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Réponse aux Juifs : une naissance miraculeuse ?

Enseignement intermédiaire

⏱ 13 min de lecture · 5 parties

1Introduction

Enseignement de viadei.fr, partagé ici pour les croyants avec l'accord de son auteur, notre frère Thierry. Merci à lui de mettre ce travail au service de la gloire de Dieu.

Si les Juifs refusent catégoriquement l'idée même que Yeshoua puisse être le Messie, c'est à cause d'un profond malentendu : Juifs et chrétiens ne se font pas du tout la même idée du Messie.

Pour comprendre ce qui pousse les Juifs à Le rejeter, il faut avoir regardé bon nombre de vidéos qui contestent que Yeshoua soit le Messie, comme celles de JPLT (« Juifs pour la Torah ») ou de « Jews for Judaism ».

Cet enseignement reprend les arguments que les Juifs eux-mêmes présentent dans les vidéos de la chaîne YouTube « Jews for Judaism ».

Commençons par le sens du mot « messie ». En hébreu, il se dit « משיח » (« mashia'h »), ce qui veut dire « oint (d'huile) ».

2Qu'est-ce que le « messie » ?

Pour les Juifs, la mission principale du Messie est d'enseigner la Torah au monde et d'établir le royaume de Dieu sur la terre. Leur argument : « Si les chrétiens rejettent la loi de Dieu et tiennent la Torah pour dépassée, que restera-t-il à enseigner à l'humanité ? Rien. Nulle part la Bible ne laisse entendre, de quelque façon que ce soit, que le Messie abolira la loi. »

Et c'est exact. Bien au contraire : la Torah est éternelle, et le Messie conduira toute l'humanité à la pratiquer.

📖 Ezéchiel 44:23-24

Ils [les sacrificateurs] enseigneront à mon peuple à distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ils lui feront connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur. Ils seront juges dans les contestations, et ils jugeront d'après mes lois. Ils observeront aussi mes lois et mes ordonnances dans toutes mes fêtes, et ils sanctifieront mes sabbats.

Si le rôle du sacrificateur est d'enseigner la loi, combien plus celui du « chef des sacrificateurs », le souverain sacrificateur !

3Pourquoi les Juifs rejettent-ils Yeshoua ?

Les Juifs rejettent Yeshoua pour bien des raisons, mais la première, celle qui les heurte le plus, c'est qu'aucune prophétie n'aurait jamais annoncé une naissance « miraculeuse » ou « virginale ». Pour eux, « l'idée même que Dieu irait planter une semence dans une femme est non nécessaire et non naturelle et n'est pas dans le Tanakh. » (Ces mots ne sont pas les miens : ce sont ceux qu'emploient les Juifs eux-mêmes dans plusieurs vidéos de cette chaîne.)

Selon les Juifs, la traduction d'Ésaïe 7:14 est frauduleuse. Et ils ont raison.

📖 Esaïe 7:14

C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.

Le texte ne parle pas d'une vierge (« betoula ») mais d'une jeune fille (« alma ») qui deviendra enceinte. Voilà le signe. Les Juifs ont raison… sur le papier.

4Les prophéties à la loupe

Pourtant, ces mêmes Juifs, capables de commenter, de débattre et de discuter pendant des pages sur la raison d'être d'un simple yod dans les Écritures, ne se sont jamais posé cette question : « En quoi le fait qu'une jeune fille tombe enceinte serait-il un signe de Dieu ? »

« Car si rendre une jeune fille enceinte est un signe, alors n'importe qui peut le donner ! Le premier homme venu en est capable ! Nul besoin d'être Elohim, le Dieu vivant, ni le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ! »

Le signe annoncé en Ésaïe 7:14 contient donc forcément quelque chose de caché, de miraculeux, d'extraordinaire. C'est bien ainsi que l'avaient compris et rendu les traducteurs de la Septante :

« Esaïe 7:14 (Septante)
διὰ τοῦτο δώσει κύριος αὐτὸς ὑμῖν σημεῖον· ἰδοὺ ἡ παρθένος ἐν γαστρὶ ἕξει καὶ τέξεται υἱόν, καὶ καλέσεις τὸ ὄνομα αὐτοῦ Εμμανουηλ·
C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe. Voilà que la Vierge concevra dans son sein, et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom d'Emmanuel. »

Reconnaissons cependant aux Juifs leur fidélité au texte hébreu, qui parle bien d'une jeune fille, « עַלְמָה » (« alma », Strong H5959), et non d'une vierge, « בְּתוּלָה » (« betoula », Strong H1330).

