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Le Shabbat second-premier et le décompte de la Pentecôte

Enseignement avancé

⏱ 12 min de lecture · 8 parties

1Introduction

Le Shabbat Second Premier et le Décompte de la Pentecôte🌾

« Luc 6:1 (LSG)
Il arriva, un jour de sabbat appelé second-premier, que Jésus traversait des champs de blé. Ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. 2Quelques pharisiens leur dirent: Pourquoi faites-vous ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat? »

Le passage de Luc 6:1-5 met en lumière un moment où les disciples de Yeshoua arrachent des épis de blé un jour de Shabbat, ce qui suscite l’indignation des pharisiens. En réponse à cette accusation, Yeshoua évoque l'exemple de David et insiste sur le fait que l'esprit de la loi prime sur la lettre. Un élément central de ce passage est la mention du "Shabbat Second Premier". Ce Shabbat, bien que mystérieux pour certains, revêt une importance particulière dans la compréhension des lois et des fêtes juives, en particulier en lien avec la Pentecôte.

21.🌾 Le contexte du "Shabbat Second Premier"🌾

a) Définition et Signification du Shabbat Second Premier

Le "Shabbat Second Premier" n'est pas un Shabbat ordinaire. Il est directement lié à la fête de la Pentecôte (Shavuot), qui se déroule 50 jours après le début du comptage des "Omer" (les 49 jours qui suivent le premier jour de la fête des Pâques ou Pessah).

Le "Shabbat Second Premier" fait référence au second Shabbat du mois de Sivan, le lendemain du premier shabbat du mois, qui est la Pentecôte, qui marque le 50e jour du comptage de l’Omer. C'est un Shabbat spécial, car il se trouve dans le contexte de la préparation spirituelle pour la fête de la récolte et de la consécration des prémices.

b) L'importance de la Pentecôte (Shavuot) et du "Shabbat Second Premier"

PS : Avant tout, il convient de préciser que nous considérons le Shabbat basé sur le cycle lunaire, et non sur le samedi du calendrier romain.

« Lévitique 23:15-16 (Segond 1910) "Depuis le lendemain du sabbat, du jour où vous apporterez la gerbe pour être balancée de côté et d'autre, vous compterez sept semaines entières. Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième sabbat ; et vous ferez à l’Éternel une offrande nouvelle. »

3Explications :

  1. "Depuis le lendemain du sabbat, du jour où vous apporterez la gerbe pour être balancée de côté et d'autre" : Le lendemain du shabbat basé sur la lunaison du 15ème jour (fête des Pains sans Levain, Fête des Azymes ou "Chag HaMatzot") correspond au 16ème jour de la lune, qui est la fête des prémices de l'orge, qui est aussi le second jour de la fête des Azymes. 🌾

Preuve Historique :

Flavius Josèphe (Né en 37 à Jérusalem, témoin en 70 de la prise Jérusalem) « ANTIQUITES JUDAÏQUES » LIVRE 3

« Le quinze, la fête des azymes fait suite[244] à la Pâque[245], fête de sept jours pendant laquelle on se nourrit d’azymes, et chaque jour on égorge deux taureaux, un bélier et sept agneaux. Tout cela s'offre en holocauste et on y ajoute encore un bouc pour les péchés, qui sert chaque jour au repas des prêtres. Le deuxième jour[246] des azymes, c'est-à-dire le seize, on prend -. une partie des fruits qu'on a récoltés, auxquels on n'a pas encore touché[247], et estimant qu'il est juste d'en faire hommage d'abord à Dieu à qui l'on doit la production de ce fruits, on lui offre les prémices de l'orge[248] de la façon suivante. Faisant griller une poignée d’épis qu'on broie, puis purifiant les grains d'orge pour les moudre, on en apporte pour Dieu un assarôn[249] sur l'autel, et après on avoir jeté une poignée unique sur l'autel, on abandonne le reste à l'usage des prêtres. Dès lors, il est loisible à tout le monde soit publiquement, soit individuellement de faire la récolte[250]. On offre aussi, outre les prémices des produits du sol, un agnelet en holocauste à Dieu. »
  1. "Vous compterez sept semaines entières" : Le décompte de la Pentecôte, comme décrit dans Lévitique 23:15-16, insiste sur le fait que sept semaines entières doivent être comptées, chaque semaine étant complète. Ce détail souligne une vérité fondamentale : si Yah précise que les semaines doivent être complètes, cela implique qu'il faut compter selon des semaines qui sont véritablement complètes. Dans un système de semaines continues, cette précision n'aurait aucun sens, car les semaines modernes sont ininterrompues et ignorent les ajustements nécessaires liés aux cycles lunaires.

