1Présentation générale du chapitre
Matthieu 9 poursuit la révélation de l’autorité de Yeshoua. Il pardonne les péchés, guérit les malades, appelle Matthieu, répond aux religieux et manifeste la compassion d’Elohim envers les foules.
Ce chapitre montre que Yeshoua n’est pas venu pour les justes en apparence, mais pour appeler les pécheurs à la repentance. Il révèle le Messie comme médecin des âmes et berger compatissant pour son peuple.
2Verset 11
« « Les pharisiens virent cela, et ils dirent à ses disciples: Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie?» »
Dans le temps ancien, surtout parmi les chefs religieux d’Israël, il existait une séparation entre les personnes considérées comme « pures » et celles vues comme impures ou pécheresses. Beaucoup évitaient les publicains, les étrangers et les gens de mauvaise réputation. Dans l’Évangile selon Matthieu, les pharisiens demandent aux disciples de Yeshoua de Nazareth :
Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ?
Partager un repas signifiait accepter et fréquenter ces personnes. Les pharisiens pensaient qu’un homme juste devait s’en éloigner. Mais Yeshoua répond :
Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades.
Yeshoua est venu d’abord pour Israël :
Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël.
Cependant, il a aussi montré de la compassion envers les étrangers, les faibles et les rejetés. Cela est déjà enseigné dans la Torah. Dans Lévitique il est écrit :
L’étranger qui séjourne avec vous sera pour vous comme un indigène du milieu de vous ; tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte.
Et dans l’Deutéronome :
Il fait droit à l’orphelin et à la veuve, et il aime l’étranger en lui donnant du pain et des vêtements.
La Torah montre donc déjà que Dieu a compassion des faibles, des pauvres, des veuves, des orphelins et des étrangers.
De même, Moïse a été envoyé premièrement pour délivrer le peuple d’Israël hors d’Égypte. Pourtant, à aucun moment ceux qui voulaient craindre Dieu et suivre Sa voie n’étaient rejetés.
Dans l’Exode, lors de la sortie d’Égypte, il est écrit :
Une multitude de gens de toute espèce montèrent avec eux.
Cela montre que des non-Israélites ont aussi rejoint Israël pour suivre le Dieu d’Israël.
Dieu donna également cette instruction :
Il y aura une seule loi pour l’indigène comme pour l’étranger en séjour au milieu de vous.
Plus tard, Simon Pierre comprend aussi cela lorsqu’il va chez Corneille le Centurion dans l’Actes des Apôtres :
Vous savez qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d'entrer chez lui ; mais Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur.
C’est pour cela que les pharisiens ont parlé ainsi à Yeshoua. À cette époque, fréquenter des publicains, des pécheurs ou certaines personnes rejetées ne se faisait pas socialement ni religieusement chez les groupes religieux stricts.
Pour eux, un homme juste devait rester séparé de ces personnes afin de conserver une pureté religieuse et sociale.
Mais Yeshoua a montré par ses paroles et ses actes que Dieu regarde aussi aux faibles, aux rejetés et à ceux qui cherchent sincèrement Dieu, même s’ils viennent d’un autre peuple. Depuis la Torah jusqu’aux enseignements de Yeshoua et des apôtres, on voit que Dieu appelle d’abord Israël, mais qu’Il ne rejette pas l’étranger qui veut écouter Dieu, marcher dans Ses voies et se tourner vers Lui avec foi et sincérité.
3Verset 13
« « Allez, et apprenez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » »
Dans Livre d’Osée 6:6, il est écrit : « Car j’aime la miséricorde et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. » Ce verset montre que Dieu ne recherche pas seulement des actes religieux extérieurs, mais surtout un cœur sincère rempli de miséricorde et une vraie relation avec lui. C’est ce même passage que Yeshoua cite dans
Évangile selon Matthieu 9:13 : « Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » Le sens est que Dieu préfère la miséricorde, la repentance et un cœur humble plutôt qu’une religion vide ou des pratiques sans amour. Ainsi, Osée 6:6 et Matthieu 9:13 enseignent la même vérité : Dieu cherche avant tout un cœur transformé et une relation vivante avec lui.
4Versets 16 à 17
« « Et personne ne met un morceau de drap neuf à un vieil habit, car la piece emporte une partie de l'habit, et la dechirure en devient plus mauvaise. On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement les outres se rompent, et le vin se repand, et les outres sont perdues; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et tous les deux se conservent. » »
Dans ces versets, Yeshoua nous enseigne une vérité profonde à travers des images simples, mais puissantes.
