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Analyse Matthieu 12

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1Présentation générale du chapitre

Matthieu 12 présente plusieurs confrontations entre Yeshoua et les pharisiens. À travers les discussions sur le shabbat, les guérisons et la délivrance d’un homme possédé, Yeshoua révèle son autorité et la vraie intention de la Torah.

Ce chapitre montre aussi le danger d’un cœur endurci qui refuse de reconnaître l’œuvre de l’Esprit de Dieu. Yeshoua enseigne que le vrai peuple de Dieu se reconnaît non par l’apparence religieuse, mais par l’obéissance à la volonté du Père.

2Versets 1 à 2

« « Quelque temps après, Jésus traversait des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples avaient faim; ils se mirent à cueillir des épis et à en manger les grains. Les pharisiens, voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat.» »

Ce passage est souvent utilisé pour affirmer que Yeshoua aurait annulé ou relativisé l’observance du shabbat. Pourtant, le texte ne dit pas cela. Matthieu mentionne simplement un jour de shabbat. Mais Luc, en rapportant le même épisode, donne une précision essentielle :

📖 Luc 6:1

Il arriva, un jour de shabbat appelé second-premier…

Luc ne parle donc pas d’un shabbat ordinaire. Il emploie une expression particulière : shabbat second-premier. Cette formulation montre que ce jour avait une position précise dans le calendrier. Le texte ne l’explique pas immédiatement, mais il donne une clé : il faut regarder du côté des fêtes, des prémices et du décompte des shabbats.

Un shabbat lié au calendrier des fêtes

Dans Lévitique 23, la Torah ordonne de compter sept shabbats à partir du jour des prémices :

📖 Lévitique 23:15-16

Depuis le lendemain du shabbat, du jour où vous apporterez la gerbe pour être agitée de côté et d’autre, vous compterez sept semaines entières. Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième shabbat ; et vous ferez à YAHWEH une offrande nouvelle.

Le calendrier des fêtes contient donc des shabbats identifiés selon un ordre précis : un point de départ, un décompte, puis une offrande nouvelle. Dans ce cadre, l’expression shabbat second-premier prend tout son sens. Elle ne désigne pas simplement un shabbat hebdomadaire isolé, mais un shabbat situé dans une séquence liée aux fêtes et à la moisson. C’est pourquoi la précision de Luc est importante : elle place l’épisode des épis dans un contexte festif et agricole particulier.

Pourquoi les épis de blé sont importants

Le texte ne mentionne pas les épis par hasard. Les disciples traversent des champs de blé, et c’est précisément au sujet de ces épis que les pharisiens portent leur accusation. Le blé renvoie à la moisson et à l’offrande nouvelle mentionnée dans Lévitique 23.

Contrairement à l’orge, liée aux premières prémices du premier mois, le blé appartient à une étape plus avancée du calendrier agricole. Ainsi, la scène ne doit pas être lue comme un simple débat général sur le repos hebdomadaire. Elle se déroule dans le cadre des récoltes, des prémices et du décompte menant à l’offrande nouvelle.

Les disciples n’ont pas volé

Il faut aussi remarquer que les pharisiens n’accusent pas les disciples de vol. La Torah permettait de prendre des épis avec la main dans le champ de son prochain :

📖 Deutéronome 23:25

Si tu entres dans les blés de ton prochain, tu pourras cueillir des épis avec la main, mais tu ne porteras pas la faucille sur les blés de ton prochain. »Leur reproche porte donc sur le fait que cela se passe en ce jour particulier de shabbat.

Or Luc précise justement qu’il s’agissait d’un shabbat second-premier. Cette précision empêche de réduire l’épisode à un simple shabbat hebdomadaire ordinaire. Le contexte pointe vers un shabbat lié au calendrier sacré.

Le parallèle avec les prémices de l’orge

La Torah donne un modèle avec les prémices de l’orge :

📖 Lévitique 23:11

Il agitera de côté et d’autre la gerbe devant YAHWEH, afin qu’elle soit agréée : le sacrificateur l’agitera de côté et d’autre, le lendemain du shabbat.

Flavius Josèphe confirme que cette offrande avait lieu le seizième jour du mois, le deuxième jour des pains sans levain :

« Le deuxième jour des azymes, c’est-à-dire le seize, on prend une partie des fruits qu’on a récoltés, auxquels on n’a pas encore touché […] on lui offre les prémices de l’orge […] Dès lors, il est loisible à tout le monde, soit publiquement, soit individuellement, de faire la récolte. » Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, Livre 3

Ce témoignage montre que les prémices étaient liées à un moment précis du calendrier. Avant ce temps, on ne touchait pas encore aux fruits de la récolte ; après l’offrande, la récolte devenait permise. Cela éclaire le récit des Évangiles : le lien entre shabbat, épis, moisson et prémices n’est pas accidentel.

Le blé et l’offrande nouvelle

Après les prémices de l’orge commence le décompte vers l’offrande nouvelle :

📖 Lévitique 23:16

Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième shabbat ; et vous ferez à YAHWEH une offrande nouvelle.

Cette offrande nouvelle est associée à la moisson du blé. C’est pourquoi la présence de champs de blé dans Matthieu 12 est significative. Elle indique que le récit se situe dans une période liée à la maturité du blé, à la moisson et au calendrier des fêtes. Le shabbat second-premier de Luc 6 s’inscrit donc naturellement dans ce cadre.

