je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure » (2 Corinthiens 11:2).

Suivre l'Agneau partout où il va, c'est l'obéissance du disciple : « Mes brebis entendent ma voix… et elles me suivent » (Jean 10:27). Être des prémices, c'est être les premiers fruits de la moisson, consacrés à Dieu (Lévitique 23:10 ; Jacques 1:18).

L'absence de mensonge marque l'attachement à la vérité de Dieu (Psaume 119:142 ; Sophonie 3:13). Enfin, « irrépréhensibles » (amômos) signifie sans tache, purifiés par Dieu (Éphésiens 5:27 ; Jude 24).

Paul s'adresse en 2 Corinthiens 11:2 à toute une Église, hommes et femmes, souvent mariés. Le sens spirituel est donc clair.

Purifiés, non parfaits par eux-mêmes

  • Ésaïe 1:18 : « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige. »
  • Ézéchiel 36:25 : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés. »
  • Osée 2:19 : « Je te fiancerai à moi pour toujours. »
  • Apocalypse 7:14 : « Ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l'agneau. »

La vérité dans la bouche

  • Psaume 119:142 : « Ta loi est la vérité » (Torah Emet).
  • Malachie 2:6 : « La loi de la vérité était dans sa bouche. »
  • Sophonie 3:13 : le reste d'Israël « ne dira point de mensonge ».
  • Ésaïe 53:9 et 1 Pierre 2:22 : le Serviteur, l'Agneau, n'avait « point de fraude dans sa bouche ». Les 144 000 ressemblent à l'Agneau qu'ils suivent.

5Versets 6 à 7 — Premier ange : l'Évangile éternel

« Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux. »
Le point : avant le jugement, Dieu adresse une dernière offre de grâce au monde entier, et rappelle qu'il est le Créateur.

Un Évangile « éternel »

Le mot « Évangile » n'apparaît qu'ici dans l'Apocalypse. Il est éternel car il n'est pas nouveau : c'est la même bonne nouvelle annoncée dès le commencement.

  • Genèse 3:15 : la première promesse d'un vainqueur sur le serpent.
  • Galates 3:8 : « L'Écriture… a d'avance annoncé cette bonne nouvelle à Abraham. »
  • Hébreux 13:8 : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui, et éternellement. »

Pour toutes les nations : la promesse faite à Abraham

  • Genèse 12:3 : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »
  • Genèse 22:18 : « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité. »
  • Ésaïe 52:7 : « Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles. »
  • Matthieu 24:14 : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier… Alors viendra la fin. »

Les trois appels du message

Craignez Dieu. Il s'agit du respect qui conduit à l'obéissance. L'Ecclésiaste résume ainsi tout le devoir de l'homme : « Crains Dieu et observe ses commandements » (Ecclésiaste 12:13).

Donnez-lui gloire. C'est reconnaître sa souveraineté et se repentir. Josué dit à Acan : « Donne gloire à l'Éternel » avant qu'il confesse sa faute (Josué 7:19). Le Psaume 96:7-8 appelle les familles des peuples à rendre gloire à l'Éternel.

L'heure de son jugement est venue. Le tribunal de Dieu siège, comme dans la vision de Daniel où « les juges s'assirent, et les livres furent ouverts » (Daniel 7:10). Le Psaume 96:13 annonce aussi qu'il vient pour juger la terre.

Adorez celui qui a fait le ciel, la terre, la mer. Seul le Créateur est digne d'adoration. Cet appel renvoie directement au quatrième commandement (Exode 20:11).

Le lien avec le 4ᵉ commandement

L'appel du verset 7 reprend presque mot pour mot Exode 20:11 : « En six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour. » Le Créateur appelle à l'adorer face à la bête qui réclame l'adoration (Apocalypse 13:8).

Note : le sceptre de fer

On peut aussi relier ce verset au règne du Messie avec un sceptre de fer. Ce thème n'est pas dans Apocalypse 14:7, mais il éclaire le jugement qui suit.

  • Psaume 2:9 : « Tu les briseras avec une verge de fer. »
  • Apocalypse 2:27 ; 12:5 ; 19:15 : le Messie et ses vainqueurs paissent les nations avec un sceptre de fer.
  • Genèse 49:10 : « Le sceptre ne s'éloignera point de Juda… jusqu'à ce que vienne le Schilo. »
  • Nombres 24:17 : « Un astre sort de Jacob, un sceptre s'élève d'Israël. »
  • Psaume 110:2 et Daniel 7:14 : la domination éternelle du Fils de l'homme.

6Verset 8 — Deuxième ange : la chute de Babylone

« Et un autre, un second ange suivit, en disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité ! »
Le point : Babylone est le système religieux et politique qui séduit les nations. Sa chute est annoncée comme déjà accomplie, tant elle est certaine.

