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La lettre tue, mais l'Esprit vivifie

Enseignement intermédiaire

⏱ 18 min de lecture · 12 parties

1Introduction : une parole souvent sortie de son contexte

Peut-on utiliser cette parole pour rejeter les Écritures et les commandements de Dieu ?

Passage principal : 2 Corinthiens 3:6

Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, l'apôtre Paul déclare :

📖 2 Corinthiens 3:6

Car la lettre tue, mais l'Esprit vivifie.

Cette parole est parfois utilisée pour rejeter les enseignements bibliques. Lorsqu'on cite les Écritures pour rappeler un commandement, corriger un comportement ou examiner une doctrine, certaines personnes répondent : « La lettre tue ! Nous avons le Saint-Esprit, nous sommes libres en Christ ! »

Cette expression devient alors une sorte de « joker », comme si elle permettait d'écarter tout passage biblique qui nous dérange. Le raisonnement est simple : puisque l'Esprit donne la vie, il ne serait plus nécessaire de suivre ce qui est écrit.

Mais Paul enseignait-il réellement cela ? Le Saint-Esprit nous dispense-t-il d'étudier les Écritures et d'obéir à Dieu ?

Pour répondre, nous devons examiner le contexte de cette déclaration, les autres enseignements de Paul et les paroles de Yeshoua.

2Que signifie réellement « la lettre tue » ?

📖 Lecture : 2 Corinthiens 3:3-11

Dans ce passage, Paul n'oppose pas les personnes qui lisent les Écritures à celles qui seraient guidées par l'Esprit.

Il compare deux ministères : celui de l'ancienne alliance, associé aux commandements gravés sur des tables de pierre, et celui de la nouvelle alliance, caractérisé par l'action de l'Esprit de Dieu.

Moïse et les tables de pierre — Rembrandt, 1659 (domaine public)

Au verset 7, il parle du ministère de la mort, gravé sur des pierres. Au verset 9, il oppose le ministère de la condamnation au ministère de la justice.

Pourquoi parle-t-il ainsi d'une loi que Dieu lui-même avait donnée ?

Parce que la loi révèle le péché et condamne la transgression, mais elle ne peut, à elle seule, pardonner les fautes de l'homme ni lui communiquer la vie.

Paul explique dans Romains 3:20 que personne ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la loi, puisque c'est par la loi que vient la connaissance du péché.

Il affirme également dans Galates 3:21 que si une loi avait pu donner la vie, alors la justice viendrait réellement de la loi.

Cependant, cela ne signifie pas que la loi serait mauvaise. Dans Romains 7:12, Paul déclare expressément que la loi est sainte et que le commandement est saint, juste et bon.

Le problème n'est donc pas la sainteté de la loi, mais le péché de l'homme et son incapacité à obtenir la justification par sa propre observance.

La lettre tue dans le contexte du ministère de la condamnation, tandis que l'Esprit vivifie parce que Dieu accorde la justice et la vie par l'œuvre de Yeshoua.

Paul n'enseigne donc pas que lire la Bible, étudier les commandements ou mettre la Parole en pratique conduirait à la mort spirituelle.

Il explique que la loi écrite ne possède pas, par elle-même, le pouvoir de sauver le pécheur.

C'est une distinction fondamentale, car confondre le ministère de la condamnation avec l'ensemble des Écritures conduit à déformer totalement son enseignement.

3Avons-nous reçu l'Esprit par les œuvres de la loi ou par la foi ?

📖 Lecture : Galates 3:1-5

Dans son épître aux Galates, Paul pose une question essentielle : les croyants ont-ils reçu le Saint-Esprit par les œuvres de la loi ou par l'écoute de la foi ?

Puis il les reprend en leur demandant pourquoi, après avoir commencé par l'Esprit, ils veulent maintenant achever par la chair.

Cette question doit être comprise dans son contexte.

Certains cherchaient à imposer aux croyants issus des nations des observances de la loi, notamment la circoncision, comme conditions nécessaires à leur justification et à leur appartenance au peuple de Dieu.

Mais Paul rappelle que les Galates n'ont pas reçu l'Esprit parce qu'ils avaient accompli toutes les prescriptions de la loi. Ils l'ont reçu par la foi.