Yeshoua n’annule pas le shabbat

Le point principal est celui-ci : Yeshoua ne dit jamais que le shabbat est annulé. Il ne déclare pas que le commandement n’a plus de valeur. Il ne dit pas que le peuple de YAHWEH n’a plus besoin d’observer le shabbat. Au contraire, il répond à une accusation précise, dans un contexte précis. Il rappelle David, les pains de proposition, les sacrificateurs dans le Temple, puis il déclare :

« Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le Temple. » Matthieu 12:6

📖 Lévitique 23:16

Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du sept

Et encore :

📖 Matthieu 12:8

Car le Fils de l’homme est maître du shabbat.

Être Maître du shabbat ne signifie pas abolir le shabbat. Cela signifie que Yeshoua possède l’autorité pour en révéler le véritable sens.

Les pharisiens accusent. Yeshoua déclare les disciples innocents.

📖 Matthieu 12:7

Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents.

Si Yeshoua ou ses disciples avaient réellement violé le shabbat selon la Torah, les pharisiens auraient trouvé là une véritable accusation contre lui. Or, dans les Évangiles, ils cherchaient déjà une occasion pour le condamner et le faire mourir.

Si cette scène avait constitué une transgression réelle du shabbat, elle aurait pu servir de motif direct contre lui. Mais Yeshoua ne se défend pas en abolissant le shabbat. Il montre que l’accusation est fausse. Les disciples n’ont pas violé la Torah ; ils ont été condamnés injustement par une mauvaise interprétation.

Le passage de Matthieu 12, éclairé par Luc 6:1, ne doit donc pas être utilisé pour enseigner que Yeshoua aurait aboli le shabbat hebdomadaire. Luc précise que ce jour était un shabbat second-premier. Cette expression rare indique un shabbat particulier, placé dans un ordre précis.

Lorsqu’on relie cette précision à Lévitique 23, aux prémices, au décompte des sept shabbats et à la moisson, il devient clair que l’épisode se situe dans un contexte de fête. Les disciples ne sont pas accusés de vol, car la Torah permettait de prendre des épis avec la main. L’accusation porte sur ce jour particulier de shabbat, mais Yeshoua déclare les disciples innocents. Ce récit ne prouve donc pas que le shabbat n’a plus besoin d’être observé. Il montre plutôt que les pharisiens ont condamné à tort, faute d’avoir compris la miséricorde, le calendrier sacré et l’autorité du Messie. Nous pouvons maintenant mieux comprendre ses paroles :

📖 Matthieu 23:23

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi : la justice, la miséricorde et la fidélité ; c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.

Cette parole confirme la pensée de Yeshoua. Il ne reproche pas aux pharisiens de pratiquer la Torah. Il leur reproche de négliger ce qui est le plus important dans la Torah : la justice, la miséricorde et la fidélité. Et surtout, Yeshoua précise : « C’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. » Il ne dit donc pas : “Abandonnez les commandements.” Il dit : “Pratiquez-les, mais sans oublier le cœur de la Torah.” Ainsi, Matthieu 12 et Matthieu 23 enseignent la même chose : Yeshoua ne vient pas abolir la Torah ni le shabbat.

Il reprend une observance sans justice, sans miséricorde et sans discernement. Le problème n’était pas le shabbat, mais l’usage accusateur que les pharisiens en faisaient.

Pour aller plus loin

Pour comprendre en quoi consistait ce shabbat, il faut se tourner vers l'Évangile de Luc qui rapporte ce détail supplémentaire :

Il semble que la situation soit celle d'un shabbat qui suit immédiatement un autre shabbat, mais qui coïncide également avec le premier jour de la semaine. Le choix de porter l'accusation spécifiquement sur la consommation du blé ne semble pas être une coïncidence.

Dans la torah, il est écrit ceci :

C'est ainsi que les pharisiens ont porté des accusations concernant la consommation de ces épis le jour de shabbat, qui est également le jour des "prémices".

📖 Matthieu 28:1

Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le sépulcre.
Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine :
En grec : De opse sabbaton, epiphosko eis mia sabbaton ….

Qui peut être traduit par « premier jour de la semaine » ou également:

Ce qui revient à la fête des prémices, le 1er jour de la semaine, le 16eme jour de la première lunaison mais aussi considérée comme un shabbat.

📖 1 Corinthiens 15:20

Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts.

(Pour ceux qui veulent aller plus loin et comprendre comment calculer le temps dans le temps antique, rendez-vous dans le coin enseignement de l'application Bible contexte 2023)

"5[241]. Au mois de Xanthicos, qui s'appelle chez nous Nisan et qui commence l'année, le quatorzième jour en comptant d'après la lune, quand le soleil est au Bélier, - car c'est en ce mois que nous avons été délivrés de l'esclavage des Égyptiens -, il a institué qu'on devait chaque année offrir le même sacrifice que j'ai dit que nous avions offert jadis au sortir de l'Égypte, sacrifice dit Pascha. Nous l'accomplissons par phratries[242] ; rien des chairs sacrifiées n'est gardé pour le lendemain[243]. Le quinze, la fête des azymes fait suite[244] à la Pâque[245], fête de sept jours pendant laquelle on se nourrit d’azymes, et chaque jour on égorge deux taureaux, un bélier et sept agneaux. Tout cela s'offre en holocauste et on y ajoute encore un bouc pour les péchés, qui sert chaque jour au repas des prêtres. Le deuxième jour[246] des azymes, c'est-à-dire le seize, on prend -. une partie des fruits qu'on a récoltés, auxquels on n'a pas encore touché[247], et estimant qu'il est juste d'en faire hommage d'abord à Elohim à qui l'on doit la production de ce fruits, on lui offre les prémices de l'orge[248] de la façon suivante. Faisant griller une poignée d’épis qu'on broie, puis purifiant les grains d'orge pour les moudre, on en apporte pour Elohim un assarôn[249] sur l'autel, et après on avoir jeté une poignée unique sur l'autel, on abandonne le reste à l'usage des prêtres. Dès lors, il est loisible à tout le monde soit publiquement, soit individuellement de faire la récolte[250]. On offre aussi, outre les prémices des produits du sol, un agnelet en holocauste à Elohim. »

Pour aller plus loin

Il est interdit de manger les épis avant qu'ils ne soient présentés devant YAHWEH, conformément à la loi.