L'annonce vient des Prophètes

  • Ésaïe 21:9 : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone ! » La répétition vient de là.
  • Jérémie 51:7 : « Babylone était dans la main de l'Éternel une coupe d'or, qui enivrait toute la terre ; les nations ont bu de son vin. »
  • Genèse 11:1-9 : Babel, la première Babylone, l'orgueil humain qui veut monter jusqu'au ciel sans Dieu.

La chute développée dans l'Apocalypse

  • Apocalypse 16:19 : Babylone reçoit « la coupe du vin de son ardente colère ».
  • Apocalypse 17:1-5 : la grande prostituée ; sur son front : « Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre ».
  • Apocalypse 18:2-3 : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! … toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa prostitution. »

L'appel à sortir de Babylone

Cet appel traverse toute l'Écriture. Jérémie l'adressait déjà aux exilés : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple, et que chacun sauve sa vie, en échappant à la colère ardente de l'Éternel ! » (Jérémie 51:45). Ésaïe le reprenait : « Partez, partez, sortez de là ! Ne touchez rien d'impur ! » (Ésaïe 52:11).

L'Apocalypse le répète presque mot pour mot : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n'ayez point de part à ses fléaux » (Apocalypse 18:4). Sortir de Babylone, c'est se séparer de ses doctrines et de ses pratiques pour ne pas partager son jugement.

7Versets 9 à 12 — Troisième ange : la marque de la bête et la persévérance des saints

« Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d'une voix forte : Si quelqu'un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l'agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n'ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. C'est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. »
Le point : deux marques, deux allégeances. Ce qui distingue les saints n'est pas une étiquette mais deux critères : les commandements de Dieu et la foi de Jésus.

Front et main : la contrefaçon du Shema

Dans la Torah, Dieu demande d'attacher sa Parole sur la main et le front :

  • Deutéronome 6:8 : « Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et elles seront comme des fronteaux entre tes yeux. »
  • Deutéronome 11:18 : le même commandement est répété.

La main représente les actes ; le front, la pensée et l'allégeance. La marque de la bête soumet les actes et les pensées à un autre maître que Dieu.

Le vin « sans mélange »

  • Psaume 75:8 : « Il y a dans la main de l'Éternel une coupe, où fermente un vin plein de mélange… tous les méchants de la terre boiront. »
  • Jérémie 25:15 : « Prends de ma main cette coupe remplie du vin de ma colère. »
  • Ésaïe 51:17 : « la coupe de sa colère… la coupe d'étourdissement ».

Le vin était d'ordinaire coupé d'eau. « Sans mélange » signifie une colère qui n'est plus tempérée par la patience de Dieu.

Le feu et le soufre

  • Genèse 19:24 : sur Sodome et Gomorrhe, « une pluie de soufre et de feu ».
  • Ésaïe 34:9-10 : sur Édom, le soufre, et « la fumée s'en élèvera éternellement ».
  • Apocalypse 19:20 ; 20:10 : la bête, le faux prophète et le diable jetés dans l'étang de feu et de soufre.
  • Apocalypse 16:2 : un ulcère frappe ceux qui ont la marque de la bête.

Deux camps

Le texte oppose deux peuples point par point. Ceux qui suivent la bête portent sa marque (13:16), se soumettent au système du monde et adorent la bête et son image. Ils boivent le vin de la colère de Dieu (14:10) et n'ont de repos ni jour ni nuit (14:11).

Le peuple de Dieu, lui, porte le Nom de l'Agneau et du Père (14:1). Il garde les commandements de Dieu et la foi de Jésus. Au lieu de la coupe de colère, il élève « la coupe des délivrances » (Psaume 116:13). Et au lieu de l'agitation sans fin, il reçoit le repos promis : « ils se reposent de leurs travaux » (14:13).

« C'est ici la persévérance des saints »

« C'est ici » veut dire : voilà ce qui les distingue concrètement. Apocalypse 12:17 posait déjà le même critère : « ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus ». La Torah présentait le même choix : « J'ai mis devant toi la vie et la mort… Choisis la vie » (Deutéronome 30:19).

8Verset 13 — Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur

« Et j'entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, afin qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. »
Le point : ceux qui meurent fidèles ne perdent rien. Leur repos répond à l'absence de repos des adorateurs de la bête (v. 11), et leurs œuvres restent devant Dieu.

Le repos : un Sabbat éternel

  • Exode 20:8-11 : le repos du septième jour après six jours de travail.
  • Hébreux 4:9-10 : « Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres, comme Dieu s'est reposé des siennes. »
  • Ésaïe 57:2 : le juste « entre dans la paix, il repose sur sa couche ».

Les œuvres qui suivent

Les œuvres ne sont pas le prix du salut, mais le fruit de la foi et de l'obéissance.