Pourquoi alors vouloir obtenir par leurs propres moyens ce que Dieu leur avait accordé par sa grâce ?

Voilà ce que Paul dénonce.

Il ne reproche pas aux croyants de vouloir pratiquer la justice ou d'obéir à Dieu. Il combat la volonté de rechercher la justification par les œuvres de la loi, comme si celles-ci pouvaient remplacer le sacrifice du Messie.

Dans Galates 5:4, il avertit ceux qui cherchent à être justifiés par la loi qu'ils se séparent de la grâce.

Nous devons donc distinguer deux attitudes : chercher à être justifié par ses œuvres et obéir à Dieu parce que nous avons été justifiés par la foi.

L'obéissance véritable ne remplace pas la foi. Elle découle d'une foi vivante et d'un cœur renouvelé par l'Esprit.

Nous retrouvons également cette question dans Galates 2:11-16, lorsque Paul reprend Pierre.

Pierre partageait auparavant ses repas avec les croyants issus des nations. Mais lorsque certains hommes du groupe des circoncis arrivèrent, il se retira par crainte de leur réaction.

Paul lui reprocha de ne pas marcher droit selon la vérité de l'Évangile. Son comportement rétablissait une séparation entre les croyants et risquait de les pousser à adopter des pratiques juives pour être pleinement acceptés.

Paul rappelle alors que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Yeshoua.

La justification repose donc sur l'œuvre du Messie, et non sur les mérites religieux de l'homme.

4La foi signifie-t-elle que la loi est abolie ?

📖 Lecture : Romains 3:28-31

Après avoir expliqué que l'homme est justifié par la foi, Paul pose lui-même cette question :

📖 Romains 3:31

Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi.

Ce passage est particulièrement important.

Le même apôtre qui affirme que personne n'est justifié par les œuvres de la loi refuse de déclarer que la foi rend la loi mauvaise ou sans valeur.

Pourquoi ?

Parce que la foi reconnaît la justice de Dieu, la réalité du péché et la nécessité du salut accompli par le Messie.

Dans 1 Timothée 1:8-11, Paul rappelle également que la loi est bonne lorsqu'on en fait un usage légitime. Il explique qu'elle concerne notamment les rebelles et les transgresseurs, dont les actes sont contraires à la saine doctrine.

Cependant, confirmer la loi ne signifie pas que toutes les prescriptions de l'ancienne alliance doivent être appliquées aujourd'hui de manière identique.

Les Écritures contiennent des commandements concernant la conduite morale, les relations humaines, la vie communautaire, le sacerdoce, les sacrifices et le sanctuaire.

Certaines prescriptions étaient liées à des fonctions ou à des situations particulières. D'autres trouvent leur accomplissement dans l'œuvre de Yeshoua.

Ainsi, Hébreux 10:1-14 explique que le sacrifice du Messie accomplit ce que les sacrifices répétés de l'ancienne alliance ne pouvaient accomplir définitivement.

De même, Hébreux 8:13 parle de la première alliance devenue ancienne. Ce passage n'affirme pas que toutes les Écritures ou toute exigence de justice ont disparu.

Voilà pourquoi il est nécessaire d'étudier la Parole dans son contexte, afin de comprendre chaque commandement, son objectif et son accomplissement à la lumière de Yeshoua.

La foi n'autorise donc pas à rejeter les Écritures. Elle nous conduit à comprendre la volonté de Dieu à la lumière de la nouvelle alliance.

5Yeshoua enseigne une justice supérieure

📖 Lecture : Matthieu 5:17-48

Yeshoua déclare dans Matthieu 5:17 qu'il n'est pas venu abolir la loi ou les prophètes, mais les accomplir.

Il explique ensuite que la justice de ses disciples doit surpasser celle des scribes et des pharisiens.

Pour illustrer cette justice, il donne plusieurs exemples.

Il ne suffit pas de ne pas commettre de meurtre : il faut également combattre la colère injuste, le mépris et rechercher la réconciliation.

Il ne suffit pas d'éviter l'adultère : il faut aussi veiller sur les intentions du cœur.

Il ne suffit pas d'aimer ceux qui nous aiment : il faut apprendre à aimer même nos ennemis.