En réalité, ce commandement révèle un calendrier sacré basé sur les cycles lunaires, où les semaines ne sont complètes que lorsqu'elles respectent l'ordre divin, en harmonie avec la Nouvelle Lune et les Shabbats.

  1. "Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième sabbat" : La période de comptage se fait en tenant compte de sept semaines complètes, soit 49 jours ou 7 shabbats. Le cinquantième jour, qui correspond à la Pentecôte (Shavouot), est le premier jour de la semaine suivante, après les sept Shabbats. Ce jour-là, on célèbre les prémices de la moisson, et il tombe toujours le lendemain d’un Shabbat. Le compte commence après le Shabbat qui suit la Pâque (Pessah). Il est important de noter que chaque semaine comptée doit être complète, c’est-à-dire commencer et se terminer par un Shabbat (évidement ne pas compter lorsque la semaine pas complète). Ainsi, il faut attendre de passer par sept Shabbats avant d’arriver au cinquantième jour, qui est la fête de la Pentecôte (Shavouot)."

La Pentecôte est une fête majeure dans le calendrier biblique, marquée par la récolte et la gratitude envers Dieu pour la moisson.

C'est un moment clé dans le cycle des fêtes, qui commence avec la Pâque (Pesach) et se poursuit avec le comptage des 49 jours jusqu'à la Pentecôte.

La Pentecôte doit donc tomber le lendemain du premier Shabbat du 3ème mois, qui est aussi le lendemain du 7ème Shabbat depuis le début du décompte (en excluant les semaines incomplètes, ce qui revient à ne pas compter les nouvelles lunes et les jours intercalaire).

Ce second Shabbat du mois de Sivan (3ème mois) est donc la célébration du don de la Torah, un moment important pour le peuple d'Israël.

L'observation de ce 'Shabbat Second Premier' est le jour de la Pentecôte, qui célèbre la récolte et la consécration de ce que l'on offre à Dieu.

C'est aussi le second Shabbat du 3ème mois, d'où le terme 'Shabbat Second Premier', c'est-à-dire le second Shabbat du mois, car cette fête tombe également le premier jour de la semaine.

fPS : Il convient de re-préciser que nous considérons le Shabbat basé sur le cycle lunaire, et non sur le samedi du calendrier romain.

Voici un decompte de pentecote pour 2025 :

4Voyons maintenant le calendrier sans ajustement sur le calendrier Romain :

Nous voyons clairement, comme expliqué plus haut, que la Pentecôte tombe le lendemain du premier Shabbat (basé sur la lune), et que ce lendemain est lui-même un Shabbat, car il s'agit de la fête de la Pentecôte, prémices du blé. D'où le terme 'Shabbat Second Premier'. C'est le second Shabbat du mois et le premier jour de la semaine, donc la présentation de la gerbe à Elohim au matin, suivie de l'autorisation de moissonner.

5Du coté des Catholiques :

Comment comptent-ils les fêtes ?

Sur le Site https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/careme-et-paques/semaine-sainte-paques/371448-pourquoi-date-paques-change/

6Pour Titre : Pourquoi la date de Pâques change-t-elle tous les ans ?