Un frère explique de même sur son site, au sujet de faire le bien:

(source:discernerlesondushofar.com)

Pour répondre à ses détracteurs, Yeshua se réfère à David et ses compagnons qui mangèrent les pains de proposition qui leur étaient normalement interdits ainsi qu’aux prêtres, mais à cause de la vie, ils n'ont pas tenu compte des restrictions liées au temple.

Yeshua sous-entend qu’effectivement, ce que les disciples faisaient étaient bien interdits en circonstance normale mais devait être autorisé dans le cas présent.

Cette situation s’appelle en hébreu Piqouah (ou Pikuach) Nefesh (sauvetage d’une vie).
L’attitude de Yeshua face à cette situation était donc appropriée et en accord avec la loi juive qui stipule que les prohibitions religieuses ne s’appliquent pas dans les cas où il faut sauver sa vie ou celle d’autrui (Talmud de Babylone Yoma 83A-84B).

3Versets 3 à 7

« « Mais Jésus leur répondit: N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui; comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, non plus qu'à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls? Ou, n'avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables? Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n'auriez pas condamné des innocents. » »

Après l’accusation des pharisiens, Yeshoua ne répond pas en abolissant le shabbat. Il ne dit pas que le shabbat n’a plus besoin d’être observé. Au contraire, il répond en s’appuyant sur les Écritures : David, les pains de proposition, les sacrificateurs, le Temple, et la miséricorde de YAHWEH. Yeshoua commence par rappeler l’exemple de David :

« N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ? » Cet épisode se trouve dans 1 Samuel 21. David était en fuite, accompagné de ses hommes. Ils avaient faim, et David demanda du pain au sacrificateur Achimélec. Le sacrificateur lui répondit qu’il n’avait pas de pain ordinaire, mais seulement du pain consacré :

📖 1 Samuel 21:4

Je n’ai pas de pain ordinaire sous la main, mais il y a du pain consacré.

Ces pains étaient les pains de proposition. Ils n’étaient pas de simples pains. Ils étaient saints, placés devant YAHWEH, et normalement réservés aux sacrificateurs. La Torah dit à ce sujet :

📖 Lévitique 24:5-9

Tu prendras de la fleur de farine, et tu en feras douze gâteaux […] Tu les placeras en deux piles, six par pile, sur la table d’or pur devant YAHWEH […]

Chaque jour de shabbat, on les rangera devant YAHWEH, continuellement […] Ils appartiendront à Aaron et à ses fils, et ils les mangeront dans un lieu saint ; car ce sera pour eux une chose très sainte. »

Les pains de proposition étaient donc une chose très sainte. Ils appartenaient aux sacrificateurs et devaient être mangés dans un lieu saint. Pourtant, David en mangea, lui et ceux qui étaient avec lui, parce qu’ils avaient faim. Et l’Écriture ne rapporte aucune condamnation de YAHWEH contre David pour cet acte.

Pourquoi ? Parce que YAHWEH n’est pas un Elohim qui ferme son cœur devant l’affamé. Il est écrit :

📖 Psaume 146:7

Il fait droit aux opprimés ; il donne du pain aux affamés ; YAHWEH délivre les captifs.

Ce verset révèle le cœur de YAHWEH. Il ne méprise pas la faim de l’homme. Il ne prend pas plaisir à une sainteté froide qui laisserait mourir ceux qui ont besoin de pain.

La sainteté de YAHWEH n’est jamais séparée de sa miséricorde. C’est exactement ce que Yeshoua met devant les pharisiens. S’ils veulent condamner les disciples parce qu’ils ont mangé des épis en ayant faim, alors ils devraient aussi condamner David, que pourtant ils respectaient comme roi d’Israël. Yeshoua les place donc devant leur propre contradiction. David, l’oint de YAHWEH, mangea des pains normalement réservés aux sacrificateurs, et il ne fut pas condamné.

Alors pourquoi les disciples du Messie seraient-ils condamnés pour avoir mangé des épis, alors que la Torah permettait même de prendre des épis avec la main dans le champ de son prochain ?

📖 Deutéronome 23:25

Si tu entres dans les blés de ton prochain, tu pourras cueillir des épis avec la main, mais tu ne porteras pas la faucille sur les blés de ton prochain.

Yeshoua ne justifie donc pas une désobéissance. Il révèle que l’accusation des pharisiens est injuste.

Les sacrificateurs et le service du Temple

Yeshoua donne ensuite un deuxième exemple : « N’avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de shabbat, les sacrificateurs violent le shabbat dans le temple, sans se rendre coupables ? » Cette parole est très forte. Les sacrificateurs accomplissaient leur service dans le Temple même les jours de shabbat. Ils offraient les sacrifices, entretenaient le service sacré, remplaçaient les pains de proposition, et faisaient ce que YAHWEH avait ordonné. Extérieurement, on pouvait dire qu’ils travaillaient le jour du shabbat.