Yeshoua montre ainsi que la justice véritable ne se limite pas à une conformité extérieure aux commandements. Elle touche également nos pensées, nos intentions et notre manière de traiter les autres.

Cette transformation intérieure avait déjà été annoncée dans les Écritures.

Dans Ézéchiel 36:26-27, Dieu promet de donner un cœur nouveau et son Esprit afin de conduire son peuple à marcher selon sa volonté.

Dans Jérémie 31:33, il annonce également qu'il écrira sa loi dans les cœurs.

Ces promesses montrent que l'action de l'Esprit ne consiste pas à autoriser la désobéissance, mais à renouveler intérieurement celui qui croit.

Paul le confirme dans Romains 8:3-4, lorsqu'il explique que ce que la loi ne pouvait accomplir à cause de la faiblesse humaine, Dieu l'a accompli en envoyant son Fils, afin que la juste exigence de la loi soit accomplie en ceux qui marchent selon l'Esprit.

Marcher selon l'Esprit ne signifie donc pas vivre sans obéissance, mais apprendre à pratiquer la justice avec un cœur transformé par Dieu.

6Observer les commandements sans oublier la miséricorde

📖 Lecture : Matthieu 12:9-12 et Matthieu 23:23

Prenons un exemple concret qui peut se produire dans une assemblée.

Des croyants souhaitent honorer Dieu en observant le Shabbat. Leur démarche peut être sincère et motivée par le désir de respecter ses commandements.

Mais imaginons qu'un frère ou une sœur traverse une grande difficulté ce jour-là et ait réellement besoin d'aide.

Ces croyants pourraient lui porter secours, mais ils préfèrent ne pas intervenir afin de préserver leur journée de repos.

Ils poursuivent tranquillement leur observance religieuse, tandis que leur frère demeure dans la détresse.

Peut-on prétendre honorer Dieu tout en négligeant volontairement une personne que nous pourrions secourir ?

Yeshoua répond précisément à ce genre de situation dans Matthieu 12:11-12.

Il demande lequel d'entre eux ne retirerait pas une brebis tombée dans une fosse le jour du Shabbat. Puis il rappelle qu'un être humain vaut beaucoup plus qu'une brebis et conclut qu'il est permis de faire le bien ce jour-là.

Yeshoua guérit l'homme à la main sèche un jour de Shabbat (Matthieu 12:9-13) — James Tissot (domaine public)

Yeshoua ne présente donc pas la miséricorde comme une transgression de la volonté de Dieu.

Il montre au contraire qu'une interprétation religieuse ne doit pas empêcher de faire le bien.

Dans Matthieu 23:23, il reproche également à certains responsables religieux d'observer minutieusement certaines prescriptions tout en négligeant ce qui est le plus important dans la loi : la justice, la miséricorde et la fidélité.

Il ne leur demande pas simplement de rejeter toute observance, mais de ne pas négliger l'essentiel.

Cette vérité apparaît également dans la parabole du bon Samaritain, rapportée dans Luc 10:25-37.

Un docteur de la loi interroge Yeshoua sur la vie éternelle. Yeshoua lui demande ce qui est écrit dans la loi et comment il le comprend.

L'homme répond qu'il faut aimer Dieu de tout son être et son prochain comme soi-même.

Puis Yeshoua raconte l'histoire d'un voyageur laissé en détresse sur le chemin.

Un sacrificateur passe sans lui porter secours. Un Lévite fait de même. Mais un Samaritain, ému de compassion, s'arrête et prend soin de lui.

Le bon Samaritain — Vincent van Gogh, 1890 (domaine public)

Le texte ne précise pas les raisons pour lesquelles les deux premiers n'ont pas aidé. Il ne faut donc pas leur attribuer des intentions qui ne sont pas mentionnées.

Cependant, l'enseignement est clair : c'est celui qui exerce véritablement la miséricorde qui manifeste l'amour du prochain.

Connaître les commandements ne suffit pas si nous négligeons l'amour qu'ils nous enseignent.

Dans Romains 13:10, Paul affirme que l'amour est l'accomplissement de la loi.

