Introduction
Parmi tous les écrits du « Nouveau Testament », ceux de Paul sont les plus délicats à interpréter. On peut y lire presque tout et son contraire : celui qui veut laisser de côté la loi de Dieu croit y trouver des arguments, et celui qui veut garder les commandements aussi. C'est comme si Paul avait entouré ses lettres d'un voile : assez transparent pour qu'on devine sa pensée, mais pas assez pour qu'on puisse la démontrer une fois pour toutes.
Dans un autre article, j'ai montré que cette manière ambiguë de s'exprimer fait partie de la volonté même de Dieu. Il faut sans cesse chercher ce que Paul veut dire, car il avance une idée sans l'affirmer clairement, puis semble dire l'inverse un peu plus loin…

Selon la façon dont on regarde, on voit deux flèches qui pointent dans des directions opposées,
ou bien la lettre C de la marque dans un losange…
Dans ce logo, tout dépend du regard : on y voit deux choses complètement différentes selon qu'on observe le contour ou l'intérieur. Les deux lectures ont du sens, mais une seule est la bonne (ici, le « C » de la marque). Les lettres de Paul fonctionnent de la même manière, ce qui sème beaucoup de confusion chez les disciples de Yeshoua (Jésus). Avec une différence de taille : se tromper sur la pensée de Paul peut coûter notre âme. Sans vigilance, ses écrits peuvent devenir mortellement dangereux pour nous. Ce n'est pas une image : l'apôtre Pierre lui-même l'affirme :
Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. 16 C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine.
On ne peut donc pas interpréter Paul à la légère : une mauvaise lecture peut nous conduire à la ruine, au sens propre. C'est exactement pour cela que je n'hésite jamais à corriger, ou même à retirer, un article lorsque j'étudie un texte de Paul et que je m'aperçois que je me suis peut-être trompé.
Je vais essayer de passer en revue, lettre après lettre et verset après verset, tous les passages où Paul parle de la loi (et seulement de la loi).
Cette étude de l'épître aux Romains devrait être la première d'une série, si Dieu me donne la vie, la santé, le temps et le courage…
Lettre aux Romains
Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés par la loi.
Voyez la différence entre ceux qui n'ont pas la loi et ceux qui la gardent : les premiers ne passent même pas en jugement, ils périssent (directement). Les seconds seront jugés, et c'est là que Yeshoua intervient comme notre avocat.
Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés.
Ceux qui mettent la loi en pratique seront justifiés. Pratiquer la loi n'enlève rien à la justification par la foi dans le sacrifice de Yeshoua : c'est Paul qui le dit. Loin de critiquer ceux qui pratiquent la loi, il affirme même que ce sont eux qui seront justifiés. Où voit-on du « légalisme » ici ?
14 Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux-mêmes;
15 ils montrent que l'oeuvre de la loi est écrite dans leurs coeurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s'accusant ou se défendant tour à tour.
Bien loin de s'opposer aux « œuvres de la loi », Paul félicite même les païens qui accomplissent naturellement ce que la loi demande !
Toi qui te donnes le nom de Juif, qui te reposes sur la loi, qui te glorifies de Dieu, qui connais sa volonté, qui apprécies la différence des choses, étant instruit par la loi;
Comment connaître la volonté de Dieu ? En étant instruit par la loi.
Comment distinguer le bien du mal, le pur de l'impur ? En étant instruit par la loi.
le docteur des insensés, le maître des ignorants, parce que tu as dans la loi la règle de la science et de la vérité;
Comment savoir ce qui est bien ou mal ? Quelle est la mesure qui permet de dire si une chose est un péché ? La loi.
Toi qui te fais une gloire de la loi, tu déshonores Dieu par la transgression de la loi!
Jean nous avait déjà appris (1 Jean 3:4) que le péché, c'est la transgression de la loi.
Paul nous apprend maintenant que transgresser la loi déshonore Dieu Lui-même !
25 La circoncision est utile, si tu mets en pratique la loi; mais si tu transgresses la loi, ta circoncision devient incirconcision.