Pourtant, ils n’étaient pas coupables, parce que leur service était accompli pour YAHWEH, selon l’ordre de YAHWEH. Cela montre qu’il faut discerner correctement la Torah. Le shabbat n’a jamais été donné pour empêcher le service de Dieu, ni pour empêcher la vie, ni pour condamner l’innocent. Les sacrificateurs servaient dans le Temple le jour du shabbat sans être coupables, parce que ce service venait de l’ordre de YAHWEH. Puis Yeshoua ajoute :

« Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. »

Cette phrase est capitale. Si les sacrificateurs ne sont pas coupables lorsqu’ils servent dans le Temple le jour du shabbat, combien plus les disciples ne sont-ils pas coupables lorsqu’ils sont avec celui qui est plus grand que le Temple. Les pharisiens regardaient les épis, mais ils ne reconnaissaient pas celui qui marchait au milieu d’eux. Ils voyaient une faute. Mais devant eux se tenait le Messie, le vrai Roi, le vrai Berger, celui qui est plus grand que le Temple.

La miséricorde au cœur de la Torah

Yeshoua poursuit : « Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents. » Ici, Yeshoua révèle le cœur de la Torah. YAHWEH ne veut pas une observance extérieure utilisée pour condamner l’innocent. Il veut une obéissance accompagnée de justice, de miséricorde et de discernement. Les disciples avaient faim. Les pharisiens auraient dû voir des hommes dans le besoin. Au lieu de cela, ils ont cherché une accusation. C’est là que Yeshoua dévoile leur hypocrisie. Plus loin, dans le même chapitre, il leur dira :

📖 Matthieu 12:11

Quel sera l’homme d’entre vous, qui aura une brebis, et qui, si elle vient à tomber dans une fosse un jour de shabbat, ne la prendra et ne la relèvera pas ?

Par cette question, Yeshoua montre leur contradiction. Eux-mêmes auraient secouru une brebis tombée dans une fosse le jour du shabbat. Mais lorsqu’il s’agit d’hommes affamés, ils condamnent. Ils acceptent de secourir leur propre bête, mais ils condamnent les disciples du Messie. Yeshoua ne détruit donc pas le shabbat. Il dévoile l’hypocrisie de ceux qui utilisaient le shabbat sans miséricorde. Le shabbat n’a jamais été donné pour laisser l’affamé sans secours. Il n’a jamais été donné pour empêcher de relever ce qui est tombé. Il n’a jamais été donné pour condamner des innocents.

Les faux bergers et le vrai Berger

Cette attitude des pharisiens correspond exactement à ce que les prophètes avaient annoncé au sujet des mauvais bergers d’Israël. YAHWEH avait dit par le prophète Jérémie :

📖 Jérémie 23:1

Malheur aux pasteurs qui détruisent et dispersent le troupeau de mon pâturage ! dit YAHWEH.

Et par le prophète Ézéchiel :

📖 Ézéchiel 34:8

Mes bergers ne se sont pas occupés de mes brebis, parce qu’ils ont pris soin d’eux-mêmes au lieu de prendre soin de mes brebis.

Les faux bergers ne nourrissent pas les brebis. Ils les accusent, les écrasent, les dispersent, et prennent soin d’eux-mêmes au lieu de prendre soin du troupeau. Mais YAHWEH avait aussi annoncé qu’il viendrait lui-même s’occuper de ses brebis :

📖 Ézéchiel 34:11

Voici ce que dit le Seigneur, YAHWEH : Je m’occuperai moi-même de mes brebis, je veillerai sur elles.

C’est ce que Yeshoua fait dans Matthieu 12.

Pour aller plus loin

Cela offre une perspective profonde sur les priorités de Elohim en matière de foi et d'obéissance.

Cette déclaration de Yeshua renvoie à une vérité fondamentale que le prophète Osée a également exprimée dans le Livre d'Osée :

📖 Osée 6:6

Car j'aime la piété et non les sacrifices, Et la connaissance de Elohim plus que les holocaustes.

En combinant ces deux passages, nous pouvons discerner un enseignement essentiel : Elohim attache une grande importance à la miséricorde, à la justice et à la véritable connaissance de Lui-même, bien au-delà de simples actes rituels ou religieux.

Les sacrifices et les holocaustes étaient des pratiques importantes, mais Elohim désire avant tout que les cœurs soient imprégnés de miséricorde et de compréhension profonde de Sa nature et de Sa volonté.

Lorsque Yeshua cite ce verset en réponse aux accusateurs qui condamnaient ses disciples pour leurs actions, il souligne que le jugement et la condamnation hâtive ne sont pas en harmonie avec la compassion et la compréhension divines.

Cette déclaration met en évidence la nécessité de mettre l'accent sur la miséricorde, la justice et une relation authentique avec Elohim, plutôt que de se concentrer uniquement sur des pratiques extérieures.

En fin de compte, ces passages nous rappellent que Elohim recherche une adoration sincère et une vie guidée par la miséricorde et la connaissance de Sa volonté.

Ils nous encouragent à examiner nos cœurs et nos attitudes, à rechercher une compréhension profonde de Elohim et à manifester la miséricorde envers les autres, au lieu de simplement suivre des rituels sans véritable engagement spirituel.

Nous pouvons maintenant comprendre ses mots :

📖 Matthieu 23:23

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.

4Verset 8

« « Car le Fils de l'homme est maître du sabbat.» »

Cette déclaration est souvent mal comprise. Certains l’utilisent pour dire que Yeshoua aurait placé le shabbat de côté, comme si être “Maître du shabbat” signifiait avoir le droit de l’abolir.

Mais ce n’est pas ce que le texte dit.

Yeshoua ne dit pas : “Le shabbat est supprimé.”

Il ne dit pas : “Le shabbat n’a plus besoin d’être observé.”