Cela ne signifie pas que l'amour autorise la désobéissance. Au contraire, l'amour véritable nous conduit à rechercher ce qui est juste devant Dieu et envers notre prochain.

Il faut toutefois distinguer le manque de miséricorde de la justification par les œuvres. Une personne peut pratiquer un légalisme rigide sans nécessairement chercher consciemment à mériter son salut.

Ces deux erreurs peuvent être liées, mais elles ne sont pas identiques.

7Le Saint-Esprit rend-il les Écritures inutiles ?

📖 Lecture : Actes 17:11 et 2 Timothée 3:14-17

Lorsque Paul écrivait aux Corinthiens, le Nouveau Testament n'existait pas encore sous la forme du recueil complet que nous possédons aujourd'hui.

Les Écritures utilisées par Yeshoua et les apôtres étaient principalement la Torah, les Prophètes et les autres écrits d'Israël.

Pourtant, Yeshoua lui-même s'appuyait constamment sur ces Écritures pour enseigner.

Lorsqu'il fut tenté dans le désert, il répondit par ce qui était écrit.

Après sa résurrection, selon Luc 24:44-47, il expliqua à ses disciples ce qui le concernait dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.

Les apôtres continuaient eux aussi à utiliser les Écritures pour annoncer le Messie.

Dans Actes 17:11, les croyants de Bérée examinaient chaque jour les Écritures pour vérifier si l'enseignement de Paul était exact.

Ils ne se contentaient pas d'accepter ses paroles sans discernement. Ils vérifiaient son enseignement à la lumière des textes bibliques.

Et leur attitude est présentée favorablement.

Dans 2 Timothée 3:15-17, Paul rappelle que les saintes Écritures conduisent à la sagesse du salut par la foi en Yeshoua et qu'elles sont utiles pour enseigner, convaincre, corriger et instruire dans la justice.

Remarquons bien ces mots : « enseigner, convaincre, corriger et instruire ».

Les Écritures ne servent donc pas uniquement à nous encourager. Elles servent également à nous reprendre lorsque nous nous trompons.

Si posséder le Saint-Esprit signifiait qu'il n'était plus nécessaire d'écouter les Écritures, pourquoi Paul affirmerait-il qu'elles sont indispensables à la formation du croyant ?

Il serait contradictoire d'utiliser une phrase de Paul pour rejeter l'autorité des enseignements qu'il reconnaît lui-même comme inspirés et utiles.

8L'avertissement de Pierre contre ceux qui déforment les Écritures

📖 Lecture : 2 Pierre 3:15-18

L'apôtre Pierre adresse un avertissement particulièrement important concernant les écrits de Paul.

Dans 2 Pierre 3:15-16, il reconnaît la sagesse donnée à Paul, mais précise que certaines choses dans ses lettres sont difficiles à comprendre.

Il avertit ensuite que des personnes ignorantes et mal affermies en déforment le sens, comme elles le font pour les autres Écritures, pour leur propre ruine.

Cet avertissement doit nous faire réfléchir.

Une parole peut être authentiquement biblique et pourtant être utilisée de manière incorrecte lorsqu'elle est détachée de son contexte.

C'est précisément le danger lorsque quelqu'un utilise « la lettre tue » pour rejeter systématiquement les commandements ou refuser une correction biblique.

Paul n'a jamais enseigné que les Écritures étaient devenues inutiles.

Au contraire, il s'appuyait constamment sur elles et encourageait les croyants à les comprendre.

Utiliser ses paroles pour affirmer le contraire revient à détourner son enseignement.

Dans 1 Corinthiens 4:6, Paul rappelle également, dans son enseignement contre l'orgueil et les divisions, qu'il ne faut pas aller au-delà de ce qui est écrit.

Il ne faut donc pas transformer nos interprétations personnelles en vérités absolues.

Le problème n'est pas qu'on nous rappelle ce qui est écrit. Le problème commence lorsque nous refusons d'examiner les Écritures parce qu'elles remettent en question nos convictions.

9Pourquoi Paul donnait-il des commandements aux croyants qui avaient déjà l'Esprit ?

📖 Lecture : 1 Corinthiens 14:37

Voici une question particulièrement importante.

C'est le même Paul qui déclare que « la lettre tue » et qui donne ensuite de nombreuses instructions aux assemblées.