26 Si donc l'incirconcis observe les ordonnances de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision?
27 L'incirconcis de nature, qui accomplit la loi, ne te condamnera-t-il pas, toi qui la transgresses, tout en ayant la lettre de la loi et la circoncision?
Un Juif qui n'observe pas la loi devient comme un incirconcis, comme un païen : il est retranché de l'olivier d'Israël.
Un païen qui observe la loi devient comme un circoncis, comme un Juif : il est greffé sur l'olivier d'Israël.
Ces versets vont de pair avec Romains 11, qui montre que le païen est greffé sur l'olivier lorsque sa foi l'amène à pratiquer la loi.
Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier, 18 ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte. 19 Tu diras donc: Les branches ont été retranchées, afin que moi je fusse enté. 20 Cela est vrai; elles ont été retranchées pour cause d'incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t'abandonne pas à l'orgueil, mais crains; 21 car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera pas non plus. 22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté; autrement, tu seras aussi retranché. 23 Eux de même, s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau. 24 Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier.
C'est bien la foi décrite en Romains 11 qui mène à la pratique de la loi dont parle Romains 2.
On ne peut pas lire uniquement Romains 2, ou uniquement Romains 11, et en tirer toute une doctrine !
« Ce serait comme prendre un seul ingrédient d'une recette et déclarer qu'il suffit de farine pour faire un gâteau. Bien sûr qu'il faut de la farine, mais il faut aussi des œufs, du beurre et du lait… »
19 Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu.
Tout le monde sera reconnu coupable devant Dieu, qu'il soit sous la loi ou non. Mais rappelez-vous Romains 2:12, vu plus haut : ceux qui sont sans loi périront, tandis que ceux qui sont sous la loi seront jugés, et auront Yeshoua pour avocat (s'ils croient en Lui…) !
Car nul ne sera justifié devant lui par les oeuvres de la loi, puisque c'est par la loi que vient la connaissance du péché.
Il faut lire Romains 3:20 à la lumière de Romains 2:13 :
Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés.
En Romains 2:13, Paul dit que ceux qui pratiquent la loi seront justifiés.
En Romains 3:20, il dit que personne ne sera justifié par les œuvres de la loi.
Percevez-vous la différence entre ces deux affirmations ?
Paul dit que ceux qui pratiquent la loi seront justifiés, pas que leurs œuvres les justifieront. Ce n'est pas la même chose, et les deux phrases ne se contredisent pas. Saisissez-vous la nuance ? Ce ne sont pas les œuvres de la loi qui justifient ces disciples : ils sont justifiés PARCE QU'ils pratiquent la loi. C'est le fait de pratiquer la loi qui compte, et non les œuvres qui en découlent.
Et pourquoi personne n'est justifié par les œuvres de la loi ? Parce que personne ne peut l'appliquer parfaitement. Nos œuvres resteront toujours imparfaites ; seule l'œuvre du Christ est parfaite. Tôt ou tard, nous finissons toujours par pécher.
« Dieu n'attend pas de nous une pratique parfaite de la loi. Il sait que notre nature pécheresse nous en empêche. Mais Il nous jugera sur notre désir sincère de faire Sa volonté, c'est-à-dire, justement, d'accomplir Sa loi ! »
27 Où donc est le sujet de se glorifier? Il est exclu. Par quelle loi? Par la loi des oeuvres? Non, mais par la loi de la foi.
28 Car nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la loi.
On retrouve ici ce que nous venons de voir en Romains 2:13 et 3:20 : ce ne sont pas nos œuvres qui nous justifient, c'est notre foi — notre désir sincère — de pratiquer la loi.
Anéantissons-nous donc la loi par la foi? Loin de là! Au contraire, nous confirmons la loi.
Paul ne peut pas approuver l'« anéantissement » de la loi, puisque tout son raisonnement montre que la loi est justement ce que notre foi vient affermir !
13 En effet, ce n'est pas par la loi que l'héritage du monde a été promis à Abraham ou à sa postérité, c'est par la justice de la foi.
