Introduction
J'ai déjà abordé le sujet de la volonté de Dieu, mais sans parler de ce que cela implique de faire Sa volonté plutôt que la nôtre.
Si j'écris ceci, c'est parce que je vois souvent, dans des vidéos dites « chrétiennes », des gens souriants, rayonnants, pleins de vie et d'énergie. Et je ne peux pas m'empêcher de me comparer à eux et de me demander : « Pourquoi suis-je différent ? Est-ce moi qui ai un problème, ou eux ? »
Être disciple de Yeshoua (Jésus) rendrait-il heureux sur cette terre, ici et maintenant, comme l'affirment certains prédicateurs ?
Si vous voyez un « chrétien » partir au travail en sifflotant, ou un « chrétien » ravi de son sort et content de la vie qu'il mène, soyez absolument certain d'une chose : ce chrétien n'est pas encore arrivé à maturité. Il lui manque encore beaucoup de sagesse et de connaissance, comme le dit l'Ecclésiaste. Il pense servir Dieu entièrement et faire pleinement Sa volonté ; il croit, peut-être sincèrement, marcher sur le chemin étroit. Mais ce n'est pas (encore) le cas. Clairement pas.
Servir Dieu rend-il heureux ici et maintenant ?
C'est ce qu'affirment certains pasteurs.
Or la Parole enseigne exactement l'inverse ! Ceux qui servent l'Éternel ne ressemblent pas du tout au « chrétien » épanoui, comblé et débordant de joie :
Vous avez dit: C'est en vain que l'on sert Dieu; Qu'avons-nous gagné à observer ses préceptes, Et à marcher avec tristesse À cause de l'Éternel des armées? 15 Maintenant nous estimons heureux les hautains; Oui, les méchants prospèrent; Oui, ils tentent Dieu, et ils échappent! 16 Alors ceux qui craignent l'Éternel se parlèrent l'un à l'autre; L'Éternel fut attentif, et il écouta; Et un livre de souvenir fut écrit devant lui Pour ceux qui craignent l'Éternel Et qui honorent son nom. 17 Ils seront à moi, dit l'Éternel des armées, Ils m'appartiendront, au jour que je prépare; J'aurai compassion d'eux, Comme un homme a compassion de son fils qui le sert. 18 Et vous verrez de nouveau la différence Entre le juste et le méchant, Entre celui qui sert Dieu Et celui qui ne le sert pas.
Et comment en serait-il autrement, quand tout votre être veut aller à gauche et que votre esprit veut aller à droite ? Comment être heureux quand vous luttez chaque jour contre votre propre chair, justement pour faire la volonté de Dieu et non la vôtre ?
Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang, en luttant contre le péché.
Comment « s'épanouir » dans ce monde qui nous est étranger, quand la volonté de Dieu n'est pas que vous vous épanouissiez, mais que vous fassiez mourir ce qui est terrestre en vous ?
Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir; 9 persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus; 10 portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. [...] C'est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour.
Être disciple de Yeshoua n'apporte pas le bonheur, du moins pas ici et maintenant.
Être disciple de Yeshoua, c'est s'exposer aux frustrations, aux humiliations, aux contraintes.
Être disciple de Yeshoua, c'est — sans jeu de mots — faire une croix sur les plaisirs des sens.
Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive.
Yeshoua annonce clairement ce qui nous attend si nous Le suivons, et Il ne nous promet PAS le bonheur dans cette vie. En Le suivant, nous allons au-devant de difficultés, et nous devons nous y préparer :
Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. 28 Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer, 29 de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse l'achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, 30 en disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever?
Paul décrit ce combat intérieur que le chrétien vit chaque jour dans sa chair :
Je trouve donc en moi cette loi: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. 22 Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur; 23 mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. 24 Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?... 25 Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur!... Ainsi donc, moi-même, je suis par l'entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché.
Si vous ne vivez pas ce combat intérieur tel que Paul le décrit, c'est que vous vivez sur une autre planète… ou, plus probablement, que votre foi « chrétienne » s'arrête là où commencent les désirs de votre chair, c'est-à-dire très vite.
Grandir dans la foi
Pendant nos premières années de foi, comme de petits nourrissons, nous sommes dispensés — pour ne pas dire protégés — d'une compréhension profonde des choses de Dieu. Nous sommes tout heureux de notre foi toute neuve, nous passons joyeusement d'une découverte à l'autre, insouciants et innocents, tout à notre amour naissant pour Dieu.
À ce stade, nous sommes encore des nouveau-nés, et peu de chose nous suffit.
Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d'une nourriture solide. 13 Or, quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice; car il est un enfant. 14 Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.
désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, 3 si vous avez goûté que le Seigneur est bon.
Et à vrai dire, à ce stade, Dieu aussi se contente de peu : Il ne nous demande pas de grands sacrifices ni de grandes preuves de foi.
Ensuite, notre foi doit grandir et mûrir. Cela ne se fait pas d'un coup :
J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.
C'est seulement plus tard, quand nous commençons à grandir dans les choses de Dieu, que nous commençons aussi à souffrir.