Paul écrivant ses lettres — Valentin de Boulogne, XVIIe siècle (domaine public)

Dans Éphésiens 4:25-32, il demande aux croyants de renoncer au mensonge, de ne pas voler, de maîtriser leur colère, de parler pour édifier les autres et de se pardonner mutuellement.

Dans 1 Thessaloniciens 4:3-8, il leur enseigne la sanctification.

Dans 1 Corinthiens 14, il donne des instructions concernant l'ordre dans les assemblées.

Et au verset 37, il affirme que celui qui se croit prophète ou spirituel doit reconnaître que ce qu'il écrit est un commandement du Seigneur.

Cette déclaration est remarquable.

Paul s'adresse à des croyants qui connaissent les dons spirituels et qui parlent de prophétie et de manifestations de l'Esprit.

Pourtant, il leur demande de reconnaître l'autorité de ses instructions écrites.

Si « la lettre tue » signifiait que les croyants n'ont plus besoin d'obéir aux enseignements écrits, pourquoi Paul demanderait-il précisément aux personnes spirituelles de respecter les commandements qu'il leur transmet ?

Ce serait utiliser les paroles de Paul contre ses propres enseignements.

La contradiction disparaît lorsque nous comprenons correctement 2 Corinthiens 3:6.

Paul ne rejette pas les Écritures. Il explique que la loi écrite ne peut donner la vie au pécheur, tandis que Dieu donne cette vie dans la nouvelle alliance par son Esprit.

Cela n'annule pas la nécessité d'écouter et de pratiquer les enseignements de Dieu.

10Être guidé par l'Esprit signifie-t-il pouvoir inventer ses propres doctrines ?

📖 Lecture : Jean 16:13, 1 Jean 4:1 et Éphésiens 4:11-14

Certains déclarent : « Je suis guidé par le Saint-Esprit, donc je n'ai pas besoin que quelqu'un m'enseigne. »

Mais imaginons que plusieurs personnes affirment posséder l'Esprit tout en enseignant des doctrines contradictoires.

L'une affirme qu'un comportement est un péché. L'autre prétend qu'il ne l'est pas. Une troisième enseigne encore autre chose.

Et lorsque quelqu'un demande de vérifier les Écritures, chacun répond : « Le Saint-Esprit m'a montré que j'ai raison. »

Comment discerner alors la vérité ?

Nous aboutissons à une cacophonie où chaque conviction personnelle risque de devenir une doctrine présentée comme venant de Dieu.

Pourtant, dans Jean 16:13, Yeshoua annonce que l'Esprit de vérité conduira ses disciples dans toute la vérité.

Dans Jean 14:26, il annonce également que le Saint-Esprit enseignera ses disciples et leur rappellera ses paroles.

L'Esprit ne vient donc pas établir une doctrine opposée à l'enseignement du Messie.

Dans 1 Jean 4:1, l'apôtre Jean demande aux croyants de ne pas croire tout esprit, mais d'éprouver les esprits pour savoir s'ils viennent de Dieu.

Pourquoi donner cet avertissement si toute personne affirmant posséder le Saint-Esprit devait être crue sans examen ?

D'ailleurs, dans Éphésiens 4:11-14, Paul explique que le Messie a donné des enseignants à son assemblée pour former les croyants, les conduire vers la maturité et les protéger des fausses doctrines.

Pourquoi établir des enseignants si chaque croyant pouvait refuser toute instruction au nom de sa liberté spirituelle ?

Cela ne signifie pas que les enseignants sont infaillibles. Leurs enseignements doivent eux aussi être examinés à la lumière des Écritures.

Mais cela démontre que le Saint-Esprit n'a jamais été donné pour supprimer l'enseignement, la correction et le discernement.

Être guidé par l'Esprit ne signifie pas que nous n'avons plus rien à apprendre. Cela signifie que Dieu nous conduit à comprendre la vérité et à la mettre en pratique.

11La véritable liberté en Yeshoua

📖 Lecture : Galates 5:13-25 et Romains 6:15-18

Une autre expression souvent utilisée est : « Je suis libre en Christ ! »

Mais de quelle liberté parlons-nous ?