Il dit :

« Le Fils de l’homme est maître du shabbat. »

Être maître du shabbat ne signifie pas abolir le shabbat. Cela signifie posséder l’autorité pour en révéler le véritable sens.

De la même manière, lorsqu’un homme est appelé maître pâtissier, cela ne signifie pas qu’il annule la pâtisserie, mais qu’il la connaît, la maîtrise et sait l’enseigner correctement.

Ainsi, lorsque Yeshoua est appelé Maître du shabbat, cela ne veut pas dire qu’il supprime le shabbat, mais qu’il en connaît parfaitement le sens, l’usage et la profondeur. Yeshoua connaît le shabbat mieux que les pharisiens, car il est celui par qui toutes choses ont été faites. Il sait pourquoi le shabbat a été donné, ce qu’il représente, et comment il doit être vécu selon la volonté de YAHWEH. Marc rapporte cette même parole avec une précision importante :

📖 Marc 2:27-28

Puis il leur dit : Le shabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le shabbat, de sorte que le Fils de l’homme est maître même du shabbat.

Le shabbat n’a donc pas été donné pour écraser l’homme, mais pour son bien. Il est un don de YAHWEH : un temps de repos, de sanctification, de restauration et de communion avec lui. Dire que le shabbat a été fait pour l’homme ne signifie pas que l’homme peut le mépriser. Cela signifie qu’il a été donné pour la vie de l’homme, et non pour devenir un instrument d’accusation entre les mains de faux bergers.

Yeshoua ne pouvait pas être un transgresseur de la Torah

Il est impossible de comprendre ce passage comme si Yeshoua avait réellement violé le shabbat selon la Torah.

La Torah montre clairement que la profanation volontaire du shabbat était une faute grave. Dans le désert, un homme fut trouvé en train de ramasser du bois le jour du shabbat :

Nombres 15:32-36 « Comme les enfants d’Israël étaient dans le désert, on trouva un homme qui ramassait du bois le jour du shabbat. Ceux qui l’avaient trouvé ramassant du bois l’amenèrent à Moïse, à Aaron, et à toute l’assemblée. On le mit en prison, car ce qu’on devait lui faire n’avait pas été déclaré. YAHWEH dit à Moïse : Cet homme sera puni de mort, toute l’assemblée le lapidera hors du camp. Toute l’assemblée le fit sortir du camp et le lapida, et il mourut, comme YAHWEH l’avait ordonné à Moïse. »

Si Yeshoua avait véritablement violé le shabbat selon la Torah, ses ennemis auraient eu une accusation directe contre lui. Ils n’auraient pas eu besoin de chercher de faux témoins.

Or que dit l’Évangile ?

📖 Matthieu 26:59

Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Yeshoua, suffisant pour le faire mourir.

Ce détail est essentiel. S’ils avaient pu prouver que Yeshoua était un transgresseur réel de la Torah, ils auraient utilisé cette accusation contre lui. Mais ils ne le pouvaient pas. Ce que Yeshoua a renversé, ce n’est pas le shabbat de YAHWEH ; ce sont les traditions humaines, les jugements injustes et l’hypocrisie de ceux qui condamnaient des innocents.

Même les disciples sont déclarés innocents

Le contexte immédiat le confirme. Juste avant de dire qu’il est Maître du shabbat, Yeshoua déclare :

📖 Matthieu 12:7

Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents.

Il ne dit pas que les disciples sont coupables mais pardonnés. Il dit qu’ils sont innocents.

C’est donc l’accusation des pharisiens qui est fausse.

Le Maître du shabbat révèle le vrai shabbat

Yeshoua est maître du shabbat parce qu’il est aussi celui qui donne le vrai repos. Juste avant cet épisode, il avait déclaré :

📖 Matthieu 11:28-30

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.

Ce passage précède directement la controverse de Matthieu 12. Ce n’est pas un hasard. Avant de se présenter comme maître du shabbat, Yeshoua appelle les fatigués, les chargés, les affligés, à venir à lui pour recevoir le repos.

Ce repos annoncé par Yeshoua n’est pas une nouveauté qui viendrait remplacer le shabbat. Les prophètes parlaient déjà d’un repos intérieur, lié au retour vers les voies anciennes de YAHWEH.

Le prophète Jérémie déclare :

📖 Jérémie 6:16

Ainsi parle YAHWEH : Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie ; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes ! Mais ils répondent : Nous n’y marcherons pas.

Ce verset est très important. YAHWEH appelle son peuple à revenir aux anciens sentiers, à la bonne voie, afin de trouver le repos pour leurs âmes.

Or, à l’époque de Jérémie, le shabbat était déjà connu et pratiqué.

Cela montre que le repos dont parle le prophète ne supprime pas le shabbat.

Il en révèle plutôt la profondeur : marcher dans les voies de YAHWEH, revenir à sa Torah, quitter la rébellion et trouver le repos de l’âme.

C’est exactement ce que Yeshoua reprend lorsqu’il dit :

📖 Matthieu 11:28-29

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos […] vous trouverez du repos pour vos âmes.

Yeshoua ne vient donc pas inventer un repos opposé au shabbat. Il appelle Israël à entrer dans le repos que les prophètes annonçaient déjà : le repos des âmes, le retour aux voies de YAHWEH, et la délivrance des fardeaux imposés par les faux bergers.

Ainsi, le repos en Yeshoua ne remplace pas le shabbat comme si le commandement était aboli. Il montre que le shabbat avait toujours une signification plus profonde : conduire le peuple vers la confiance, l’obéissance, la paix et la communion avec YAHWEH.