Mais déjà, on voit que l'argument selon lequel aucune prophétie n'aurait jamais annoncé, d'une manière ou d'une autre, une naissance « miraculeuse » ou « virginale » commence à vaciller…

5Ésaïe 53 au microscope

Les rabbins s'indignent — avec raison — de ce que les chrétiens, dès qu'ils voient les mots « Machia'h », « oint » ou « Fils de l'homme », ont la très mauvaise habitude d'appliquer aussitôt le verset à Yeshoua. Le mot « oint » ne désigne pas seulement LE Messie : d'autres personnages bibliques sont aussi appelés « oint » dans les Écritures, comme Saül, Cyrus ou David…

Or les « sages » d'Israël ont exactement le même défaut : dès qu'une prophétie parle d'un « serviteur », ils en concluent qu'il ne peut s'agir que du peuple d'Israël. Israël est parfois appelé « serviteur », c'est vrai, mais d'autres aussi, comme Zorobabel. Et ce raisonnement peut mener jusqu'à l'absurde !

C'est en effet Ésaïe 52 qui introduit le personnage décrit en Ésaïe 53 :

📖 Esaïe 52:13

Voici, mon serviteur prospérera; Il montera, il s'élèvera, il s'élèvera bien haut.

Pour les Juifs, l'affaire est donc réglée : Ésaïe 52 et 53 décrivent le peuple d'Israël, et il n'y est question d'aucun messie.
Mais si c'est bien le peuple d'Israël, et non un messie, comment expliquer que ce serviteur meure ? Comment expliquer qu'il s'offre en sacrifice pour ses propres péchés (ce qui n'a aucun sens) et pour les péchés des autres (une idée tout simplement impensable pour les « sages d'Israël ») ?

« Esaïe 53:4 (Traduction Zadoc Kahn - Grand rabbinat français)
4 Et pourtant ce sont nos maladies dont il était chargé, nos souffrances qu'il portait, alors que nous, nous le prenions pour un malheureux atteint, frappé par Dieu, humilié.
5 Et c'est pour nos péchés qu'il a été meurtri, par nos iniquités qu'il a été écrasé; le châtiment, gage de notre salut, pesait sur lui, et c'est sa blessure qui nous a valu la guérison.
6 Nous étions tous comme des brebis errantes, chacun se dirigeant de son côté, et Dieu a fait retomber sur lui notre crime à tous.
10 Mais Dieu a résolu de le briser, de l'accabler de maladies, voulant que, s'il s'offrait lui-même comme sacrifice expiatoire, il vît une postérité destinée à vivre de longs jours, et que l'œuvre de l'Eternel prospérât dans sa main.
12 C'est pourquoi je lui donnerai son lot parmi les grands; avec les puissants il partagera le butin, parce qu'il s'est livré lui-même à la mort et s'est laissé confondre avec les malfaiteurs, lui, qui n'a fait que porter le péché d'un grand nombre et qui a intercédé en faveur des coupables. »

J'ai cité exprès la traduction de Zadoc Kahn, pour faire ressortir les incohérences de ceux qui affirment qu'Ésaïe 53 parle du peuple d'Israël.

« Si c'était vraiment Israël, il serait tout simplement juste qu'Israël porte les maladies, les souffrances et les iniquités d'Israël. »

Or Ésaïe 53 montre clairement que ce serviteur ne méritait pas le châtiment qu'il subit : il le reçoit à la place des vrais coupables.

Le texte dit que « nous le prenions pour un malheureux frappé et humilié par Dieu » : il s'agit donc bien d'une autre personne, distincte du peuple d'Israël.

De plus, le verset 12 dit que le serviteur est mort. Or Israël n'est jamais mort : il a été exilé, dispersé, persécuté, mais il n'est jamais mort !