Par rapport à la Paque/Pessah:

« Pour la date de la fête elle-même, mise en relation avec le calendrier lunaire, c’est le concile de Nicée, en 325, qui a souhaité faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l’équinoxe de printemps. De nombreuses fêtes païennes célébraient déjà cette résurrection de la nature, mais la lune est quelque peu lunatique dans son rendez-vous avec le calendrier solaire. »

C'est intéressant de voir comment le concile de Nicée a dû jongler entre les calendriers lunaire et solaire pour fixer la date de la Pâque chrétienne. En fait, ils ont cherché à éviter que la Pâque chrétienne coïncide avec celle des Juifs, mais en même temps, ils ont gardé ce lien avec la lune, notamment pour la pleine lune après l'équinoxe de printemps. C'est un peu comme un compromis entre les cycles de la nature et le besoin de se différencier des traditions juives, ce qui a créé une date de Pâque qui varie chaque année, un peu moins prévisible qu'on pourrait le penser.

Sur le Site Conseil Oecuménique des églises: https://www.oikoumene.org/fr/resources/documents/frequently-asked-questions-about-the-date-of-easter

Pour Titre : Pourquoi la date de Pâques n'est-elle pas toujours la même, comme par exemple celle de Noël ?

« Au 4e siècle, il fut décidé que la date de Pâques serait fixée en fonction de la première pleine lune suivant l'équinoxe de printemps. (A l'équinoxe, le jour et la nuit sont d'égale longueur ; cela se produit deux fois par an : une fois au printemps et une fois en automne.) »

« En 325, le Concile de Nicée a fixé la règle suivante pour le calcul de la date de Pâques : cette fête doit être célébrée le premier dimanche après la première pleine lune suivant l'équinoxe de printemps. »

Donc, en prenant en compte que les catholiques calculent les fêtes en fonction de la lune mais placent leur fête le dimanche suivant, il suffit de regarder la date de leur célébration de la Pâque et celle de la Pentecôte en 2025 pour vérifier si le calcul est correct.

Leur « Pâques » 2025 :

Leur « Pentecôte » 2025 :

Du coté des Juifs moderne pour la Pentecôte/Shavouat (Ce qui est différent des Juifs Antique):

Les Juifs modernes célébreront la Pentecôte le 3 juin 2025, mais cela entre en contradiction avec l'enseignement de la Torah, qui stipule que la Pentecôte doit tomber le lendemain d’un Shabbat (le Shabbat étant traditionnellement compris comme le samedi dans le calendrier moderne solaire). Selon la Torah, ce jour doit également être le premier jour de la semaine. Or, le 3 juin 2025 tombe un mardi, sans Shabbat précédant, ce qui ne correspond pas à la base biblique du calcul de la Pentecôte.

Le seul à s'en sortir un peu est celui qui adapte son calendrier solaire à celui de la lune biblique, comme le font les catholiques, car le jour précédent la Pentecôte tombe toujours le lendemain d’un samedi. Cependant, comme vous le comprenez, cela ne représente qu'un ajustement entre deux calendriers différents.

La Pentecôte, basée sur le véritable calendrier lunaire, tombe toujours le lendemain d'un Shabbat, qui suit la lunaison. Ainsi, elle correspond au premier jour de la semaine (non romaine). Tout comme les prémices de l'orge tombent le lendemain de la pleine lune du 15e jour du mois de Nisan, soit le 16e jour de la lune (confirmé par Flavius Josèphe), le premier jour de la semaine, jour de la résurrection (confirmé par les évangiles) (cf. enseignement des 3 jours et 3 nuits et la résurrection).

N'oublions pas que, selon les Écritures, la Lune permet de connaître les Saintes Convocations.