Le shabbat rappelle la fin des six jours de travail, lorsque YAHWEH se reposa de toute son œuvre :

📖 Genèse 2:2-3

Dieu acheva au septième jour son œuvre qu’il avait faite ; et il se reposa au septième jour de toute son œuvre qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia.

Mais ce repos ne se limite pas à l’arrêt extérieur du travail. Il annonce aussi un repos plus profond : le repos que YAHWEH donne à son peuple lorsqu’il le délivre de ses fardeaux, de ses afflictions et de l’oppression des faux bergers.

Yeshoua accomplit cela en tant que bon Berger : Jean 10:11 « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. »

Les faux bergers accusaient, écrasaient et dispersaient les brebis. Mais le bon Berger les nourrit, les défend, les rassemble et les conduit dans le repos.

YAHWEH avait annoncé par le prophète Ézéchiel :

📖 Ézéchiel 34:11

Voici ce que dit le Seigneur, YAHWEH : Je m’occuperai moi-même de mes brebis, je veillerai sur elles.

Et encore :

📖 Ézéchiel 34:15

Je ferai paître mes brebis, et je les ferai reposer, dit le Seigneur, YAHWEH.

C’est exactement ce que Yeshoua manifeste. Il ne laisse pas les faux bergers condamner ses brebis. Il vient leur donner le repos promis par YAHWEH.

Le repos ne vient pas des faux bergers, mais du Messie

Le peuple de YAHWEH ne doit pas dépendre des faux bergers, mais du Messie.

Les faux bergers imposent des fardeaux, cherchent des accusations et prennent soin d’eux-mêmes. Yeshoua, lui, prend soin des brebis. Il appelle les affamés, les fatigués et les chargés à venir à lui.

C’est pourquoi le repos véritable ne se trouve pas dans les traditions humaines, ni dans une religion qui condamne sans miséricorde. Il se trouve en Yeshoua.

David l’avait déjà compris lorsqu’il disait :

📖 Psaume 62:6-7

Oui, mon âme, confie-toi en Dieu ! Car de lui vient mon espérance. Oui, c’est lui qui est mon rocher et mon salut ; ma haute retraite : je ne chancellerai pas.

Le repos véritable vient de la confiance en YAHWEH.

Il est encore écrit :

📖 Psaume 127:1-2

Si YAHWEH ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; si YAHWEH ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, et mangez-vous le pain de douleur ; il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil.

Sans YAHWEH, l’homme travaille en vain, se lève en vain, veille en vain et mange le pain de douleur. Mais celui qui se confie en lui reçoit le repos, même au milieu de ses responsabilités.

Yeshoua ne supprime pas cette réalité ; il l’accomplit. Il donne la paix que le monde et les faux bergers ne peuvent pas donner :

📖 Jean 14:27

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point.

Ainsi, le shabbat n’est pas seulement un arrêt du travail. Il enseigne la dépendance envers YAHWEH. Il rappelle que l’homme ne vit pas par ses propres forces, mais par la grâce, la paix et la fidélité de Dieu.

Le repos prophétique du Royaume

Le shabbat annonce aussi une réalité prophétique.

Comme YAHWEH travailla six jours et se reposa le septième, l’histoire du monde peut être comprise symboliquement comme une grande semaine. Les six jours représentent le temps du travail, de la fatigue, de la souffrance, des royaumes humains, des guerres et de l’oppression. Mais le septième jour annonce le repos du Seigneur, lorsque le Messie régnera avec justice.

L’épître aux Hébreux parle de ce repos :

📖 Hébreux 4:9

Il y a donc un repos de shabbat réservé au peuple de Dieu.

Et encore :

📖 Hébreux 4:11

Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe en donnant le même exemple de désobéissance.

Ce repos est déjà goûté maintenant par ceux qui viennent à Yeshoua, mais il sera pleinement manifesté dans son Royaume, lorsque la terre connaîtra la justice, la paix et la restauration.

Les prophètes annoncent ce temps :

📖 Ésaïe 2:4

De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes ; une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre.

Et encore :

📖 Ésaïe 11:9

Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de YAHWEH, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. » Ésaïe 11:9

L’Apocalypse parle aussi du règne du Messie :

📖 Apocalypse 20:4

Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans.

Ce règne représente le repos prophétique du Royaume : la fin de l’oppression, la fin des royaumes injustes, la restauration de la création et le règne du Messie sur la terre.

Le monde actuel ressemble aux six jours de travail : l’homme peine, construit, combat, souffre et cherche la paix sans pouvoir l’établir durablement. Mais le septième jour annonce le repos du Seigneur.

Yeshoua est donc maître du shabbat parce qu’il est le maître du repos présent et du repos à venir.

Pour aller plus loin

(source:discernerlesondushofar.com)

Il faut savoir, que même si Yeshua avait violé par ses agissements toutes les observances sabbatiques connues en son temps, cela ne ferait pour autant de lui un apostat à la Torah.

En effet, la loi rabbinique reconnaît à un prophète la prérogative de lever provisoirement, et non d’abolir définitivement, tout interdit de la Torah si cela est absolument indispensable à l’accomplissement de sa mission (Talmud Bavli Yebamot 90A, Yésodé Torah 9 :3-4).

Yeshua lui-même instaura le shabbat depuis le commencement du monde, il connaît plus que quiconque ce que cela représente.

En outre :

Yeshua était né sous la condamnation de la Loi, il serait lapidé s’il était vraiment un violeur de la loi et il ne serait pas question de trouver de faux témoins :

5Versets 31 à 32

« « C'est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.» »

Le blasphème contre le Saint-Esprit n’est pas une simple erreur, un doute, une faiblesse ou une parole dite dans l’ignorance. C’est un rejet volontaire, conscient et méprisant de l’œuvre de Dieu accomplie par Son Esprit. Dans Matthieu 12, les pharisiens voient Yeshoua délivrer un homme possédé, aveugle et muet. L’œuvre de Dieu est manifeste. Pourtant, ils disent :

📖 Matthieu 12:24

Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons.