S'agit-il de la liberté de mentir, de pratiquer l'injustice, de mépriser son prochain ou de rejeter les commandements de Dieu ?

Certainement pas.

Dans Galates 5:13, Paul avertit que notre liberté ne doit pas devenir un prétexte pour vivre selon la chair.

Il appelle au contraire les croyants à se mettre au service les uns des autres par l'amour.

Dans Romains 6:18, il explique que ceux qui ont été libérés du péché sont devenus serviteurs de la justice.

Et dans 1 Corinthiens 9:21, il précise qu'il n'est pas sans loi à l'égard de Dieu, mais qu'il demeure sous la loi du Messie.

La liberté en Yeshoua ne signifie donc pas l'absence de toute responsabilité.

Nous ne sommes pas délivrés de l'esclavage du péché pour devenir esclaves de nos propres désirs.

Nous sommes libérés pour apprendre à servir Dieu et notre prochain.

Cela ne signifie pas que nous sommes devenus parfaits ou incapables de pécher.

Dans 1 Jean 2:1, l'apôtre rappelle que si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père : Yeshoua le juste.

La grâce nous permet de revenir à Dieu, de nous repentir et de continuer à grandir dans la foi.

Mais elle n'est jamais présentée comme une autorisation de pratiquer volontairement le mal.

La véritable liberté ne consiste pas à faire tout ce que nous voulons, mais à pouvoir marcher dans la justice, l'amour et la vérité grâce à l'Esprit de Dieu.

12Conclusion : ne faisons plus de « la lettre tue » un joker contre les Écritures

Lorsque Paul déclare que « la lettre tue, mais l'Esprit vivifie », il n'enseigne pas que lire les Écritures, les étudier ou leur obéir conduit à la mort.

Il oppose le ministère de la condamnation, qui révèle le péché sans pouvoir sauver, au ministère de l'Esprit, qui donne la justice et la vie grâce à l'œuvre de Yeshoua.

Nous ne sommes pas justifiés par les œuvres de la loi, mais par la grâce de Dieu, au moyen de la foi.

Cependant, cette justification ne transforme pas la désobéissance en liberté.

L'Esprit nous conduit à rechercher la volonté de Dieu, à pratiquer la justice, à aimer notre prochain et à marcher dans la vérité.

Nous devons donc éviter deux erreurs opposées.

La première consiste à observer extérieurement certains commandements tout en négligeant l'amour, la miséricorde et la justice, comme celui qui refuse de secourir son frère au nom d'une pratique religieuse.

La seconde consiste à prétendre posséder le Saint-Esprit pour rejeter les Écritures, refuser les corrections et vivre selon ses propres désirs.

L'une risque de négliger l'amour au nom de l'observance. L'autre risque de rejeter l'obéissance au nom de la liberté.

Or, l'Esprit de Dieu ne nous conduit ni dans un légalisme dépourvu de compassion, ni dans une liberté sans justice.

Il nous transforme pour que notre foi agisse par l'amour, comme Paul l'enseigne dans Galates 5:6.

Voilà pourquoi nous ne devons jamais utiliser « la lettre tue » comme un joker pour écarter un passage biblique qui nous dérange.

Lorsqu'un commandement nous est rappelé, lorsque notre conduite est remise en question ou lorsqu'une doctrine est examinée, notre première réaction ne devrait pas être de chercher une excuse pour éviter la correction.

Nous devrions plutôt examiner les Écritures afin de vérifier si ce qui nous est enseigné est vrai.

Car il existe une grande différence entre refuser une mauvaise interprétation biblique et refuser simplement un enseignement parce qu'il nous dérange.

La loi ne peut nous donner la vie, mais cela ne rend pas les Écritures inutiles. L'Esprit nous donne la vie, mais cela ne nous autorise pas à mépriser la Parole de Dieu.

Le Saint-Esprit n'a pas été donné pour nous éloigner de la vérité, mais pour nous y conduire.

Et cette vérité nous appelle à aimer Dieu, à aimer notre prochain, à pratiquer la justice et à marcher dans l'obéissance avec un cœur renouvelé.

Terminons avec cette exhortation de Paul :

📖 Galates 5:25

Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit.

Fr Ludovic