Le vêtement, la pièce neuve, le vin et les outres servent à illustrer le changement radical qu’apporte la nouvelle alliance en Lui. Yeshoua ne parle pas seulement d’un changement extérieur, mais d’une transformation intérieure.
La nouveauté qu’Il apporte ne peut pas être simplement ajoutée à une ancienne manière de vivre, à une mentalité non renouvelée ou à un cœur encore attaché au vieil homme.
Le vin nouveau demande des outres neuves ; de même, la nouvelle alliance demande un cœur renouvelé.
Le vin : symbole d’alliance
Dans la Bible, le vin n’est pas seulement une boisson. Il porte souvent une signification spirituelle liée à l’alliance, à la bénédiction et à la communion entre le Père Céleste et Son peuple. Un premier exemple important se trouve avec Melchisédek, roi de Salem :
Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Elohim Très-Haut. Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Elohim Très-Haut, maître du ciel et de la terre !
Le pain et le vin apparaissent ici dans un contexte de bénédiction et de sacerdoce. Melchisédek n’est pas seulement un roi ; il est aussi sacrificateur du Elohim Très-Haut. Cette scène annonce prophétiquement une réalité plus grande qui sera pleinement révélée en Yeshoua. Lors du dernier repas, Yeshoua reprend ces mêmes éléments, le pain et la coupe, pour révéler l’accomplissement de l’alliance :
Pendant qu’ils mangeaient, Yeshoua prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs.
Le vin représente ici le sang de Yeshoua, Son sacrifice, et l’inauguration d’une alliance nouvelle. Ce n’est plus seulement une image de bénédiction ; c’est le signe d’un don total, d’un sang versé pour le pardon, la réconciliation et la restauration du peuple d’Elohim.
La Torah nous révèle que la vie est dans le sang ; ainsi, en Yeshoua, qui est Lui-même la Vie, nous comprenons que le sang versé n’est pas une simple image, mais l’expression profonde d’une vie donnée, pleinement offerte, dont le vin devient le signe visible et mémoriel. Comme il est écrit :
Car la vie de la chair est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel, afin qu’il serve d’expiation pour vos âmes ; car c’est par la vie que le sang fait l’expiation
Yeshoua accomplit ainsi une réalité liée à l’ordre de Melchisédek, comme l’explique l’épître aux Hébreux :
Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, Je t’ai engendré aujourd’hui ! Comme il dit encore ailleurs : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.
Et encore :
Mais maintenant il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses.
Ainsi, le vin nouveau annoncé par Yeshoua représente cette alliance supérieure, fondée sur de meilleures promesses, non plus seulement écrite sur des tables de pierre, mais inscrite dans les cœurs.
Le vin nouveau : une alliance renouvelée
Le vin nouveau symbolise la vie nouvelle que Yeshoua apporte. Il représente la grâce, le pardon, l’Esprit, la transformation intérieure et la puissance de la nouvelle alliance. Un signe prophétique apparaît déjà dans le récit des noces de Cana :
Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent.
Ce passage montre que Yeshoua apporte un vin supérieur. Ce que les hommes avaient connu auparavant n’était qu’une annonce, une préparation, une image. Mais en Yeshoua vient le meilleur vin : une alliance plus profonde, plus excellente, capable de transformer l’homme de l’intérieur. Le vin nouveau ne peut pas être contenu dans les anciennes formes lorsqu’elles sont devenues rigides, incapables de recevoir l’œuvre nouvelle du Père Céleste. Il exige des récipients renouvelés, c’est-à-dire des cœurs transformés, souples et disponibles à l’action de l’Esprit.
Les outres : image du cœur humain
Les outres étaient des récipients faits de peaux d’animaux cousues, utilisées pour contenir des liquides comme le vin. Lorsqu’elles étaient neuves, elles étaient souples et pouvaient supporter la pression du vin en fermentation. Mais lorsqu’elles devenaient vieilles, sèches et rigides, elles risquaient de se rompre. Cette image nous enseigne que l’homme ancien, non renouvelé, ne peut pas contenir pleinement la vie nouvelle de la nouvelle alliance. Le Père Céleste ne veut pas seulement verser du vin nouveau ; Il veut aussi préparer des outres neuves. Autrement dit, Il ne veut pas seulement nous donner une nouvelle doctrine, une nouvelle connaissance ou une nouvelle pratique religieuse. Il veut transformer notre être intérieur afin que nous puissions recevoir, comprendre et vivre ce qu’Il donne.