Ils n’ont pas seulement douté : ils ont attribué à Satan une œuvre accomplie par l’Esprit de Dieu. Ils ont appelé œuvre du diable ce qui venait de Dieu. Yeshoua leur répond :

📖 Matthieu 12:28

Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous.

Cela montre que le problème n’était pas un manque de preuve, mais un refus volontaire de reconnaître l’œuvre de Dieu. Ils voyaient l’action de l’Esprit, mais ils choisissaient de la rejeter et de la calomnier. Même Nicodème reconnaît que les chefs religieux savaient que Dieu agissait à travers Yeshoua :

📖 Jean 3:2

Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui.

Le mot « nous savons » est important. Nicodème ne parle pas seulement en son nom personnel : il révèle que les chefs religieux avaient une connaissance réelle de l’origine divine de l’œuvre de Yeshoua. Ils savaient que Dieu était avec Lui, mais beaucoup ont choisi de Le rejeter.

Yeshoua montre aussi cette réalité dans la parabole des vignerons méchants. Les vignerons reconnaissent le fils, mais décident volontairement de le tuer :

📖 Matthieu 21:38

Mais, quand les vignerons virent le fils, ils dirent entre eux : Voici l’héritier ; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage.

Cette parabole révèle que les chefs religieux ne rejetaient pas Yeshoua simplement par ignorance. Ils comprenaient qu’Il était l’héritier, mais ils voulaient garder leur pouvoir, leur position et leur autorité. C’est pourquoi ils ont choisi de Le condamner.

La suite confirme que les principaux sacrificateurs et les pharisiens ont compris que Yeshoua parlait d’eux :

📖 Matthieu 21:45

Après avoir entendu ses paraboles, les principaux sacrificateurs et les pharisiens comprirent que c’était d’eux que Jésus parlait.

Ainsi, leur rejet n’était pas innocent. Ils ont entendu, ils ont vu, ils ont compris, mais ils ont volontairement résisté à la vérité.

On retrouve la même attitude après la résurrection de Lazare. Les chefs religieux reconnaissent que Yeshoua accomplit beaucoup de miracles :

📖 Jean 11:47

Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent : Que ferons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de miracles.

📖 Hébreux 10:26

Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés.

Mais au lieu de croire, ils décident de Le faire mourir :

📖 Jean 11:53

Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir.

Cela confirme encore que leur problème n’était pas l’absence de signes, mais le refus de se soumettre à la vérité. Ils savaient que Yeshoua accomplissait les œuvres de Dieu, mais ils ont choisi de Le rejeter, de Le condamner et de préserver leur propre autorité.

Le blasphème contre l’Esprit est donc lié à une connaissance réelle de la vérité, suivie d’un rejet volontaire de cette vérité. Ce n’est pas l’ignorance, ni la confusion, ni le doute sincère d’un croyant qui cherche à discerner. C’est le refus conscient de l’œuvre de Dieu après en avoir reçu le témoignage.

Hébreux donne le même avertissement :

📖 Hébreux 10:26

Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés.

Ce passage ne parle pas d’un croyant qui tombe puis se repent. Il parle d’un rejet délibéré du salut après avoir connu la vérité. La suite le confirme :

📖 Hébreux 10:29

De quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce ?

Ici, la personne rejette Yeshoua, méprise Son sang, et outrage l’Esprit de la grâce. Elle rejette donc le seul sacrifice que Dieu a donné pour le pardon des péchés.

Il faut cependant distinguer le doute du rejet volontaire. Avoir des questions sur un miracle, chercher à discerner une prophétie, ou avoir été troublé par de faux enseignements n’est pas blasphémer contre le Saint-Esprit. Dieu nous appelle au discernement.

Si chaque erreur ou chaque doute était un blasphème contre l’Esprit, personne ne pourrait être sauvé. Yeshoua parle d’un cœur qui s’endurcit volontairement contre la vérité, au point d’appeler mal ce qui est bien, et œuvre de Satan ce qui vient de l’Esprit de Dieu.

Celui qui craint sincèrement d’avoir commis ce péché montre déjà que son cœur n’est pas totalement fermé. S’il désire revenir à Yeshoua, s’il cherche la vérité et la repentance, c’est que l’Esprit agit encore en lui.

Mais celui qui connaît la vérité, comprend l’œuvre de Yeshoua, puis choisit volontairement de Le renier, de mépriser Son sang et de rejeter la grâce, se place dans une situation très grave. Il ne reste plus de sacrifice, non parce que le sacrifice de Yeshoua serait insuffisant, mais parce qu’il rejette le seul chemin du salut.

Le blasphème contre le Saint-Esprit est le rejet volontaire et méprisant de l’œuvre de Dieu après avoir reçu la lumière. C’est refuser Yeshoua, mépriser Son sang, et outrager l’Esprit de la grâce.

Mais celui qui tremble devant Dieu, cherche la vérité et désire revenir à Yeshoua peut encore se repentir. Car l’Esprit de Dieu appelle, convainc, relève, et conduit les cœurs sincères vers Yeshoua, le seul Sauveur.

Pour aller plus loin

Ceux qui ont blasphémé peuvent être pardonnés s’ils se repentent, mais continuer à rejeter l’œuvre de Dieu par l’Esprit ferme la porte à la repentance.