Le sage ne le dit-il pas dans ses écrits ?
J'ai dit en mon coeur: Voici, j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon coeur a vu beaucoup de sagesse et de science. 17 J'ai appliqué mon coeur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi c'est la poursuite du vent. 18 Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.
Les apôtres nous appellent à devenir des adultes, des « hommes faits », capables de discerner le bien et le mal et de recevoir une nourriture solide, et non plus le lait des nourrissons :
Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement; mais pour la malice, soyez enfants, et, à l'égard du jugement, soyez des hommes faits.
Hébreux 5:14
Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.
C'est la nourriture spirituelle qui distingue le nourrisson de l'adulte : l'un, encore faible et fragile, ne supporte que le lait, tandis que l'autre, plus fort et plus avancé, peut assimiler une nourriture solide.
Faire la volonté de Dieu
Ne devons-nous pas imiter notre Maître et Sauveur ? Yeshoua était-Il un nourrisson ou un homme fait ? Buvait-Il du lait ou mangeait-Il une nourriture solide ? Et quelle était cette nourriture ?
Jésus leur dit: Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre.
À votre avis, faire la volonté de Dieu, est-ce du lait, ou une nourriture solide ?
Quelle prière Yeshoua a-t-Il enseignée à Ses disciples ?
Voici donc comment vous devez prier: Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié; 10 que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. 11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien; 12 pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; 13 ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen!
Et comment notre Maître priait-Il ?
Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
disant: Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.
C'est justement cette nourriture solide, destinée aux « hommes faits », que nous avons parfois du mal à « digérer », au sens propre comme au figuré, et qui nous donne du fil à retordre.
Il est facile de vivre sa foi et de chanter « alléluia » quand la volonté de Dieu rejoint la nôtre. Mais qu'en est-il quand notre volonté est contrariée ?
Acceptons-nous de bon cœur que notre volonté soit mise de côté ? Chantons-nous des louanges quand le banquier nous relance pour un impayé ? Gardons-nous la paix quand le voisin nie farouchement avoir rayé notre voiture, alors que nous savons très bien que c'est lui ? Et qui va payer les réparations ?
Le prix de l'esclavage
Notre façon de parler, nos pensées, nos paroles et nos actes appartiennent désormais à Dieu.
Notre corps ne nous appartient plus, et nous ne pouvons plus faire ce que nous voulons de nos membres, dès lors que nous disons servir Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force.
Et c'est cela qui peut être pénible et lourd à porter. J'entends déjà l'objection : Yeshoua a pourtant dit que Son joug est doux :
Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.
Pourtant, ceux à qui Pierre écrivait ne semblaient pas particulièrement se réjouir du joug de Yeshoua :
Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d'une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. 13 Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l'allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. 14 Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous. 15 Que nul de vous, en effet, ne souffre comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme s'ingérant dans les affaires d'autrui. 16 Mais si quelqu'un souffre comme chrétien, qu'il n'en ait point honte, et que plutôt il glorifie Dieu à cause de ce nom. 17 Car c'est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c'est par nous qu'il commence, quelle sera la fin de ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de Dieu? 18 Et si le juste se sauve avec peine, que deviendront l'impie et le pécheur? 19 Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leurs âmes au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien.
Les Philippiens non plus ne devaient pas être si heureux de porter ce joug, puisque Paul se sent obligé, à trois reprises, de leur demander de se réjouir…
Vous aussi, réjouissez-vous de même, et réjouissez-vous avec moi.
Au reste, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur. Je ne me lasse point de vous écrire les mêmes choses, et pour vous cela est salutaire.
Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous.
Ne me faites donc pas croire qu'un vrai chrétien se lève chaque matin le sourire aux lèvres !
Le bonheur des disciples de Yeshoua sera une réalité concrète dans le monde à venir, pas dans celui-ci.
Et cela ne date pas d'hier ! Nous avons vu que les contemporains de Malachie ne semblaient pas non plus enthousiasmés par leur vie de disciples :
Vous avez dit: C'est en vain que l'on sert Dieu; Qu'avons-nous gagné à observer ses préceptes, Et à marcher avec tristesse À cause de l'Éternel des armées?
Le psalmiste aussi se demande pourquoi il souffre :
Je dis à Dieu, mon rocher: Pourquoi m'oublies-tu? Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse, Sous l'oppression de l'ennemi?
« Pour répondre à la question du psalmiste, il faut comprendre ce qu'est la persévérance… »
Je ne peux pas croire qu'un « chrétien » prenne « plaisir » à se réveiller chaque matin dans un monde qui appartient non pas à Dieu mais à Satan ! Je ne peux pas croire qu'un « chrétien » combatte chaque jour sa propre chair et y trouve du plaisir ! À moins d'avoir l'esprit tordu, ou d'être un « chrétien » tout juste né, qui balbutie encore :
Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.
Je terminerai sur une note d'espérance, avec une pensée qui m'a marqué, partagée par Steve Moutria (de Torah Family), un frère nazaréen américain que j'apprécie beaucoup :
« Ce monde est le seul paradis que les athées connaîtront,
et le seul enfer que les disciples de Yeshoua connaîtront. »