  • Apocalypse 19:8 : « Le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. »
  • Ésaïe 3:10 : « Dites que le juste prospérera, car il jouira du fruit de ses œuvres. »
  • Psaume 62:12 : « Tu rends à chacun selon ses œuvres. »
  • Matthieu 16:27 : le Fils de l'homme « rendra à chacun selon ses œuvres ».
  • Hébreux 6:10 : « Dieu n'est pas injuste pour oublier votre travail. »
  • Apocalypse 22:12 : « Ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son œuvre. »

« Dès à présent »

Ce bonheur commence maintenant, au moment de la grande épreuve. La persécution du verset 12 peut coûter la vie ; le verset 13 assure que cette mort n'est pas une défaite.

9Versets 14 à 16 — Le Fils d'homme et la moisson

« Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme, ayant sur sa tête une couronne d'or, et dans sa main une faucille tranchante. Et un autre ange sortit du temple, criant d'une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : Lance ta faucille, et moissonne ; car l'heure de moissonner est venue, car la moisson de la terre est mûre. Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. Et la terre fut moissonnée. »
Le point : le Messie lui-même moissonne le blé, c'est-à-dire rassemble les justes. C'est la première des deux récoltes de la fin.

Le Fils d'homme sur la nuée

  • Daniel 7:13-14 : « Sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme ; il s'avança vers l'ancien des jours… On lui donna la domination, la gloire et le règne. »
  • Matthieu 24:30 ; 26:64 : Yeshoua s'applique cette prophétie : « le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel ».
  • Actes 1:9-11 : il est monté sur une nuée et reviendra de la même manière.

La couronne d'or

C'est la couronne du vainqueur (stephanos) et du roi. « Tu mets sur sa tête une couronne d'or pur » (Psaume 21:3 ou 21:4 selon la numérotation). En Apocalypse 19:12, le même Roi porte « plusieurs diadèmes ».

La faucille et la moisson mûre

  • Joël 3:13 : « Saisissez la faucille, car la moisson est mûre ! »
  • Marc 4:29 : « Dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. »
  • Matthieu 13:30 : « Amassez le blé dans mon grenier. »
  • Matthieu 24:31 : il enverra ses anges rassembler ses élus des quatre vents.

L'ordre vient « du temple », du lieu même de la présence de Dieu. C'est le Père qui fixe l'heure (Marc 13:32).

Les fêtes de la moisson dans la Torah

  • Les prémices (Lévitique 23:10) : la première gerbe offerte à Dieu. Les 144 000 sont ces prémices (v. 4).
  • Shavouot, la fête des semaines (Lévitique 23:15-22) : la moisson du blé.
  • Souccot, la fête de la récolte (Exode 23:16 ; Deutéronome 16:13) : la récolte de fin d'année, celle de l'aire et du pressoir.

10Versets 17 à 20 — La vendange et le pressoir de la colère

« Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant, lui aussi, une faucille tranchante. Et un autre ange, qui avait autorité sur le feu, sortit de l'autel, et s'adressa d'une voix forte à celui qui avait la faucille tranchante, disant : Lance ta faucille tranchante, et vendange les grappes de la vigne de la terre ; car les raisins de la terre sont mûrs. Et l'ange jeta sa faucille sur la terre. Et il vendangea la vigne de la terre, et jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu. Et la cuve fut foulée hors de la ville ; et du sang sortit de la cuve, jusqu'aux mors des chevaux, sur une étendue de mille six cents stades. »
Le point : la seconde récolte n'est plus celle du blé mais du raisin : les méchants, mûrs pour le jugement, sont jetés dans le pressoir de la colère de Dieu.

L'ange de l'autel et du feu

L'ange vient de l'autel, là où montent les prières des saints (Apocalypse 8:3-5) et où crient les âmes des martyrs : « Jusqu'à quand… ne venges-tu pas notre sang ? » (Apocalypse 6:9-10). La vendange est la réponse de Dieu à ces prières.

Des raisins « mûrs » : la mesure comble

Dieu attend que l'iniquité soit à son comble avant de juger : « l'iniquité des Amoréens n'est pas encore à son comble » (Genèse 15:16). La maturité de la vendange montre la patience de Dieu jusqu'au bout.

Le pressoir de la colère dans les Prophètes

  • Ésaïe 63:2-3 : « Pourquoi tes habits sont-ils rouges ?… J'ai été seul à fouler au pressoir… leur sang a jailli sur mes vêtements. »
  • Joël 3:13 : « Venez, foulez, car le pressoir est plein, les cuves regorgent ! Car grande est leur méchanceté. »
  • Lamentations 1:15 : « Le Seigneur a foulé au pressoir la vierge, fille de Juda. » Ici, c'est Juda qui est jugé ; l'image est ensuite appliquée aux nations.
  • Apocalypse 19:15 : le Roi des rois « foule la cuve du vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant ».