14 Car, si les héritiers le sont par la loi, la foi est vaine, et la promesse est anéantie,
15 parce que la loi produit la colère, et que là où il n'y a point de loi il n'y a point non plus de transgression.
16 C'est pourquoi les héritiers le sont par la foi, pour que ce soit par grâce, afin que la promesse soit assurée à toute la postérité, non seulement à celle qui est sous la loi, mais aussi à celle qui a la foi d'Abraham, notre père à tous
Si Dieu avait attendu que nos œuvres soient parfaites pour tenir Sa promesse d'héritage, Il attendrait encore… et Il serait profondément en colère, puisque chaque péché, chaque manquement, chaque transgression de Sa loi provoque Sa colère. Dieu ne tient donc pas Sa promesse sur la base de nos œuvres, mais sur la base de notre foi. Là encore, c'est l'écho de Romains 2:13 et 3:20.
car jusqu'à la loi le péché était dans le monde. Or, le péché n'est pas imputé, quand il n'y a point de loi.
Le péché existait dans le monde, mais il n'était pas compté tant que la loi n'avait pas été donnée. C'est ce que dit déjà Romains 4:15 :
parce que la loi produit la colère, et que là où il n'y a point de loi il n'y a point non plus de transgression.
Sans loi, il n'y a ni transgression, ni péché.
Or, la loi est intervenue pour que l'offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé, 21 afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle, par Jésus-Christ notre Seigneur.
Pour que la grâce règne pleinement, il fallait que le péché règne pleinement, afin d'être pleinement remplacé par la grâce. Dieu ne fait rien à moitié.
Que dirons-nous donc? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde? 2 Loin de là! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché?
Rappelez-vous : Jean nous enseigne que le péché est la transgression de la loi (1 Jean 3:4).
Et Paul ajoute qu'il est impensable de continuer à vivre dans cette transgression.
12 Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises. 13 Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d'iniquité; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice.
Paul nous appelle à ne plus transgresser la loi, c'est-à-dire à ne plus pécher.
14 Car le péché n'aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce.
Quel est le pouvoir du péché ? Comment règne-t-il ? Romains 5:21 (plus haut) répond : le péché règne par la mort. Si nous ne sommes plus sous son règne, ce n'est pas parce que le péché ou la loi auraient disparu, mais parce que nous sommes sous le « règne de la grâce » (Romains 5:21), une grâce qui surabonde là où le péché abonde.
Il y a ici une question de vocabulaire. Quand vous blessez votre père, ou que vous humiliez sans le vouloir votre conjoint ou votre meilleur ami, vous ne lui demandez pas sa « grâce », mais son pardon. Qu'est-ce que cela signifie ? Quand Paul dit que nous ne sommes plus sous le pouvoir du péché, il veut dire que nous ne sommes plus condamnés à mort : nous avons été graciés, pardonnés. Nous sommes donc « sous la grâce ».
Quoi donc! Pécherions-nous, parce que nous sommes, non sous la loi, mais sous la grâce? Loin de là! Ne savez-vous pas qu'en vous livrant à quelqu'un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l'obéissance qui conduit à la justice?
Mais le fait que la grâce abonde là où le péché abonde ne nous autorise pas à continuer de pécher ! (Relisez Romains 6:2, plus haut.) Être pardonnés et libérés de la condamnation ne nous donne pas le droit de continuer à pécher, c'est-à-dire à transgresser la loi de Dieu !
Reprenons notre exemple : après avoir humilié sans le vouloir notre meilleur ami, nous lui demandons pardon. Parce qu'il nous aime, il nous pardonne. Nous voilà « sous sa grâce ». Mais si nous recommençons encore et encore, sous prétexte que nous sommes « sous sa grâce », comment réagira-t-il à votre avis ? Et comment réagira notre Dieu ?
Nous étions esclaves de la transgression de la loi, qui mène à la mort ; nous sommes devenus esclaves de l'obéissance, qui mène à la vie.
Ignorez-vous, frères, -car je parle à des gens qui connaissent la loi, -que la loi exerce son pouvoir sur l'homme aussi longtemps qu'il vit? 2 Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu'il est vivant; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. 3 Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d'un autre homme, elle sera appelée adultère; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu'elle n'est point adultère en devenant la femme d'un autre.