Le vieil homme et l’homme nouveau
Dans cette image, les vieilles outres peuvent représenter le vieil homme : l’ancienne nature, les habitudes du péché, les pensées anciennes, les résistances du cœur et l’incapacité de vivre selon les principes de la nouvelle alliance. L’apôtre Paul écrit :
Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé.
Recevoir le vin nouveau demande donc de se dépouiller du vieil homme. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer l’ancienne nature, mais de revêtir une nouvelle identité en Yeshoua. Paul dit encore :
Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché.
La transformation passe par une mort à l’ancien. Le vieil homme doit être crucifié avec Yeshoua afin que nous ne soyons plus esclaves du péché. La nouvelle alliance ne consiste donc pas à mettre une simple apparence spirituelle sur une vie ancienne, mais à recevoir une vie nouvelle. C’est ce que Yeshoua enseigne aussi à Nicodème :
En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Elohim.
La nouvelle naissance est indispensable et sans elle, l’homme reste une vieille outre, incapable de contenir pleinement le vin nouveau de l’Esprit. Paul résume cette réalité ainsi :
Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.
Celui qui est en Yeshoua ne reçoit pas seulement une amélioration de son ancienne vie. Il devient une nouvelle créature. Les anciennes choses passent, et une réalité nouvelle commence.
La nouvelle alliance annoncée
par les prophètes
Cette transformation intérieure avait déjà été annoncée dans les Écritures et qui avait été promis à son peuple, un cœur nouveau et un esprit nouveau :
Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois.
Ce passage montre que la nouvelle alliance n’est pas seulement extérieure. Elle n’est pas limitée à des rites, des traditions ou des pratiques visibles. Elle touche le cœur. Le cœur de pierre représente un cœur dur, fermé, insensible à la volonté du Père Céleste. Le cœur de chair représente un cœur vivant, sensible, renouvelé, capable d’obéir non par contrainte extérieure, mais par l’action de l’Esprit.
L’épître aux Hébreux reprend cette promesse
Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur esprit, Je les écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Elohim, et ils seront mon peuple. Aucun n’enseignera plus son concitoyen, ni aucun son frère, en disant : Connais le Seigneur ! Car tous me connaîtront, depuis le petit jusqu’au plus grand d’entre eux ; parce que je pardonnerai leurs iniquités, et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés. En disant : une alliance nouvelle, il a déclaré la première ancienne ; or, ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître.
La nouvelle alliance est donc caractérisée par une relation directe, vivante et profonde avec le Père Céleste.
Ses lois ne sont plus seulement placées devant l’homme ; elles sont écrites dans son cœur. Le pardon devient une réalité, et la connaissance du Seigneur devient intérieure. L’homme naturel et l’homme spirituel
Cependant, cette transformation ne peut pas être reçue seulement par l’intelligence humaine. L’homme naturel, qui vit selon ses pensées, ses désirs et sa compréhension limitée, ne peut pas pleinement recevoir les choses de l’Esprit. Paul écrit :
Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de le Père Céleste, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge.
L’homme naturel considère les choses spirituelles comme une folie, parce qu’il essaie de les comprendre avec une intelligence non renouvelée. Mais l’homme spirituel, celui qui a reçu l’Esprit et qui a été transformé intérieurement, peut discerner les réalités de la nouvelle alliance. Ainsi, pour accueillir pleinement le vin nouveau, il ne suffit pas de comprendre extérieurement les paroles de Yeshoua. Il faut devenir une outre neuve. Il faut un cœur renouvelé, un esprit transformé, une vie ouverte à l’action du Saint-Esprit.
À travers l’image du vin nouveau et des outres neuves, Yeshoua nous révèle que la nouvelle alliance ne peut pas être contenue dans une ancienne nature non transformée. Le Père Céleste ne cherche pas seulement à réparer extérieurement l’homme ; Il veut le renouveler profondément. Le vin nouveau représente la vie de l’alliance en Yeshoua : Son sang versé, Sa grâce, Son Esprit, Son pardon et Sa puissance de transformation. Les outres neuves représentent les cœurs renouvelés, capables de recevoir et de porter cette vie nouvelle.