Pourtant, tous ces arguments logiques, qui suffisent déjà à ébranler la certitude de nos amis juifs qu'Ésaïe 53 parle d'Israël, ne sont que des détails si l'on regarde le texte encore de plus près…

📖 Esaïe 53:1

Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l' Éternel?

On passe souvent vite sur ce verset pour aller au cœur de la prophétie. Il ressemble à une simple phrase d'introduction (ou de transition, si l'on considère que la vraie introduction est la fin du chapitre 52), qui ne nous apprendrait rien à première vue. Pourtant, il dit bien plus qu'il n'y paraît…

Lisons-le dans la version de Zadoc Kahn :

« Esaïe 53:1 (Zadoc Kahn)
Qui a ajouté foi à l'annonce qui nous a été faite? Et à qui s'est révélé le bras de Dieu? »

Les choses s'éclairent un peu. Ce verset contient deux questions.

La première question contient l'idée de « croire », « אָמַן » (même racine que « amen » et « émouna », voir Strong H539), et l'idée d'« annonce », « שְׁמוּעָה » (rumeur, nouvelle, voir Strong H8052).

Vous voyez ce qui est en train d'être dit ?
Ésaïe écrit littéralement : « Qui a cru à notre évangile ? »

C'est exactement ce que dit Paul :

📖 Romains 10:16

Mais tous n'ont pas obéi à la bonne nouvelle. Aussi Ésaïe dit- il: Seigneur, Qui a cru à notre prédication?

En effet, le mot « évangile » ne veut pas dire « bonne nouvelle », mais simplement « nouvelle ». Le mot « bonne » a été ajouté pour souligner le côté positif du message, mais il n'est pas justifié. Consultez le Strong G2098 pour le vérifier.

Tradition, traduction et trahison

Un vieux dicton dit que « traduire, c'est trahir »…

Passons maintenant à la deuxième partie du verset, la deuxième question :
« À qui s'est révélé le bras de Dieu ? »

Pour quelqu'un qui n'est pas juif, rien n'apparaît ici. Mais un Juif, ou quiconque lit l'hébreu, doit faire — volontairement — un choix de vocabulaire.

Comme vous le savez peut-être, l'hébreu s'écrit avec les seules consonnes : les voyelles (les « nikoud ») sont facultatives. Imaginez qu'en français on n'écrive que les consonnes : le mot « PLC » pourrait alors se lire, au choix, « police », « palace », « place », « placé » ou même « plouc ». C'est le contexte qui permet au lecteur de trouver le bon sens. Si quelqu'un vous dit qu'il a dormi au Hilton et que c'était un vrai PLC, vous comprendrez sans peine ce qu'il veut dire !

Revenons à la deuxième partie d'Ésaïe 53:1 :
« À qui s'est révélé le bras de Dieu ? »

En hébreu, nous avons : מִ֥י הֶאֱמִ֖ין לִשְׁמֻעָתֵ֑נוּ וּזְרֹ֥ועַ יְהוָ֖ה עַל־מִ֥י נִגְלָֽתָה׃

« Mais les voyelles sont bien là, on voit les nikoud ! » Oui et non. En réalité, les nikoud ont été ajoutés par les massorètes, qui ont fixé arbitrairement, à tort ou à raison, les voyelles de chaque mot du texte biblique.

Le texte original du prophète Ésaïe ne contenait donc pas la moindre voyelle, pas le moindre nikoud :

Ésaïe 53:1 — rouleau original d'Ésaïe, Musée d'Israël, Jérusalem

Ce sont les massorètes qui, aux IXe et Xe siècles (bien après Yeshoua), ont décidé de placer telle ou telle voyelle dans tel ou tel mot.

« Et alors, quel rapport ? » me direz-vous.

En Ésaïe 53:1, le prophète a écrit en hébreu ce mot sans nikoud : זרוע
Avec les nikoud « זְרוֹעַ » (Strong H2220), ce mot se lit « zeroa » et signifie « bras ».
Avec les nikoud « זֵרוּעַ » (Strong H2221), le même mot se lit « zeroua » et signifie « semence ».

Si l'on tient compte de cette possibilité, au lieu de

« Esaïe 53:1 (Traduction Zadoc Kahn)
Qui a ajouté foi à l'annonce qui nous a été faite? Et à qui s'est révélé le bras de Dieu? »

on pourrait lire, avec autant de force et de vérité :

📖 Esaïe 53:1

Qui a cru à notre évangile? Et à qui la semence de Dieu a-t-elle été révélée?