4 De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu.
Paul explique ici que nous restons redevables à la loi jusqu'à notre mort. Autrement dit, nous avons tous péché contre la loi depuis notre naissance, et le salaire du péché, c'est la mort : la mort éternelle.
La seule façon d'échapper à cette justice divine, c'est de revêtir le corps de Yeshoua.
Pour revêtir le corps du Messie, nous devons mourir à la loi. Dès lors, nous n'appartenons plus à la loi ni à la mort, mais au Christ.
Car, lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. 6 Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli.
Le fruit, le salaire de nos péchés, c'était la mort. Mais nous avons été libérés de la sanction de la loi, qui était la mort. Nous avons été dégagés de ce principe de la loi de Dieu qui exige la mort pour toute transgression.
La loi est-elle péché? Loin de là! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit: Tu ne convoiteras point. 8 Et le péché, saisissant l'occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises; car sans loi le péché est mort. 9 Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. 10 Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. 11 Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. 12 La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.
Ce n'est pas la loi qui nous fait pécher : elle nous montre simplement où nous tombons. La loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.
Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. 15 Car je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. 16 Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. 17 Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi. 18 Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair: j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. 19 Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. 20 Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi. 21 Je trouve donc en moi cette loi: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. 22 Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur; 23 mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres.
Selon Paul, deux volontés s'affrontent en nous : celle de la chair, qui veut pécher, et celle de l'homme intérieur, qui prend plaisir à la loi de Dieu.
Ainsi donc, moi-même, je suis par l'entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché.
Paul le redit : par l'esprit, il veut pratiquer la loi de Dieu, tandis que sa chair veut la transgresser.
Il l'avait déjà dit un peu plus tôt :
Ne savez-vous pas qu'en vous livrant à quelqu'un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l'obéissance qui conduit à la justice?
Être esclave du péché qui mène à la mort, c'est transgresser la loi de Dieu. Être esclave de l'obéissance qui mène à la justice, c'est pratiquer la loi de Dieu.
Romains 6:16 et Romains 7:25 disent exactement la même chose, avec les mêmes images.
Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l'esprit de vie en Jésus-Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort.
Ceux qui sont en Yeshoua ne sont plus condamnés : ils ont été libérés de la loi du péché et de la mort. Remarquez bien : ils ne sont pas libérés du péché lui-même, mais de la loi du péché, c'est-à-dire du principe qui fait que le péché mène à la mort. Cette loi fonctionne comme la loi de la gravité : lâchez une bille à 10 mètres de haut, elle tombe forcément. De même, celui qui pèche meurt. C'est la loi du péché et de la mort.
Car chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, -Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, 4 et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l'esprit.
La justice de la loi ne s'accomplit qu'en ceux qui marchent selon l'Esprit et non selon la chair.
Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'esprit s'affectionnent aux choses de l'esprit. 6 Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix; 7 car l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. 8 Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu.
Pourquoi ? Parce que ceux qui vivent selon la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.
Pourquoi ? Parce que l'affection de la chair est ennemie de Dieu.
Pourquoi ? Parce que la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu (et qu'elle en est même incapable).
Arrêtons-nous ici et relisons honnêtement ce que Paul écrit : pour plaire à Dieu, il faut se soumettre à la loi de Dieu.
Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.
Les Romains à qui Paul écrit ne vivent pas selon la chair. L'Esprit de Dieu habite en eux, car ils appartiennent au Christ et se soumettent à la loi de Dieu.
Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l'Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, 14 car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu.
Paul nous avertit : si nous vivons selon la chair, c'est-à-dire sans nous soumettre à la loi de Dieu, nous mourrons ! Mais si nous faisons mourir les œuvres du corps, nous vivrons !
L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Ce verset rejoint ce qu'enseigne l'apôtre Jean :
Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu'il est né de Dieu. 10 C'est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable.
Ce qui distingue les enfants de Dieu des enfants du diable, c'est que les enfants de Dieu ne pratiquent pas le péché : ils ne transgressent pas la loi de Dieu.