La nouvelle alliance exige donc une transformation radicale : le vieil homme doit être crucifié, le cœur de pierre doit être remplacé par un cœur de chair, et l’homme naturel doit devenir spirituel par l’action de l’Esprit. C’est seulement dans cet état de renouvellement intérieur que nous pouvons recevoir pleinement ce que Yeshoua a inauguré : une alliance vivante, écrite dans le cœur, fondée sur le pardon, conduite par l’Esprit, et capable de produire une vie nouvelle devant le Père Céleste.
Pour aller plus loin
« Cela symbolise une alliance divine »
Ce même vin devient un symbole central dans l'enseignement de Yeshua.
Il s'agit bien de vin (et non de simple jus de raisin).
Ce passage, après avoir consommé un bon vin, suggère que ce vin était en réalité de moindre qualité par rapport à celui que Yeshua offrirait plus tard – un vin nouveau, frais, mais supérieur au vin ancien, tout en ayant une saveur évoquant l'ancienneté.
Le vin nouveau
Tout cela prend sens dans la lumière de l’alliance nouvelle promise par le Père Céleste dans l'Ancien Testament. Ézéchiel 36:26-27 nous annonce :
5Versets 20 à 21
« « Et voici, une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans s'approcha par derrière et toucha le bord de son vêtement; car elle disait en elle-même: Si seulement je touche son vêtement, je serai guérie. Et Jésus, s’étant retourne et la voyant, dit: Aie bon courage, ma fille; ta foi t'a guérie. Et la femme fut guérie des cette heure. » »
Pour saisir toute la portée de ce geste, il est nécessaire de revenir à ce que la Torah enseigne concernant l’impureté.
Dans le Livre du Lévitique, il est clairement établi que la femme atteinte d’un flux de sang est impure, et que tout ce qu’elle touche devient impur, ainsi que toute personne qui entre en contact avec elle :
Lévitique 15 « Toute personne qui la touchera sera impure jusqu’au soir. »
Le principe est donc sans ambiguïté : l’impureté se transmet. Ce qui est impur souille ce qui est pur. Ce fonctionnement est encore confirmé dans le Livre d'Aggée :
Si quelqu’un souillé touche toutes ces choses, seront-elles souillées ? Les sacrificateurs répondirent : Elles seront souillées.
Ainsi, selon l’ordre établi, lorsque l’impur touche le pur, c’est le pur qui devient impur. Or, dans cette scène, tout se passe autrement. La femme s’approche, elle touche Yeshoua et pourtant, il ne devient pas impur. Au contraire, elle est immédiatement guérie. Ce n’est plus l’impureté qui se transmet, mais la pureté qui agit. Ce même renversement apparaît lorsque Yeshoua rencontre les lépreux. La lèpre, selon la Torah, rend impur et isole. Le lépreux ne doit pas être approché.
Et pourtant, il est écrit dans l’Évangile de Matthieu :
Yeshoua étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
Là encore, le contact n’entraîne pas l’impureté de Yeshoua, mais la purification de l’homme. Ce contraste devient encore plus frappant lorsqu’on se souvient de l’épisode d’Ouzza dans le Deuxième livre de Samuel :
2 Samuel 6:6-7) « Ouzza étendit la main vers l’arche de Dieu et la saisit… La colère de l’Éternel s’enflamma contre lui, et il mourut là. »
Dans l’ancienne alliance, le contact avec le sacré ne purifie pas nécessairement ; il peut même entraîner la mort. La sainteté est redoutable, séparée, inaccessible à l’homme impur. Mais avec Yeshoua, une réalité nouvelle apparaît. Il ne s’éloigne pas de l’impur, il ne le repousse pas il le transforme. Sa sainteté n’est pas atteinte par l’impureté ; elle la consume et la fait disparaître. Ainsi, ce récit révèle bien plus qu’une guérison. Il montre que celui qui est parfaitement pur ne peut être souillé. L’homme ne rend pas impur le Fils de Dieu ; c’est le Fils de Dieu qui rend pur l’homme.
Pour aller plus loin
Le terme grec utilisé ici, kraspedon, se traduit par « frange », et renvoie directement à un commandement que l'Éternel donne aux enfants d'Israël dans le livre des Nombres.
Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur qu'ils se fassent, de génération en génération, une frange au bord de leurs vêtements, et qu'ils mettent un cordon bleu sur cette frange du bord de leurs vêtements.
Quand vous aurez cette frange, vous la regarderez, et vous vous souviendrez de tous les commandements de l'Éternel pour les mettre en pratique, et vous ne suivrez pas les désirs de vos cœurs et de vos yeux pour vous laisser entraîner à l'infidélité.
L'objectif de cette frange, avec son cordon bleu, est de rappeler aux Israélites de se souvenir des commandements de le Père Céleste et de les observer, plutôt que de céder aux tentations de leurs cœurs et de leurs yeux.
Le geste de cette femme est un acte de foi, en ce sens qu'elle croit que même un simple contact avec l'étoffe de Yeshua, un geste aussi discret, pourrait suffire à la guérir. Mais ce n’est pas seulement un acte de guérison physique. Elle cherche une guérison plus profonde, spirituelle, un retour à l'intégrité et à la pureté, symbolisées par le lien que la frange représente avec l’alliance et les commandements d'Elohim.
Yeshua attribue la guérison à la foi de la femme, soulignant que sa confiance en Lui a été un élément clé dans sa guérison, tant physique que spirituelle.
6Versets 23 à 26
« « Et Jesus, etant arrive à la maison du chef de synagogue, et voyant les joueurs de flute et la foule qui faisait un grand bruit, dit: Retirez-vous, car la jeune fille n'est pas morte, mais elle dort. Et ils se riaient de lui. Et lorsque la foule eut ete mise dehors, il entra et prit sa main, et la jeune fille se leva. Et le bruit s'en repandit par tout ce pays-là.» »
Lorsque Yeshoua déclare que la jeune fille dort et qu’Il la relève, il ne s’agit pas encore de la résurrection définitive telle qu’elle est promise pour la fin des temps.
Il s’agit d’un réveil, c’est-à-dire d’un retour temporaire à la vie terrestre. La jeune fille reprend simplement son existence dans ce monde, ce qui montre que la mort, face à la puissance d’Elohim, n’est pas un obstacle définitif, mais un état dont Il peut faire sortir. Cette même réalité apparaît clairement dans l’épisode de Lazare :
Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller.
Les disciples comprennent alors ce sommeil au sens naturel, mais Yeshoua parle de la mort. Plus loin, Il appelle Lazare hors du tombeau, et celui-ci revient à la vie. Là encore, il ne s’agit pas de la résurrection finale, mais d’un retour à la vie présente. Lazare, comme la jeune fille, mourra de nouveau plus tard. Ces événements ont donc une portée précise : ils ne montrent pas encore l’entrée dans la vie éternelle, mais révèlent que Yeshoua détient l’autorité sur la mort elle-même.
Il ne fait pas simplement un miracle, Il dévoile une vérité spirituelle : pour Elohim, la mort est comparable à un sommeil dont Il peut réveiller. Cette distinction est essentielle, car les Écritures annoncent une résurrection différente, universelle et définitive :
Voici, j’aurai soin moi-même de mes brebis, et j’en ferai la recherche.
Dans ce cas, il ne s’agit plus d’un retour temporaire à la vie terrestre, mais d’un réveil pour entrer dans une réalité éternelle, soit pour la vie, soit pour le jugement. Ainsi, les miracles de la jeune fille et de Lazare sont des signes. Ils annoncent ce qui viendra, tout en révélant déjà la nature de la mort aux yeux d’Elohim: non pas une fin absolue, mais un état transitoire.
De même qu’un dormeur peut être réveillé, celui qui meurt sera relevé par la voix du Fils. Ces événements invitent donc à changer de perspective. Là où l’homme voit une rupture définitive, Elohim voit une continuité interrompue pour un temps. Et à travers Yeshoua, cette continuité peut être restaurée, révélant que la vie a toujours le dernier mot.
7Verset 36
« « Et voyant les foules, il fut ému de compassion pour elles, parce qu'ils étaient las et disperses, comme des brebis qui n'ont pas de berger. » »
Lorsque Yeshoua décrit les foules comme des brebis sans berger, cette image ne relève pas seulement d’une observation, mais s’inscrit dans l’accomplissement d’une parole prophétique. Déjà, dans le Livre d'Ézéchiel, Elohim reprochait aux bergers d’Israël de ne pas avoir pris soin du peuple, laissant les brebis se disperser, s’égarer et devenir la proie du danger.
Mes brebis étaient errantes sur toutes les montagnes… elles étaient dispersées sur toute la face du pays, sans personne pour en prendre soin ni pour les chercher.
