Introduction

La grande majorité des chrétiens pense avoir toujours compris de quels fruits Jésus parle, lorsqu'Il évoque les loups qui se glisseront parmi le troupeau des croyants :
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Comme d'habitude, on fait confiance à nos pasteurs et à nos anciens, et la vie suit son cours… C'est entendu : on reconnaîtra les loups à leurs fruits. Sujet suivant.
Pas si vite ! Relisons mot à mot ce que dit notre Sauveur :
Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits.
Jésus dit que le bon arbre porte de bons fruits et que le mauvais arbre en porte de mauvais.
Jusqu'ici, rien de nouveau.
Mais Il ajoute un détail important : le bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, et le mauvais arbre ne peut pas porter de bons fruits.
Autrement dit, selon Jésus, un arbre, bon ou mauvais, ne peut pas porter à la fois de bons et de mauvais fruits.
Pas de demi-mesure
Disciples de Jésus-Christ, catholiques, athées ou musulmans, nous avons tous en nous une part plus ou moins grande d'amour, de compassion, de pitié et de solidarité. Mais nous portons aussi, à des degrés divers, de l'égoïsme, de la méchanceté ou de la jalousie.
C'est le lot de tous les hommes et de toutes les femmes sur cette terre.
Or Jésus est clair et sans appel : le bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, et le mauvais arbre ne peut pas en porter de bons.
De quels fruits parle-t-Il alors ? Il ne peut absolument pas s'agir des fruits de Galates 5 :
Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité
Car que l'on soit disciple de Jésus ou admirateur d'Hitler, nous avons tous dans le cœur, plus ou moins, de l'amour, de la joie, de la patience, de la bonté, de la bienveillance ou de la fidélité !
De plus, Jésus-Christ a bien précisé qu'ici, il n'y a pas de demi-mesure : soit on porte de bons fruits, soit on en porte de mauvais. Soit on est avec Dieu, soit on ne l'est pas :
Ou dites que l'arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l'arbre par le fruit.
Le fruit du bon arbre est donc forcément autre chose que l'amour, la patience ou la bienveillance envers le prochain… Mais quoi ?
Le bon fruit de la branche greffée
Luc nous donne un premier élément de réponse :
Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
Mais que sont ces fruits dignes de la repentance ? Nous venons de voir qu'il ne peut pas s'agir de sentiments comme l'amour, la patience ou la bienveillance…
Pour comprendre, il faut relire Paul et se rappeler que nous ne sommes pas des arbres tout à fait comme les autres. La Bible nous voit plutôt comme des branches appelées à devenir des arbres.
Pour être sauvés, nous devons faire partie d'Israël.
Et pour faire partie d'Israël, nous devons y être greffés. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Paul :
Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier, 18 ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte. 19 Tu diras donc: Les branches ont été retranchées, afin que moi je fusse enté. 20 Cela est vrai; elles ont été retranchées pour cause d'incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t'abandonne pas à l'orgueil, mais crains; 21 car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera pas non plus.
22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté; autrement, tu seras aussi retranché. 23 Eux de même, s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. 24 Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier.
25 Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens soit entrée. 26 Et ainsi tout Israël sera sauvé
Si nous avons été greffés comme des branches sur la racine d'Israël, nos branches doivent forcément se nourrir de la sève de cette racine d'adoption, et leur fruit doit forcément refléter l'identité de cette nouvelle racine et en porter la marque !
Si vous greffez un olivier sauvage sur un olivier cultivé, et que la nouvelle branche refuse obstinément de donner des olives, ou se met à produire des chardons, direz-vous que la greffe a réussi ?
C'est la même chose pour les païens : ils ont bien été greffés sur la racine d'Israël, mais refusent d'en porter le fruit, la marque, l'empreinte, tout en se disant cohéritiers du Christ.
Jésus Lui-même utilisait cette image de la greffe :
Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.
Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les commandements de mon Père, et que je demeure dans son amour.
Avez-vous remarqué toutes les conditions que Jésus pose ? Demeurer en Lui, porter du fruit et garder Ses commandements !
Le fruit qui vient de la racine d'Israël
Quel fruit montre de façon certaine et indiscutable que c'est bien la racine d'Israël qui nourrit le disciple de Jésus-Christ ? À quoi reconnaît-on Israël entre mille ? En fait, c'est très simple.
Remarquez que, dans Matthieu, juste avant de parler des fruits des bons et des mauvais arbres, Jésus dit que le chemin qui mène à la vie est étroit et resserré :
Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.
Puis Il décrit le fruit du bon arbre et celui du mauvais arbre,
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
et juste après, Il déclare qu'il faut absolument faire la volonté de Son Père :
Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
Pour Jésus, le chemin étroit qui mène à la vie, le fruit du bon arbre et l'obéissance à la volonté du Père vont clairement ensemble : on ne doit pas les séparer.
Voici, en image, le lien entre ces trois idées :

D'un côté, la foule des païens qui croient en Jésus-Christ mais rejettent la loi de Dieu ; de l'autre, la foule des Juifs qui observent la loi de Dieu mais rejettent Jésus-Christ.
Jésus-Christ nous invite à passer entre les deux, à prendre le chemin étroit qui se trouve juste au milieu de ces deux foules, et à garder le meilleur des deux.
Vous comprenez mieux pourquoi le chemin qui mène à la vie est étroit, et pourquoi si peu le trouvent… Pour le trouver, il faut regarder de l'autre côté, sans rejeter l'autre…
Les fruits que Jésus attend sont de deux sortes, selon que l'on est juif ou païen :
- Le Juif, de son côté, doit accepter de lui-même Jésus-Christ et ne plus fonder son salut uniquement sur la pratique de la loi.
- Le païen, de son côté, doit obéir de lui-même aux commandements de Dieu et accepter Jésus-Christ.
Rappelez-vous que Dieu a promis une nouvelle alliance, où Juifs et païens formeront un seul peuple, conduit par un seul berger, gardant les mêmes lois et adorant le même Dieu !
La branche nourrie par la sève d'Israël se reconnaît, en plus de la foi dans le sacrifice de Jésus-Christ, à l'observation d'au moins les dix commandements — y compris le quatrième, celui du sabbat — et au respect de la distinction entre aliments purs et impurs !
Cela contredit-il les autres enseignements de Jésus* ?
Bien sûr que non :
Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.
Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent, et ne font pas.
*C'est au contraire d'affirmer et d'enseigner l'inverse qui contredit les enseignements de Jésus !
Certains lecteurs se cramponneront sans doute à leurs traditions ou à ce qu'on leur a toujours enseigné, mais les faits sont là.
Se soumettre à Jésus-Christ et aux commandements de Dieu n'est pas facultatif.
Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous pratiquons ses commandements. Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles
