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La Dîme Simplement

Enseignement intermédiaire

⏱ 26 min de lecture · 9 parties

1Introduction

Les 4 types de dîmes sous l'Ancienne Alliance

Sous l'Ancienne Alliance, plusieurs types de dîmes étaient prescrits par la loi de Moïse :

  1. La dîme pour les Lévites et le Temple : Une dîme de 10 % était donnée par les Israélites aux Lévites pour leur service au temple, car les Lévites ne recevaient pas de terres comme les autres tribus. Une partie de cette dîme était également utilisée pour la maintenance du temple et les sacrifices. Les Lévites en bénéficiaient pour subvenir à leurs besoins, et ce système permettait de maintenir les services du temple. Cette dîme représentait un soutien à la fois pour les Lévites dans leur rôle spirituel et pour l'entretien du temple (Nombres 18:21-24; Deutéronome 14:22-27).
  2. La dîme pour les pauvres : Une troisième dîme était destinée à aider les pauvres, orphelins, veuves et étrangers. Les Israélites devaient donner cette dîme tous les trois ans, afin de venir en aide à ceux dans le besoin, en particulier lors des rassemblements annuels (Deutéronome 14:28-29).
  3. La dîme pour les fêtes (fête de la dîme) : Chaque année, les Israélites devaient mettre de côté une dîme pour les fêtes religieuses. Ce montant permettait de participer aux célébrations devant l'Éternel à Jérusalem. Si la distance était trop grande pour transporter les produits agricoles, l'Israélite pouvait échanger la dîme contre de l'argent. À Jérusalem, cet argent devait être utilisé pour acheter de la nourriture, du vin ou des sacrifices, afin de célébrer et se réjouir avec Dieu (Deutéronome 14:22-27).
  4. La dîme de la dîme : Les Lévites eux-mêmes devaient prélever une dîme de ce qu'ils recevaient de la part des Israélites et la donner aux sacrificateurs, qui étaient responsables des sacrifices et des services du temple. Cela permettait de soutenir directement ceux qui étaient impliqués dans les rituels sacrés du temple (Nombres 18:26-28).

Ces dîmes étaient liées à un système précis de culte et de soutien à la communauté dans le cadre de la loi mosaïque.

pour rendre l'exemple plus concret et plus compréhensible pour un public large, imaginons que le peuple entier donne une grande récolte, comme 1000 kg de pommes, 2000 kg de pommes de terre, 2000 kg de maïs, etc. Voici comment cette récolte serait répartie en fonction des quatre types de dîmes, en tenant compte des explications précises :

« 1. La dîme pour les lévites (10 %) »

•.Quand et comment : Chaque année, le peuple donne 10 % de ses récoltes totales aux lévites, c'est-à-dire à ceux qui servent dans le temple. Cela inclut toutes les récoltes, comme les pommes, les pommes de terre, le maïs, etc.

•.Exemple de répartition :

•.Si le peuple a 1000 kg de pommes, il donnera 100 kg de pommes aux lévites.

•.Si le peuple a 2000 kg de pommes de terre, il donnera 200 kg de pommes de terre aux lévites.

•.Si le peuple a 2000 kg de maïs, il donnera 200 kg de maïs aux lévites.

« 2. La dîme des lévites pour la maison de Dieu (10 % de la dîme des lévites) »

•.Quand et comment : Les lévites eux-mêmes doivent donner 10 % de la dîme qu'ils ont reçue pour la maison de Dieu (le temple). C'est ce qu'on appelle "la dîme de la dîme".

•.Exemple de répartition :

•.Si les lévites ont reçu 100 kg de pommes, ils devront donner 10 kg de pommes pour la maison de Dieu.

•.Si les lévites ont reçu 200 kg de pommes de terre, ils devront donner 20 kg de pommes de terre pour la maison de Dieu.

•.Si les lévites ont reçu 200 kg de maïs, ils devront donner 20 kg de maïs pour la maison de Dieu.

« 3. La dîme pour les pauvres (10 % tous les 3 ans) »

•.Quand et comment : Une fois tous les 3 ans, le peuple donne 10 % de ses récoltes pour aider les pauvres, les orphelins, les veuves et les étrangers.

•.Exemple de répartition :

•.Si le peuple a 1000 kg de pommes, il donnera 100 kg de pommes pour les pauvres tous les 3 ans.

•.Si le peuple a 2000 kg de pommes de terre, il donnera 200 kg de pommes de terre pour les pauvres tous les 3 ans.

•.Si le peuple a 2000 kg de maïs, il donnera 200 kg de maïs pour les pauvres tous les 3 ans.

« 4. La dîme pour les festivités (dîme pour les fêtes religieuses) »

•.Quand et comment : Chaque année, le peuple doit donner 10 % de ses récoltes pour financer les fêtes religieuses, les repas communautaires, et les rassemblements où tout le monde se réunit pour honorer Dieu.

•.Exemple de répartition :

•.Si le peuple a 1000 kg de pommes, il donnera 100 kg de pommes pour les festivités.

•.Si le peuple a 2000 kg de pommes de terre, il donnera 200 kg de pommes de terre pour les festivités.

•.Si le peuple a 2000 kg de maïs, il donnera 200 kg de maïs pour les festivités.

Résumé de la répartition sur 1000 kg de pommes, 2000 kg de pommes de terre, et 2000 kg de maïs :

•.Dîme pour les lévites (10 %) :

•.100 kg de pommes, 200 kg de pommes de terre, 200 kg de maïs.

•.Dîme des lévites pour la maison de Dieu (10 % de la dîme des lévites) :

•.10 kg de pommes, 20 kg de pommes de terre, 20 kg de maïs.

•.Dîme pour les pauvres (10 % tous les 3 ans) :

•.100 kg de pommes, 200 kg de pommes de terre, 200 kg de maïs (tous les 3 ans).

•.Dîme pour les festivités (10 % annuels) :

•.100 kg de pommes, 200 kg de pommes de terre, 200 kg de maïs.

Total :

•.Sur 1000 kg de pommes, 2000 kg de pommes de terre, et 2000 kg de maïs, le peuple donne 400 kg pour les lévites, les pauvres, les festivités, et la maison de Dieu (en incluant la dîme des lévites).

•.600 kg seraient conservés pour la consommation personnelle, la famille, etc.

Cela montre clairement comment le peuple entier répartit ses récoltes et comment chaque portion est affectée à un but particulier (aider les lévites, soutenir les pauvres, organiser des festivités et entretenir la maison de Dieu). C’est une manière de mettre en pratique le partage et le soutien de la communauté.

2La Nouvelle Alliance et le Sacerdoce de Melchisédek

Dans la Nouvelle Alliance, Yeshoua (Yeshoua) est décrit comme appartenant à la tribu de Juda et non à la tribu des Lévites, mais il est aussi prêtre "selon l'ordre de Melchisédek" (Hébreux 7:17). Melchisédek est un prêtre et roi mentionné dans Genèse 14, qui n'appartenait pas à la lignée d'Aaron, mais dont l'ordre sacerdotal est supérieur à celui des Lévites.

Hébreux 7:11-12 explique que la prêtrise de Yeshoua, en tant que prêtre selon l'ordre de Melchisédek, a remplacé la prêtrise lévitique. Cela signifie que dans la Nouvelle Alliance, tous les croyants sont considérés comme des sacrificateurs : chaque chrétien a un accès direct à Dieu et est appelé à servir comme prêtre spirituel. Il n'y a donc plus de distinction entre les croyants et une caste sacerdotale spéciale.

3Le Don dans la Nouvelle Alliance

Dans la Nouvelle Alliance, le sacrifice de soi-même et le partage équitable entre croyants sont mis en avant. Les premiers chrétiens pratiquaient un partage radical de leurs biens, comme une démonstration de leur amour mutuel et de leur solidarité (Actes 2:44-45). Ce modèle montre que, dans la Nouvelle Alliance, la générosité est fondée sur l'amour et l'obéissance, non sur des prescriptions légales comme la dîme.

2 Corinthiens 9:7 nous enseigne que chacun doit donner « selon ce qu'il a résolu dans son cœur, sans tristesse ni contrainte », car Dieu aime celui qui donne avec joie. Le don n'est donc plus vu comme une obligation légale, mais comme une action volontaire motivée par l'amour et la foi.

Hébreux 13:15-16 nous rappelle également que notre culte aujourd'hui consiste à offrir des sacrifices spirituels, "louer Dieu par des actions de grâce", et "faire le bien et partager ce que vous avez, car c'est un sacrifice qui plaît à Dieu".

4Le Partage Équitable et le Modèle des Premiers Chrétiens

Dans la Nouvelle Alliance, nous ne parlons plus de "dîme" en tant que règle, mais plutôt d'un partage équitable. Comme les premiers chrétiens, qui mettaient tout en commun, ceux qui sont dans le besoin au sein de l'assemblée doivent être soutenus (Actes 4:32-35). Ce modèle de générosité et de solidarité met en lumière l'appel à la fraternité et à l'amour dans la communauté chrétienne.

5Résumé avec Versets :

  1. Hébreux 7:11-12 : La prêtrise selon l'ordre de Melchisédek a remplacé celle des Lévites.
  2. 2 Corinthiens 9:7 : Chacun doit donner selon ce qu'il a décidé dans son cœur, sans contrainte.
  3. Actes 2:44-45 : Les premiers chrétiens mettaient tout en commun.
  4. Hébreux 13:15-16 : Le culte chrétien aujourd'hui inclut des sacrifices spirituels comme des actions de grâce et le partage.
  5. 1 Timothée 6:17-19 : Les croyants sont appelés à être généreux, en partageant avec ceux qui en ont besoin.

Dans la Nouvelle Alliance, il n'est plus question de dîme au sens strict du terme. Tous les croyants sont appelés à être des sacrificateurs spirituels, à donner selon leur cœur, à vivre un sacrifice de soi-même et à pratiquer un partage équitable entre tous. Si un croyant souhaite donner 10 % de ses revenus à l'assemblée ou pour des œuvres de charité, cela peut être une manière honorable de soutenir les besoins de l'assemblée.

6Attention aux Abus et à l'Exploitation

Il est essentiel de faire attention aux abus qui peuvent découler d'une mauvaise compréhension ou d'une utilisation erronée de la dîme dans le contexte de la Nouvelle Alliance. Certains peuvent être tentés de prendre avantage de la générosité des croyants sous prétexte de la dîme, en manipulant les consciences ou en exploitant la bonne volonté des autres. Le danger est réel : ceux qui se servent de la dîme pour dépouiller des frères et sœurs dans la foi commettent un acte grave, et la Bible avertit que de tels comportements sont condamnés.

1 Timothée 6:5 met en garde contre ceux qui utilisent la piété comme moyen de gain : « Éloigne-toi de ces gens-là, de ceux qui pensent que la piété est une source de gain ». La recherche de profits à travers des pratiques religieuses est une dérive spirituelle qui va à l'encontre des principes de justice, d'amour et de partage qui caractérisent la vie chrétienne. Dans ce cas, ceux qui abusent de la dîme peuvent se trouver sous une malédiction spirituelle, car ils volent d'autres sacrificateurs de Dieu, en déformant l'essence même du partage et de la générosité que la Bible prône.

L'enseignement de 1 Timothée 6:10 est clair : « Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux. Certains, en étant avides de l'argent, se sont égarés loin de la foi et se sont eux-mêmes jetés dans bien des douleurs ». L'attachement à l'argent et à la richesse, surtout quand il est justifié par des motifs religieux, conduit à l'éloignement de la foi véritable.

Les croyants doivent se garder de la tentation de croire que la piété mène nécessairement à la richesse, comme l'enseignent certains faux docteurs. En réalité, les Écritures nous appellent à être responsables dans l'usage de l'argent, tout en recherchant le bien-être des autres plutôt que la satisfaction de nos désirs matériels.

7Vivre de l'Évangile : L'Exemple des Apôtres et des Disciples

Dans le Nouveau Testament, les apôtres et les disciples de Yeshoua ont travaillé dur pour vivre de l'Évangile, mais ils n'ont pas cherché à amasser des richesses personnelles. Au contraire, leur ministère était centré sur le service et le partage, souvent soutenu par les dons des croyants, mais sans abuser de ces dons.

  1. Matthieu 10:9-10 – "Ne vous faites ni argent, ni sac, ni sandales; car l’ouvrier mérite sa nourriture." Ce verset montre que les disciples de Yeshoua étaient appelés à vivre de ce qu'on leur offrait en retour de leur travail de prédication, mais sans chercher à s'enrichir. Leur « salaire » venait des dons des autres, mais ce n'était pas un salaire qu'ils exigeaient, c'était une provision nécessaire pour accomplir leur mission.
  2. Luc 10:7 – "Restez dans cette maison, mangez et buvez ce que l’on vous donnera, car l'ouvrier mérite son salaire." Yeshoua enseigne ici que les travailleurs de l’Évangile doivent recevoir leur subsistance des personnes qu’ils servent, mais de manière simple et sans exigence. Le salaire est simplement ce qui est donné pour leur subsistance et non un droit ou une demande d’enrichissement personnel.
  3. 1 Corinthiens 9:14 – "De même, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile." Paul rappelle ici que ceux qui annoncent l’Évangile ont le droit de recevoir une aide matérielle, car leur travail est spirituel et leur vocation est consacrée au service de Dieu. Toutefois, cela ne signifie pas qu'ils doivent se servir de l’Évangile pour s'enrichir, mais plutôt que les croyants peuvent soutenir ceux qui se consacrent pleinement à cette œuvre.
  4. 1 Corinthiens 9:18 – "Que mérite donc ma récompense ? C’est de prêcher l’Évangile gratuitement, sans faire valoir mon droit d’utiliser cet avantage." Bien que Paul aurait eu droit à un soutien financier pour son travail, il choisit de ne pas l’accepter pour ne pas être un obstacle à la prédication de l'Évangile. Cela montre que l’objectif des apôtres n'était pas de vivre de manière opulente des dons, mais de servir le peuple de Dieu sans rechercher de compensation matérielle.
  5. Actes 20:33-35 – "Je n’ai désiré ni argent, ni or, ni vêtements de personne. Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons." Paul, dans ce passage, affirme clairement qu'il n'a pas cherché à amasser des richesses à travers son ministère. Au contraire, il travaillait de ses propres mains pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses compagnons, en donnant l’exemple de l’autosuffisance et de la générosité.
  6. 2 Thessaloniciens 3:8-9 – "Nous n’avons mangé le pain de personne à titre gratuit, mais nous avons travaillé nuit et jour avec peine et fatigue, pour ne pas être à charge à aucun d’entre vous. Ce n’est pas parce que nous n’en avions pas le droit, mais pour vous donner en nous un modèle à imiter."

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Paul, encore une fois, met l’accent sur le fait qu'il n’a pas exploité les croyants, mais qu’il a travaillé pour ne pas être un fardeau. Il donne un modèle de travail honnête pour que les autres puissent l'imiter, prouvant que ceux qui servent l’Évangile doivent être des exemples de vertu, et non des profiteurs.

L'Abus de la Dîme et la Malédiction : Le Danger pour les Responsables Spirituels

Si un pasteur ou un leader spirituel pratique la dîme de manière abusive, en la faisant passer pour une obligation sacrée et en menaçant de malédictions, alors il se met en danger spirituel. En agissant ainsi, il vole non seulement les croyants, mais vole Dieu lui-même, en exploitant la foi des autres pour son propre gain. En d’autres termes, il abuse de son rôle de "sacrificateur" spirituel pour s'enrichir personnellement, et c’est un péché grave.

Luc 16:13-14 – "Nul serviteur ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l’un, et il aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un, et il méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon."
Yeshoua met en garde contre l'amour de l'argent, et ce passage montre qu'un pasteur ou un responsable spirituel qui place l'argent au centre de son ministère, en cherchant à s'enrichir, devient un serviteur de Mammon (l'argent) plutôt que de Dieu. C'est une mise en garde contre toute forme de manipulation financière dans l’Église.

8Malachie 3 : Le Vrai Contexte de "Vous Me Volez"

Le passage de Malachie 3:8-10, qui déclare : "Un homme trompe-t-il Dieu? Car vous me trompez. Et vous dites : ‘En quoi t’avons-nous trompé?’ Dans les dîmes et les offrandes. Vous êtes frappés de malédiction, parce que vous me trompez, vous, toute cette nation. Apportez toutes les dîmes à la maison du trésor, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison. Mettez-moi ainsi à l’épreuve, dit l’Éternel des armées, et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, et si je ne déverse pas pour vous la bénédiction en abondance."

Ce passage a souvent été mal interprété et utilisé pour manipuler les croyants, leur faisant craindre qu'ils soient sous malédiction s'ils ne donnent pas la dîme. Cependant, il est crucial de comprendre le véritable contexte de ce passage.

  1. Contexte historique : Malachie s'adresse ici au peuple d'Israël, qui vivait sous l'Ancienne Alliance, dans un moment de rébellion contre Dieu. Le peuple, en particulier les prêtres, offrait des sacrifices défectueux, des animaux malades et des dons non conformes à la Loi. Le reproche de Dieu n’est pas seulement qu'ils ne donnaient pas la dîme, mais qu’ils avaient des sacrifices et des offrandes indignes. Leur cœur était loin de Dieu, et ils ne respectaient pas les prescriptions de l'Alliance. Dieu leur reproche également leur mépris pour la justice, leur infidélité et leur idolâtrie (cf. Malachie 1:6-14).
  2. Le sens du passage : Lors de cette période, la dîme n’était pas simplement un moyen de soutenir le temple et les prêtres, mais faisait partie d’un acte de fidélité envers Dieu. L'absence de dîme représentait un manque de respect envers la relation de l’alliance avec Dieu, et l'Éternel dénonce cette infidélité spirituelle. En ce sens, Malachie 3 ne parle pas uniquement de l'argent, mais de la manière dont le peuple négligeait ses devoirs envers Dieu, notamment par des sacrifices impurs et une attitude de négligence spirituelle.
  3. La manipulation moderne : Aujourd'hui, certains utilisent ce passage pour imposer la dîme de manière coercitive, manipulant les croyants par la peur et la culpabilité. Cela revient à faire un chantage spirituel : « Si tu ne donnes pas la dîme, tu es sous malédiction ». Pourtant, dans la Nouvelle Alliance, Dieu appelle chaque croyant à donner selon son cœur et ses moyens, non sous la contrainte. Utiliser Malachie 3 pour créer une atmosphère de peur ou de pression va à l’encontre du message de liberté et de générosité dans le Nouveau Testament.
📖 Genèse 28

20 Jacob fit un voeu, en disant: Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s'il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, 21et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l'Eternel sera mon Dieu; 22cette pierre, que j'ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu; et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras.

Explication :

Dans Genèse 28:20-22, Jacob fait un vœu et promet de donner un dixième (la dîme) de tout ce que Dieu lui donnera. La Bible ne dit pas exactement ce qu’il a donné ni comment il l’a donné, ce qui fait qu’on peut seulement faire des suppositions. Peut-être a-t-il fait un sacrifice, donné des biens matériels, ou encore aidé les pauvres. Mais tout cela reste flou, car les détails ne sont pas précisés. À cette époque, il n’y avait pas encore de prêtre ou de système religieux comme sous Moïse, et Melchisédek ne s’est pas présenté à Jacob comme il l’avait fait avec Abraham.

Ce qu’on sait, c’est que Jacob a promis cette dîme directement à Dieu, en reconnaissance des bénédictions qu’il espérait recevoir, comme la protection, la nourriture et un retour en paix chez son père (Genèse 28:20-21). Ce geste était donc personnel et spirituel. C’était un acte volontaire, une manière pour Jacob de montrer sa gratitude envers Dieu. Ce n’était pas une règle imposée comme plus tard sous la loi de Moïse, mais une réponse personnelle à la bénédiction de Dieu.

Aujourd’hui, certains utilisent ce passage pour justifier la dîme obligatoire ou pour promouvoir l’évangile de prospérité, en faisant croire que donner de l’argent à l’église ou aux leaders spirituels garantit des bénédictions matérielles. Mais ce passage ne parle pas d’argent spécifiquement et il ne justifie pas cette interprétation. Abraham a donné la dîme à Melchisédek, un prêtre représentant Dieu, mais dans le cas de Jacob, il n’y avait pas de prêtre ou d’intermédiaire. Jacob a donné directement à Dieu.

En résumé

Jacob promet une dîme, mais on ne sait pas exactement ce qu’il a donné ni comment. C’est flou, et on peut seulement spéculer sur la forme de son offrande (sacrifice, dons, ou autre). Contrairement à Abraham, il n’y avait pas de prêtre comme Melchisédek, donc Jacob a donné directement à Dieu. Ce passage ne justifie ni la dîme obligatoire aujourd’hui, ni l’enrichissement personnel à travers l’évangile de prospérité. La dîme ici était un geste volontaire, spirituel et personnel, basé sur une relation avec Dieu.

Utiliser ce passage pour justifier l'enrichissement d’un pasteur, prêtre ou autre leader spirituel ne fait absolument aucun sens, surtout lorsqu’on compare à la situation de Jacob. D’après ce modèle biblique, ce sont les pasteurs eux-mêmes qui devraient donner, en tant que responsables, comme Jacob qui était lui-même responsable de l’autel qu’il avait dressé. Jacob, en construisant un autel, devenait en quelque sorte un sacrificateur pour lui-même et sa famille, car à ce moment-là, il n’y avait pas de prêtre pour le faire. Cela montre que la dîme n'était pas destinée à l’enrichissement personnel des leaders, mais comme un acte d’adoration et de reconnaissance envers Dieu, par un geste personnel, et non une obligation imposée.

Voici quelques versets souvent utilisés également pour justifier la Dîme:

📖 Matthieu 23:23

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et vous avez négligé ce qui est plus important dans la loi: la justice, la miséricorde et la fidélité. C’est ce qu’il fallait pratiquer, sans omettre cela.

Explication

Yeshoua critique ceux qui suivent les règles religieuses juste pour les apparences, comme donner la dîme sur des petites herbes, tout en oubliant l’essentiel : vivre avec justice, miséricorde et fidélité. Il nous dit que la dîme doit aller de pair avec un vrai changement de cœur et de vie. Dans ce moment il n’était pas encore question de changement de sacerdoce/prêtrise.

📖 Luc 18:12

Je jeûne deux fois la semaine; je donne la dîme de tout ce que je gagne.

Explication

Ici, un pharisien se vante de ses bonnes actions, y compris de donner la dîme. Cela montre qu'il faisait ses pratiques religieuses sans vraiment comprendre l'humilité ou la relation avec Dieu. Ça nous rappelle que faire les bonnes choses est important, mais le cœur derrière ces actions compte aussi. Il n’était pas encore question de changement de sacerdoce/prêtrise à ce moment.

📖 Hébreux 7:5-9

Et ceux des fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce ont l'ordre de percevoir la dîme du peuple, selon la loi, c’est-à-dire de leurs frères, bien qu'ils soient issus des reins d'Abraham... Et ici, ce sont des hommes qui reçoivent la dîme; là, c’est quelqu'un duquel il est rendu témoignage qu’il est vivant. »q

Explication

Ce passage parle de la dîme donnée aux lévites dans l'Ancien Testament, et il dit qu'il existe un ordre supérieur de prêtrise avec Yeshoua, qui a une autorité encore plus grande. Cela suggère que la pratique de la dîme continue, mais sous un autre ordre, celui de Yeshoua. À ce moment-là, le changement de sacerdoce et de prêtrise n'était pas encore en vigueur.

📖 1 Corinthiens 16:2

Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu'il pourra, selon sa prospérité, afin qu'on n'attende pas mon arrivée pour recueillir les dons.

