Introduction
De plus en plus de chrétiens aiment croire que leur salut ne peut plus leur être retiré et que, quoi qu'ils fassent, ni Dieu ni Satan ne pourront leur enlever la couronne du salut…

Le danger de cette doctrine, c'est que ses partisans répètent partout qu'une fois sauvé, le chrétien peut pécher sans retenue et sans remords, puisque rien ne peut lui ôter son salut !
C'est faux. Paul le dit, Pierre le dit. Voyons cela en détail…
Commençons par montrer l'absurdité de ce « salut pour toujours » en prenant ses partisans à leur propre jeu…
Question : Comment reçoit-on le salut ?
Réponse : Par la grâce.
Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.
Question : Peut-on être déchu de la grâce, et donc du salut ?
Réponse : Oui, si l'on cherche à être justifié par la loi.
Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce.
Paul dit ici très clairement qu'on peut être déchu de la grâce. Si la grâce, et donc le salut, peut être perdue, comment défendre un salut acquis pour toujours ?
La démonstration pourrait s'arrêter là. Mais, à cause de la dureté de cœur de beaucoup de chrétiens, continuons…
Question : Tous les êtres humains ont-ils, au départ, leur nom inscrit dans le livre de vie ?
Réponse : Non.
...nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres.
Question : Peut-on avoir son nom inscrit dans le livre de vie ?
Réponse : Oui, en faisant la volonté de Dieu.
Ceux qui me disent 'Seigneur, Seigneur' n'entreront pas tous dans le royaume des cieux mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père.
Certains chrétiens vont jusqu'à prétendre qu'en Matthieu 7:21, Jésus ne parle pas des chrétiens, mais de ceux qui n'ont pas accepté Son sacrifice… Répondons-leur que, à part les chrétiens, aucun athée, bouddhiste, hindou, musulman ou adepte de Krishna ne prie Jésus en disant « Seigneur, Seigneur »…
Question : Notre nom peut-il être effacé du livre de vie ?
Réponse : Oui.
Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises!
Je connais tes oeuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche.
Réfléchissons un instant : si Jésus-Christ menace de vomir l'Église de Laodicée de Sa bouche, c'est qu'elle y était entrée à un moment donné ! On ne peut vomir que ce qui est déjà dans la bouche ! Et que dit Jésus-Christ ? Il ne dit même pas qu'Il va l'enlever ou la jeter : Il dit qu'Il va la vomir, la recracher, parce qu'elle n'a plus sa place en Lui.
Si notre salut est éternel, pourquoi parle-t-Il de vomir l'Église de Laodicée ? Comment Jésus pourrait-Il vomir une Église à qui le salut était déjà assuré ?
Et si notre salut ne peut pas être perdu, comme l'affirment ces chrétiens, pourquoi Jésus dit-Il qu'Il n'effacera pas le nom du vainqueur ? Pourquoi cette tournure négative ? Pourquoi ne dit-Il pas plutôt : « J'écrirai son nom dans le livre de vie » ?
Tout simplement parce que, pour qui a des oreilles pour entendre, le Seigneur nous fait comprendre en creux que celui qui échoue et ne remporte pas la victoire verra son nom effacé du livre de vie. C'était annoncé depuis longtemps :
L'Éternel dit à Moïse: C'est celui qui a péché contre moi que j'effacerai de mon livre.
Je vais vous choquer : le jour où vous comprendrez que réduire Jésus à « Jésus est amour » est un faux évangile, vous aurez fait un grand pas dans la foi. Jésus n'est pas seulement amour.
Si Dieu était amour, et seulement amour, Il n'aurait pas eu besoin d'envoyer Son Fils unique mourir sur la croix. Par amour, Il nous aurait acceptés tels que nous sommes, c'est-à-dire dans nos péchés ! Mais Dieu a d'autres attributs, qui exigeaient que Son Fils paie nos péchés au prix de Sa vie !
Jésus est amour ET vérité ET miséricorde ET sainteté ET justice.
Un salut conditionnel selon Paul, Pierre et Jean
Notre salut n'est pas acquis d'avance. Il dépend de notre conduite, de nos œuvres !