Les deux apôtres disent exactement la même chose !
Je leur rends le témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence: 3 ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu; 4 car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient.
La finalité de la tora, c’est le messie, pour la justification de tous ceux qui adhèrent.
Yeshoua n'est pas la « fin » de la loi au sens où elle serait terminée, comme beaucoup le prétendent. Il en est le but, l'aboutissement vers lequel tend toute la Torah. Voilà ce que dit Paul.
Il n'y a aucune différence, en effet, entre le Juif et le Grec, puisqu'ils ont tous un même Seigneur, qui est riche pour tous ceux qui l'invoquent.
Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des païens soit entrée. 26 Et ainsi tout Israël sera sauvé
Les païens sont appelés à faire partie d'Israël, en quelque sorte à devenir eux aussi membres du peuple de Dieu. Comment ? C'est un sujet qui mérite à lui seul une étude.
Ne devez rien à personne, si ce n'est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi. 9 En effet, les commandements: Tu ne commettras point d'adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu'il peut encore y avoir, se résument dans cette parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 10 L'amour ne fait point de mal au prochain: l'amour est donc l'accomplissement de la loi.
Replaçons d'abord ce passage dans son contexte. À l'homme qui Lui demandait quel était le plus grand commandement, Yeshoua a répondu :
Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? 37 Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. 38 C'est le premier et le plus grand commandement. 39 Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 40 De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.
Paul reste cohérent : quand il écrit que l'amour ne fait pas de mal au prochain et que l'amour est l'accomplissement de la loi, il résume sa pensée. Plutôt que d'énumérer un par un les commandements qui concernent le prochain, il dit que « l'amour est l'accomplissement de la loi » et que « celui qui aime les autres a accompli la loi ». Mais il le dit à propos de l'amour du prochain !
N'oublions pas que Yeshoua a donné deux réponses : aimer d'abord Dieu, puis aimer son prochain.
Ici, Paul ne développe que l'amour du prochain. Pour l'amour que nous devons à Dieu, il faut se tourner vers un autre apôtre :
Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous pratiquons ses commandements. 3 Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements.
Elohim l'avait déjà enseigné de Sa propre bouche dans la Torah :
je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, 6 et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.
Je n'ai pas souhaité étudier le chapitre 14 de l'épître aux Romains. Si, arrivé ici, je n'ai pas réussi à vous montrer que Paul défendait ardemment la loi de Dieu, ce n'est pas le chapitre 14 qui y changera quelque chose. Autrement dit, comment Paul pourrait-il défendre la loi pendant treize longs chapitres, pour se mettre soudain à la contredire au quatorzième ?
Quand Paul parle de « celui qui est faible et ne mange que des légumes », de « celui qui croit pouvoir manger de tout », de ce qui « n'est impur que pour celui qui le croit impur » ou de « celui qui fait une distinction entre les jours », il ne parle pas de la loi de Dieu (sinon il faudrait admettre qu'il s'est égaré pendant les treize premiers chapitres…). Il parle d'habitudes et de préférences personnelles, notamment en matière de jeûne.
Et Paul conclut ainsi son chapitre 14 :
Que votre privilège ne soit pas un sujet de calomnie. 17 Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. 18 Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes.
Or nous avons vu en Romains 8 que, selon Paul, seuls ceux qui se soumettent à la loi de Dieu peuvent Lui plaire… et la loi de Dieu parle aussi de la nourriture, en Lévitique 11. Il faut donc en conclure que le chapitre 14 ne traite pas des ordonnances de Dieu sur le sabbat, les fêtes ou les viandes pures et impures, mais d'un tout autre sujet, comme le jeûne de certains croyants.
J'ai essayé d'examiner, dans l'épître aux Romains, chaque verset où Paul parle de la loi et de sa pratique. Je me suis efforcé d'être aussi complet que possible et de rester fidèle à la pensée de cet apôtre, qui avait une manière bien à lui de s'exprimer…
Que le Créateur de toutes choses vous fortifie pour garder toujours Sa Parole !