« Psaume 104:19 précise : »

« Il a fait la Lune pour marquer les temps (mow‘ed :, temps, temps fixé, temps marqué, assignation, assemblée fêtes, lieu fixé, signal ) ; le soleil connaît son coucher. »

« Ecclésiastique/Siracide 43:6-8 (Version Louis Segond) : »

« Le Soleil, lorsqu’il paraît, annonce la fin du travail ; il précède tout ce que l’on fait.
Une brise soufflant à l’est, les nuages se dissipent.
La Lune, qui marque le temps selon son cycle, est un signe pour les fêtes ; elle est un signe qui persiste jusqu’à ce qu’elle disparaisse. »

72. 🌾 Analyse de l'Accusation des Pharisiens🌾

a) Pourquoi les Pharisiens accusent-ils les Disciples ?

Les pharisiens accusent les disciples de Yeshoua d'avoir arraché des épis de blé le jour du Shabbat. Leur reproche repose sur le fait que les épis de blé, étant déjà mûrs à être consommés, doivent d'abord être présentés à Elohim comme prémices lors d'une offrande avant toute utilisation ou consommation. En mangeant ces épis sans cette présentation préalable, les disciples semblent, aux yeux des pharisiens, transgresser une règle importante liée à la sanctification de la première récolte. Cependant, cet acte était surtout une occasion pour les pharisiens de trouver un prétexte afin d'accuser Yeshoua et ses disciples, cherchant à le discréditer dans son interprétation de la Torah.

b) La Réponse de Yeshoua : L’Exemple de David

Yeshoua répond à cette accusation en citant l’exemple de David, qui avait mangé des pains réservés aux prêtres pour nourrir ses hommes affamés (1 Samuel 21:1-6). En faisant référence à cet exemple, Yeshoua souligne que, bien que la loi soit importante, la préservation de la vie et des besoins essentiels doit primer. La loi elle-même a été donnée pour servir à la vie, pas pour l'opprimer.

Yeshoua rappelle aussi aux pharisiens qu'ils sont face à quelqu’un de bien plus grand que le temple, le Fils de Dieu, ce qui leur échappe. Ils prétendent suivre les règles de la Torah mais ignorent la véritable autorité devant eux. En tant que Seigneur du Shabbat, Yeshoua a l'autorité de comprendre et d'appliquer la loi, mais les pharisiens, dans leur rigidité, ne reconnaissent pas cette autorité divine. Ils sont donc incapables de saisir l’essence même de la loi : la miséricorde, la compassion et la vie humaine.

8🌾 Conclusion🌾

La compréhension du "Shabbat Second Premier" et de la Pentecôte (Shavouot) révèle des aspects importants de la relation entre la tradition juive et l'observance des fêtes bibliques. Le "Shabbat Second Premier" n'est pas simplement une date dans le calendrier, mais une clé pour saisir la manière dont les cycles lunaires et les fêtes juives se croisent et se renforcent spirituellement. Ce jour, qui tombe le lendemain du premier Shabbat du mois de Sivan, incarne non seulement la préparation à la fête de la récolte, mais aussi le don de la Torah, marquant une consécration des prémices offertes à Dieu.

La Pentecôte, comme fête majeure dans le calendrier biblique, doit être célébrée après un cycle complet de sept semaines, dans un cadre qui respecte les cycles lunaires et le commandement divin de compter des semaines complètes. Cette approche met en lumière l'importance de la précision et de la fidélité aux ordonnances divines dans le calcul des fêtes, un aspect essentiel de la pratique spirituelle.

Enfin, il est frappant de constater les divergences entre les traditions modernes, qu'elles soient catholiques ou juives, et la véritable observance des fêtes telle qu'enseignée dans les Écritures. Les ajustements calendaires, bien qu'ils visent à respecter certains principes, ne correspondent pas toujours à l'intégrité du calendrier lunaire tel qu'établi dans la Torah. C'est un rappel que la fidélité à l'enseignement divin nécessite d'être attentif aux détails, et que les moments de célébration comme la Pentecôte doivent être vécus dans le respect profond de la volonté de Dieu, en suivant son calendrier sacré et en honorant le cycle naturel qu'il a instauré.

Shalom !

Frère Ludovic – Bible Contexte