J'entends déjà certains pousser les hauts cris… Et pourtant !
Ce même Paul, à qui l'on fait dire qu'il est contre les œuvres et qu'il défend un salut éternel, nous écrit de travailler à notre salut avec crainte et tremblement…
Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent;
Ce même Paul, sur qui l'on s'appuie pour défendre le salut pour toujours, a eu l'étrange idée de demander à Timothée de reprendre ceux qui pèchent !
Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte.
Lisez encore Paul, qui nous avertit de ne pas céder aux désirs de la chair (car soyons honnêtes, c'est bien de cela qu'il s'agit : les partisans du salut pour toujours veulent à la fois la vie éternelle et profiter pleinement de leur vie sur terre) :
Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; [...] Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair.
Quand Paul compare les Juifs à l'olivier franc et les païens à l'olivier sauvage, il nous avertit que nous aussi, nous pouvons être retranchés à notre tour !
Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté; autrement, tu seras aussi retranché.
« Le salut est donc bien conditionnel, et il peut être perdu ! »
Si notre foi suffisait vraiment, une fois pour toutes, à garantir notre salut, pourquoi ce même Paul, sur qui s'appuient les défenseurs de cette doctrine, aurait-il écrit aux Colossiens :
obéissez en toutes choses [...] avec simplicité de coeur, dans la crainte du Seigneur.
« Réfléchissez !
Si Paul défendait un salut impossible à perdre, pourquoi écrirait-il que nous devons craindre le Seigneur ? »
Ceux qui disent que notre salut est acquis et que nous n'avons plus rien à craindre de Dieu sont-ils plus inspirés que Pierre, qui disait lui aussi :
Et si vous invoquez comme Père celui qui juge selon l'oeuvre de chacun, sans acception de personnes, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre pèlerinage
« Réfléchissez !
Si notre salut ne peut pas être perdu, pourquoi Pierre nous demande-t-il de nous conduire avec crainte ? »
J'entends déjà les objections : la Bible ne dit-elle pas que l'amour bannit la crainte ? Jean a bien écrit que
La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour.
C'est vrai. Mais vous oubliez un détail, un petit détail que tout le monde s'empresse de négliger :
ce n'est pas l'amour qui bannit la crainte, c'est l'amour parfait.
Qui peut prétendre avoir un amour parfait ? C'est justement parce que notre amour n'est pas parfait que nous devons craindre Dieu, de peur que notre nom ne soit effacé du livre de vie.
Jean montre lui aussi que notre salut n'est pas gravé dans le marbre.
Il nous demande en effet de demeurer en Jésus-Christ, pour ne pas être couverts de honte et éloignés de Lui à Son retour :
Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu'il paraîtra, nous ayons de l'assurance, et qu'à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui.
Honnêtement, avez-vous l'impression de demeurer en Jésus-Christ quand vous regardez de la pornographie sur internet, quand vous vous masturbez, quand vous vous enivrez, quand vous mentez, quand vous volez, quand vous laissez éclater votre colère ou votre haine ?
Ne vous y trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, 10 ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n'hériteront le royaume de Dieu. Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés.
Un chrétien, même né de nouveau, qui (re)devient impudique, idolâtre, adultère, homosexuel, voleur, cupide ou ivrogne ne peut pas hériter le royaume de Dieu :
Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l'ardeur d'un feu qui dévorera les rebelles. Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce?
Arrêtez donc de fouler aux pieds le sacrifice du Fils de Dieu, et revenez à la raison avant qu'il ne soit trop tard…
C'est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irrépréhensibles dans la paix. Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine.
Réfléchissez bien avant de faire dire à Paul ce qu'il n'a pas dit, et de mépriser ce qu'il a dit.
Cessez de tordre ses paroles pour justifier une doctrine démoniaque dont vous ne mesurez pas la portée.
La Bible n'est pas compliquée, et elle ne se contredit pas. C'est un tout intelligent et cohérent, qu'il faut lire et comprendre dans son ensemble.
Photo : Boris Smokrovic (Unsplash)