« Hors de la ville »

  • Dans la Torah, ce qui est impur ou condamné est emmené hors du camp (Lévitique 4:12 ; Nombres 15:35-36).
  • Hébreux 13:12 : Jésus « a souffert hors de la porte » pour sanctifier le peuple.
  • Joël 3:12-14 : le jugement des nations a lieu dans la vallée de Josaphat, aux abords de Jérusalem.
  • Apocalypse 21:27 : rien de souillé n'entrera dans la ville sainte.

Le sang jusqu'aux mors des chevaux, sur 1 600 stades

  • L'image est une hyperbole : elle dit l'ampleur totale du jugement (voir Apocalypse 19:14-15).
  • 1 600 stades font environ 300 km, à peu près la longueur de la terre d'Israël.
  • Le nombre : 1 600 = 4 × 4 × 100, ou 40 × 40. Le 4 évoque la terre entière (les quatre coins, les quatre vents). Le jugement atteint toute la terre.

Synthèse : les deux récoltes

La première récolte est la moisson du blé (v. 14-16). C'est le Fils d'homme lui-même, assis sur la nuée, qui moissonne, sur l'ordre d'un ange sorti du temple. Le blé représente les justes, rassemblés dans le grenier de Dieu (Matthieu 13:30). Elle correspond aux prémices et à Shavouot dans la Torah, et accomplit Daniel 7:13 et Marc 4:29.

La seconde récolte est la vendange des raisins (v. 17-20). Un ange sorti du temple la réalise, sur l'ordre de l'ange de l'autel qui a autorité sur le feu. Les grappes représentent les méchants, jetés dans la cuve de la colère de Dieu. Elle correspond à Souccot, la récolte du pressoir, et accomplit Ésaïe 63:3 et Joël 3:13.

11Synthèse du chapitre

Apocalypse 14 est construit comme une réponse à Apocalypse 13. Face à la bête qui marque et exige l'adoration, Dieu montre son peuple marqué de son Nom, envoie trois messages au monde, puis récolte la terre.

  • Le peuple fidèle (v. 1-5) : il porte le Nom du Père, chante le cantique des rachetés, reste fidèle et sans mensonge.
  • Trois messages avant la fin (v. 6-11) :
  • → Adorez le Créateur, l'heure du jugement est venue.
  • → Babylone est tombée.
  • → Ne recevez pas la marque de la bête.
  • Le critère (v. 12) : garder les commandements de Dieu et la foi de Jésus.
  • La consolation (v. 13) : ceux qui meurent fidèles entrent dans le repos, et leurs œuvres les suivent.
  • Les deux récoltes (v. 14-20) : le blé pour le grenier, les raisins pour le pressoir.

En une phrase : Apocalypse 14 reprend le langage de la Torah — le Nom sur le front, le Sinaï, les prémices, le Shema, le Sabbat, les fêtes de la moisson — pour montrer que le peuple fidèle de la fin est celui qui reste attaché à la Parole de Dieu et à l'Agneau.

📖 Apocalypse 14

  1. Je regardai, et voici, l'agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts.
  2. Et j'entendis du ciel une voix, comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d'un grand tonnerre; et la voix que j'entendis était comme celle de joueurs de harpes jouant de leurs harpes.
  3. Et ils chantaient un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre êtres vivants et les vieillards. Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n'est les cent quarante-quatre mille, qui avaient été rachetés de la terre.
  4. Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges; ils suivent l'agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d'entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l'agneau;
  5. et dans leur bouche il ne s'est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles.
  6. Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple.
  7. Il disait d'une voix forte: Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux.
  8. Et un autre, un second ange suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité!
  9. Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d'une voix forte: Si quelqu'un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main,
  10. il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l'agneau.
  11. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles; et ils n'ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom.
  12. C'est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus.
  13. Et j'entendis du ciel une voix qui disait: Écris: Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur! Oui, dit l'Esprit, afin qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs oeuvres les suivent.
  14. Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme, ayant sur sa tête une couronne d'or, et dans sa main une faucille tranchante.
  15. Et un autre ange sortit du temple, criant d'une voix forte à celui qui était assis sur la nuée: Lance ta faucille, et moissonne; car l'heure de moissonner est venue, car la moisson de la terre est mûre.
  16. Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. Et la terre fut moissonnée.
  17. Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant, lui aussi, une faucille tranchante.
  18. Et un autre ange, qui avait autorité sur le feu, sortit de l'autel, et s'adressa d'une voix forte à celui qui avait la faucille tranchante, disant: Lance ta faucille tranchante, et vendange les grappes de la vigne de la terre; car les raisins de la terre sont mûrs.
  19. Et l'ange jeta sa faucille sur la terre. Et il vendangea la vigne de la terre, et jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu.
  20. Et la cuve fut foulée hors de la ville; et du sang sortit de la cuve, jusqu'aux mors des chevaux, sur une étendue de mille six cents stades.