Face à cette défaillance, Elohim annonce Lui-même Son intervention :
Voici, j’aurai soin moi-même de mes brebis, et j’en ferai la recherche.
Ainsi, lorsque Yeshoua voit les foules et en est ému, Il ne fait pas que constater leur état : Il agit en tant que Berger promis.
Il vient chercher, rassembler et restaurer ce qui était dispersé. Son ministère s’inscrit pleinement dans cette mission divine annoncée à l’avance. C’est dans ce contexte qu’Il déclare que la moisson est grande. Car si les brebis sont nombreuses et prêtes à être ramenées, encore faut-il des ouvriers pour participer à cette œuvre.
L’appel à prier pour des ouvriers devient alors une continuité de cette prophétie : Elohim prend soin de Son peuple, mais Il choisit aussi d’agir à travers des serviteurs disponibles. Ainsi, Yeshoua n’est pas seulement celui qui constate la dispersion des brebis ; Il est Celui qui accomplit la promesse du Père, en venant Lui-même comme Berger, et en appelant d’autres à prendre part à cette mission de restauration.
8Versets 37 à 38
« « Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers: suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu'il pousse des ouvriers dans sa moisson.» »
Par cette déclaration, Yeshoua révèle un déséquilibre profond : l’abondance de la moisson contraste avec la rareté des ouvriers. La moisson représente les âmes prêtes à être touchées par la vérité d’Elohim, une réalité déjà présente et non simplement future. Le cœur du Père est tourné vers le salut, comme le rappellent les Écritures :
Je ne prends point plaisir à la mort du méchant, mais à ce qu’il se détourne de sa voie et qu’il vive.
Ainsi, si la moisson est grande, c’est parce que le désir d’Elohim de sauver et de restaurer est immense. Cependant, le manque ne vient pas de la moisson, mais des ouvriers. Peu sont ceux qui se rendent disponibles pour participer à cette œuvre avec fidélité. L’appel à prier souligne que la moisson appartient au Maître, et que c’est Lui qui envoie les ouvriers.
Mais cette prière engage aussi celui qui la fait, car elle aligne son cœur avec celui du Père et le rend disponible à Son appel.
Celui qui prie sincèrement ne peut rester indifférent face aux âmes. Cette disponibilité devient essentielle, car la moisson ne peut être récoltée sans ouvriers. Le Nouveau Testament insiste également sur cette nécessité :
Comment entendront-ils parler de lui, s’il n’y a personne qui prêche ?
Cela montre que les âmes ne peuvent recevoir la vérité sans témoignage, et que les ouvriers jouent un rôle indispensable dans le plan du salut. Enfin, la Bible souligne qu’il existe un temps qu’il ne faut pas manquer :
Celui qui amasse pendant l’été est un fils prudent, mais celui qui dort pendant la moisson est un fils qui fait honte.
Ce verset révèle que la moisson est une saison limitée, une opportunité qu’il faut saisir avec sagesse. Dans le même esprit, il est écrit :
Rachetez le temps, car les jours sont mauvais.
Ainsi, la parole de Yeshoua n’est pas seulement un constat, mais un appel pressant. La moisson est prête, les âmes sont là, et le Maître cherche des ouvriers disponibles.
Prier pour des ouvriers, c’est reconnaître cette urgence, mais aussi accepter d’y répondre, en se rendant soi-même disponible pour l’œuvre du Royaume
Pour aller plus loin
Yeshua nous rappelle ici l'importance de la récolte spirituelle qui est immense, mais que trop peu d'ouvriers sont disponibles pour la faire.
Ce passage nous appelle à prier, à demander à Elohim d'envoyer davantage d'ouvriers pour cette moisson, en particulier en ces derniers temps. Le travail dans le royaume de le Père Céleste, que ce soit pour prêcher l'Évangile, enseigner la vérité, ou guider les âmes vers la rédemption, est une tâche urgente et vitale. La moisson symbolise le travail spirituel nécessaire pour atteindre les âmes perdues, et les ouvriers sont ceux qui sont appelés à y participer.
La Nécessité d'Ouvriers dans les Derniers Temps
Nous vivons une époque où la moisson spirituelle est plus grande que jamais, avec des âmes prêtes à entendre le message de l'Évangile, mais il y a encore un besoin criant d'ouvriers prêts à répondre à cet appel. L'urgence de la mission est accentuée par les événements qui marquent les derniers temps, et cette prière devient essentielle : priez pour que le Maître envoie des ouvriers dans sa moisson. C'est un appel à la participation active dans l'œuvre de le Père Céleste, mais aussi une invitation à reconnaître l'urgence de cette mission.