Explication

1 Corinthiens 16:2 parle de dons privés que les croyants mettaient de côté chez eux, selon leurs moyens, pour soutenir l'assemblée des saints de Jérusalem, qui traversait une période difficile à cause d'une famine (Actes 11:28). Ce n'était pas nécessairement de l'argent, mais plutôt des denrées ou des biens matériels pour aider les nécessiteux. Ce n'était pas une collecte publique ou une dîme obligatoire, mais un acte de solidarité volontaire. Le verset montre que les dons étaient préparés chez soi, sans pression, et non dans le cadre des rassemblements.

📖 2 Corinthiens 9:6-7

Voici ce que je dis: celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. Que chacun donne comme il a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie.

Explication

Dans 2 Corinthiens 9, Paul ne parle pas spécifiquement d'argent, mais de la générosité dans les dons. Il pourrait s'agir de n'importe quel type de ressource, comme des produits agricoles, des biens matériels ou autres. L'accent est mis sur la volonté de donner, quelle que soit la forme que cela prend, et sur l'attitude du cœur. Il souligne que Dieu aime ceux qui donnent avec joie, sans contrainte, et que l'essentiel est que les dons soutiennent l'œuvre de Dieu et les besoins des croyants, sans se limiter à une notion d'argent.

📖 Philippiens 4:18

J’ai tout reçu, et j’ai en abondance; je suis comblé, ayant reçu de la part d'Épaphrodite ce qui vient de vous, comme un parfum de bonne odeur, un sacrifice agréable et bien agréable à Dieu.

Explication

Philippiens 4:18 parle des dons volontaires envoyés par les croyants de Philippes à Paul pour soutenir son ministère. Paul dit qu'il a tout reçu et qu'il est comblé, mais il ne parle pas de dîme, ni d'une obligation financière régulière. Il décrit plutôt ces dons comme un sacrifice agréable à Dieu, un geste de générosité. Cela montre que les dons étaient faits de manière libre et volontaire, en soutien à l'œuvre de Dieu, et non selon une règle stricte de dîme. Il ne s'agit pas de collecte imposée, mais d'un acte de cœur, basé sur la volonté personnelle de donner.

📖 Romains 12:13

Contribuez aux besoins des saints, pratiquez l’hospitalité.

Explication

Dans Romains 12:13, Paul exhorte les croyants à contribuer aux besoins des saints, en tenant compte de leur situation, notamment pour les croyants qui devaient voyager ou qui étaient dans des situations difficiles. À l'époque, les croyants n'avaient pas seulement des besoins financiers, mais aussi matériels (vêtements, nourriture, logement, etc.) pour poursuivre leur ministère ou leur vie quotidienne. Ce verset montre que les dons étaient destinés à répondre aux divers besoins des saints, qu'ils soient financiers, matériels ou autres, mais toujours de manière volontaire et non imposée comme une dîme régulière. C'était un acte de solidarité basé sur l'amour fraternel et la générosité.

📖 1 Timothée 5:17-18

Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'un double honneur, surtout ceux qui se donnent à l'enseignement et à la prédication. Car l’Écriture dit : Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain, et l'ouvrier mérite son salaire.

Explication

1 Timothée 5:17-18 parle du soutien financier pour les anciens qui se consacrent à l'enseignement et à la prédication. Paul enseigne que ceux qui dirigent bien, en particulier ceux qui enseignent la parole de Dieu, méritent un double honneur, ce qui inclut le soutien matériel pour leur travail. Ce verset cite également l'écriture qui dit : "L'ouvrier mérite son salaire" (Luc 10:7), soulignant qu'il est juste que ceux qui consacrent leur temps et leurs efforts au ministère soient soutenus pour cela.

Cependant, il ne s'agit pas d'une référence à la dîme, mais à un soutien volontaire et approprié pour ceux qui œuvrent dans le ministère. Ce passage montre l'importance de soutenir financièrement les ministres, mais toujours dans un cadre de reconnaissance et de respect, et non sous forme d'une obligation imposée, comme la dîme.

📖 2 Corinthiens 8:1-5

Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui a été donnée aux Églises de Macédoine; car, dans une grande épreuve de tribulation, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont abondé dans les richesses de leur générosité. […] Ils se sont donné eux-mêmes d’abord au Seigneur, puis à nous, selon la volonté de Dieu.