Rien, absolument rien, ne permet d'affirmer qu'il s'agit d'un bras plutôt que d'une semence. Bien au contraire !
Regardez en effet le contexte de ce mot : que disent les versets suivants ?

« Esaïe 53:2 (Traduction Zadoc Kahn)
Il poussait devant lui, pareil à un faible rejeton, à une racine plantée dans un sol brûlé. Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, ni grâce pour nous le rendre aimable. »

Vous le voyez par vous-même : le vocabulaire choisi par Ésaïe appartient au monde de l'agriculture — pousser, rejeton, racine, plante, sol —, et le mot « semence » y a toute sa place. C'est plutôt le mot « bras » qui paraît maintenant étrange, vu le contexte et l'autre sens possible du mot original !

En réalité, tout le contexte de ces premiers versets du chapitre 53, absolument tout, montre qu'il ne s'agit pas du bras de Dieu, mais bien de la semence de Dieu, qui n'a été révélée qu'à ceux qui ont cru !

Le seul autre passage de la Bible où il est dit que le « bras » d'Elohim sera révélé se trouve… dans Ésaïe :

📖 Esaïe 52:10

L'Éternel découvre le bras de sa sainteté, Aux yeux de toutes les nations; Et toutes les extrémités de la terre verront Le salut de notre Dieu.

Et savez-vous ce que révèle le « bras » d'Elohim ? Le salut de notre Dieu.
En français, cela ne vous dit rien. Mais en hébreu :

Ésaïe 52:10 en hébreu

En hébreu, quand Elohim découvre Son « bras » aux yeux des nations, c'est pour révéler Son YESHOUA (Son salut).

Avec la lecture que je propose :

📖 Esaïe 53:1

Qui a cru à notre évangile? Et à qui la semence de Dieu a-t-elle été révélée?

on s'aperçoit qu'Ésaïe 53 suit la même logique que les évangiles de Matthieu et de Luc. Dès leur premier chapitre, ces évangiles annoncent brièvement la naissance miraculeuse de Yeshoua. De la même façon, dès ses premiers versets, Ésaïe 53 proclame en une phrase l'Évangile et la semence de Dieu, avant de prendre le temps de décrire, dans les versets suivants, les souffrances de notre Messie.

En conclusion, l'enseignement des « sages d'Israël » selon lequel « aucune prophétie, à aucun moment, n'a jamais annoncé une naissance miraculeuse ou virginale, ni suggéré que Dieu puisse planter une semence dans une femme » est à la fois dépassé et tendancieux.

Dépassé, car les choses ne sont pas aussi tranchées que les rabbins voudraient le faire croire.

Tendancieux, car les nikoud ont été ajoutés au texte biblique au Moyen Âge, plus de mille ans après la vie, la mort et la résurrection de Yeshoua… Il fallait à tout prix, autant que possible, effacer toute possibilité de rapprocher Ésaïe 53 d'un messie chrétien qui serait, dit-on, né de façon miraculeuse…

Lisons encore Ésaïe…

« Esaïe 52 :7
מַה־נָּאו֨וּ עַל־הֶהָרִ֜ים רַגְלֵ֣י מְבַשֵּׂ֗ר מַשְׁמִ֧יעַ שָׁלֹ֛ום מְבַשֵּׂ֥ר טֹ֖וב מַשְׁמִ֣יעַ יְשׁוּעָ֑ה אֹמֵ֥ר לְצִיֹּ֖ון מָלַ֥ךְ אֱלֹהָֽיִךְ׃
Qu'ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie la paix! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie le salut! De celui qui dit à Sion: ton Dieu règne! »

Mot à mot, le texte dit :

« Comme ils sont beaux sur les montagnes,
les pieds de celui qui apporte l'Évangile,
qui publie la paix !
qui apporte de bonnes nouvelles,
qui proclame YESHUA,
qui dit à Sion "Ton Dieu règne" ! »

Je remercie notre Dieu de m'avoir fait découvrir ces choses !
Que le Nom de notre Elohim soit béni au plus haut des cieux, et que Son Messie vienne !