Ce verset nous rappelle qu'il existe un temps propice pour l'action. L'été, une saison de récolte, représente une opportunité à saisir, tandis que celui qui ignore ce temps de moisson ou choisit de se reposer au lieu de travailler fait preuve de négligence.
Dans le contexte des derniers temps, cela devient encore plus urgent, et Proverbes 10:5 nous exhorte à être sages et prudents, à ne pas manquer le temps favorable pour accomplir la volonté d'Elohim. Que ce soit par la prière ou par l'action directe, chacun doit être prêt à contribuer à la récolte spirituelle et ne pas rester inactif pendant la période de moisson.
📖 Matthieu 9
- Yeshua, étant monté dans une barque, traversa la mer, et alla dans sa ville.
- Et voici, on lui amena un paralytique couché sur un lit. Yeshua, voyant leur foi, dit au paralytique : Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés.
- Sur quoi, quelques scribes dirent au dedans d'eux : Cet homme blasphème.
- Et Yeshua, connaissant leurs pensées, dit : Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cœurs ?
- Car, lequel est le plus aisé, de dire : Tes péchés sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi, et marche ?
- Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés : Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison.
- Et il se leva, et s'en alla dans sa maison.
- Quand la foule vit cela, elle fut saisie de crainte, et elle glorifia Elohim, qui a donné aux hommes un tel pouvoir.
- De là étant allé plus loin, Yeshua vit un homme assis au lieu des péages, et qui s'appelait Matthieu. Il lui dit : Suis-moi. Cet homme se leva, et le suivit.
- Comme Yeshua était à table dans la maison, voici, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie vinrent se mettre à table avec lui et avec ses disciples.
- Les pharisiens virent cela, et ils dirent à ses disciples : Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ?
- Ce que Yeshua ayant entendu, il dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades.
- Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.
- Alors les disciples de Jean vinrent auprès de Yeshua, et dirent : Pourquoi nous et les pharisiens jeûnons-nous, tandis que tes disciples ne jeûnent point ?
- Yeshua leur répondit : Les amis de l'époux peuvent-ils s'affliger pendant que l'époux est avec eux ? Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
- Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit ; car elle emporterait une partie de l'habit, et la déchirure serait pire.
- On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent.
- Tandis qu'il leur adressait ces paroles, voici, un chef arriva, se prosterna devant lui, et dit : Ma fille est morte il y a un instant ; mais viens, impose-lui les mains, et elle vivra.
- Yeshua se leva, et le suivit avec ses disciples.
- Et voici, une femme atteinte d'une perte de sang depuis douze ans s'approcha par derrière, et toucha le bord de son vêtement.
- Car elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie.
- Yeshua se retourna, et dit, en la voyant : Prends courage, ma fille, ta foi t'a guérie. Et cette femme fut guérie à l'heure même.
- Lorsque Yeshua fut arrivé à la maison du chef, et qu'il vit les joueurs de flûte et la foule bruyante,
- il leur dit : Retirez-vous ; car la jeune fille n'est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui.
- Quand la foule eut été renvoyée, il entra, prit la main de la jeune fille, et la jeune fille se leva.
- Le bruit s'en répandit dans toute la contrée.
- Étant parti de là, Yeshua fut suivi par deux aveugles, qui criaient : Aie pitié de nous, Fils de David !
- Lorsqu'il fut arrivé à la maison, les aveugles s'approchèrent de lui, et Yeshua leur dit : Croyez-vous que je puisse faire cela ? Oui, Seigneur, lui répondirent-ils.
- Alors il leur toucha leurs yeux, en disant : Qu'il vous soit fait selon votre foi.
- Et leurs yeux s'ouvrirent. Yeshua leur fit cette recommandation sévère : Prenez garde que personne ne le sache.
- Mais, dès qu'ils furent sortis, ils répandirent sa renommée dans tout le pays.
- Comme ils s'en allaient, voici, on amena à Yeshua un démoniaque muet.
- Le démon ayant été chassé, le muet parla. Et la foule étonnée disait : Jamais pareille chose ne s'est vue en Israël.
- Mais les pharisiens dirent : C'est par le prince des démons qu'il chasse les démons.
- Yeshua parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité.
- Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu'elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n'ont point de berger.
- Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers.
- Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson.