Explication

Même dans la pauvreté, les Églises de Macédoine ont montré une grande générosité, donnant pour soutenir l'œuvre de Dieu. Cela nous montre qu'il ne s'agit pas de donner une grande somme, mais de donner ce que l’on peut avec un cœur sincère.

📖 2 Corinthiens 9:8-11

Et Dieu peut faire abonder en vous toute grâce, afin qu’ayant toujours, en toutes choses, tout ce qu’il vous faut, vous ayez en abondance pour toute bonne œuvre. Comme il est écrit : Il a répandu, il a donné aux pauvres; sa justice demeure à jamais. Celui qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture fournira et multipliera votre semence, et augmentera les fruits de votre justice.

Explication

Ce passage montre que Dieu bénit ceux qui donnent pour soutenir son œuvre. Il promet de multiplier ce que nous donnons pour que nous ayons encore plus à partager.q

📖 Galates 6:6

Que celui qui est enseigné dans la parole partage tous ses biens avec celui qui l’enseigne.

Explication

Ce verset nous encourage à soutenir financièrement ceux qui nous enseignent la parole de Dieu. Cela peut être vu comme un appel à donner à ceux qui consacrent leur vie à l'enseignement, et cela pourrait inclure la dîme.

📖 1 Corinthiens 9:7-14

Qui sert dans l’armée à ses propres frais? Qui plante une vigne et ne mange pas de son fruit? Qui fait paître un troupeau et ne mange pas du lait du troupeau? […] Ainsi aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile.

Explication

Paul explique que ceux qui travaillent pour le ministère, comme ceux qui annoncent l’Évangile, ont droit à un soutien financier. Cela montre que ceux qui servent l’œuvre de Dieu doivent être pris en charge, bien que la dîme ne soit pas mentionnée directement.

9Conclusion : L'Esprit de la Nouvelle Alliance

Dans la Nouvelle Alliance, il n'est pas question de dîme imposée, mais plutôt d'une offrande volontaire et d'un partage équitable des ressources entre frères et sœurs, afin que personne ne soit dans le besoin. Le véritable don vient d'un cœur sincère, libre de toute contrainte, et chaque croyant est appelé à vivre selon un principe d'égalité et de justice. Comme le rappelle 2 Corinthiens 9:7 : "Chacun doit donner selon ce qu'il a résolu dans son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie." Cette liberté exclut toute forme d'exploitation ou de manipulation, et invite à une vie dédiée à l'amour de Dieu et du prochain.

Cependant, appliquer ce principe de générosité et de partage ne supprime pas la réalité de la loi de la dîme dans l'Ancienne Alliance, où elle était essentielle pour le soutien du sacerdoce lévitique et pour maintenir le temple. Le sacerdoce, qui était lié à la tribu de Lévi, dépendait de la dîme pour pouvoir vivre, car les Lévites n'avaient pas de terres ni de propriétés comme les autres tribus d'Israël. Cependant, avec l’avènement de la Nouvelle Alliance, le sacerdoce a été transformé, car Yeshoua-Christ est devenu notre grand prêtre selon l'ordre de Melchisédek (Hébreux 7:11-12). Par conséquent, les croyants sont appelés à être un sacerdoce royal, chacun ayant un accès direct à Dieu et n'ayant plus besoin d'un médiateur terrestre.

Dans cette perspective, nous n'avons plus à dépendre de la dîme ou des sacrifices comme c'était le cas dans l'Ancienne Alliance. Yeshoua lui-même nous enseigne à ne pas nous inquiéter des choses matérielles telles que la nourriture, les vêtements ou le logement, car en cherchant d'abord le royaume des cieux et la justice de Dieu, tout ce dont nous avons besoin nous sera donné par Dieu lui-même (Matthieu 6:33). Cette promesse nous montre que notre dépendance n'est plus envers les hommes, mais envers Dieu seul, qui pourvoit à nos besoins selon sa volonté. Ainsi, nous ne dépendons plus des hommes ou d'un système de dîme pour vivre, mais de la grâce et de la provision de Dieu, qui nous accorde tout ce qui est nécessaire pour vivre dans sa volonté et dans son amour.