Combien d’entre nous ont vu des miracles et ont peut-être dit que c'était faux ? Combien d’entre nous ont rejeté la grâce constamment avant de la recevoir ?

Pourtant, nous sommes ici pour discuter du Seigneur :)

Comme expliqué plus haut, il faut être conscient à 100 % pour que le rejet soit considéré comme un blasphème. Mais bien évidemment, il y a ceux qui ne comprennent pas et qui rejettent : c’est pour cela qu’il faut attendre le jugement.

Nous avons déjà vu des frères qui ont évangélisé, baptisé, et qui, malgré les miracles qu’ils ont vécus, se sont finalement repentis d’avoir cru en Yeshoua. Là, par contre, il n’y a plus de sacrifice pour le péché, mais une attente du jugement.

Dans un autre cas, un frère avait cru en Yeshoua, mais à cause de faux enseignants, il L’a rejeté. Toutefois, après avoir entendu la vérité complète, il est revenu vers le Seigneur.

Pour autant que je sache, une personne chez qui l’Esprit n’agit plus ne cherche plus les choses de Dieu, surtout en ce qui concerne Yeshoua. Car l’Esprit pousse à la vérité et non au mensonge. Dieu envoie une puissance d’égarement à ceux qui n’ont pas pris plaisir à la vérité.

6Verset 37

« « Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. » »

Dans ce verset, Yeshoua montre l’importance des paroles qui sortent de notre bouche. Les paroles ne sont pas quelque chose de léger ou sans conséquence. Elles révèlent ce qu’il y a réellement dans le cœur de l’homme.

Juste avant, Yeshoua dit :

📖 Matthieu 12:34

Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle.

Cela signifie que nos paroles montrent l’état de notre cœur. Si le cœur est rempli de haine, d’orgueil, de mensonge ou de mépris, cela finira par sortir dans nos paroles.

Mais si le cœur est rempli de vérité, d’humilité, d’amour et de crainte de Dieu, cela se verra aussi dans notre manière de parler.

Quand Yeshoua dit : « par tes paroles tu seras justifié », cela ne veut pas dire que l’homme est sauvé seulement par ses paroles.

Cela signifie plutôt que les paroles peuvent témoigner d’un cœur sincère, droit et transformé par Dieu.

Et quand il dit : « par tes paroles tu seras condamné », cela montre que les paroles mauvaises, mensongères, orgueilleuses ou hypocrites peuvent devenir un témoignage contre la personne au jour du jugement.

C’est pourquoi il est écrit :

📖 Proverbes 18:21

La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; quiconque l’aime en mangera les fruits.

La langue peut construire ou détruire. Elle peut bénir ou maudire. Elle peut encourager ou blesser. Elle peut conduire vers la vérité ou entraîner dans le mensonge.

Jacques enseigne aussi la même chose :

📖 Jacques 3:5-6

De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt ! La langue aussi est un feu.

Cela montre que nos paroles ont une grande puissance. Une parole dite avec méchanceté peut faire beaucoup de dégâts, tandis qu’une parole dite avec sagesse peut relever quelqu’un.

Ainsi, Yeshoua nous appelle à faire attention à notre bouche, car nos paroles révèlent notre cœur. Le croyant ne doit donc pas parler avec légèreté, mensonge, mépris ou condamnation injuste, mais avec vérité, amour et sagesse.

Comme il est écrit :

📖 Éphésiens 4:29

Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s’il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l’édification et communique une grâce à ceux qui l’entendent.

En résumé, ce verset enseigne que nos paroles ont une valeur devant Dieu. Elles peuvent montrer que notre cœur est aligné avec Lui, ou au contraire révéler un cœur mauvais et non repentant.

C’est pourquoi le disciple de Yeshoua doit apprendre à maîtriser sa langue et à parler d’une manière qui glorifie Dieu.

7Versets 43 à 45

« « Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n'en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s'en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s'y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante.» »

Dans ce passage, Yeshoua enseigne qu’il ne suffit pas d’être simplement libéré du mal ou de nettoyer extérieurement sa vie. Il faut aussi être rempli de Dieu, de Sa parole, de Son Esprit et de l’obéissance.

L’homme est comparé à une maison. L’esprit impur sort de cette maison, mais lorsqu’il revient, il la trouve vide, balayée et ornée.

Cela signifie que la personne a peut-être changé certaines choses extérieurement, elle a mis de l’ordre dans sa vie, mais son cœur est resté vide. Dieu n’a pas réellement pris la place principale.

Le danger est là : une vie nettoyée, mais non remplie de Dieu, reste vulnérable. Si le cœur reste vide, l’ancien mal peut revenir avec encore plus de force.

Cela peut aussi se voir dans certaines formes de religion extérieure : une personne peut avoir une apparence spirituelle, parler de Dieu ou suivre des rites, mais si son cœur n’est pas réellement rempli de la vérité et de l’Esprit de Dieu, elle peut rester sous l’influence de la confusion, d’un faux évangile ou d’un autre esprit.

Comme Paul l’avertit :

📖 2 Corinthiens 11:4

Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien.

C’est pourquoi Yeshoua dit que l’esprit impur prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui. Le chiffre sept montre ici une aggravation, une condition plus grave qu’au début. La personne retombe alors dans un état pire que le premier, parce qu’elle n’a pas seulement besoin d’être délivrée, elle a besoin d’être transformée intérieurement.

On peut relier cela à cet enseignement :

📖 Jean 5:14

Voici, tu as été guéri ; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire.

Yeshoua montre que la guérison ou la délivrance doit être suivie d’une marche dans l’obéissance. Si une personne retourne volontairement au péché, elle s’expose à une condition plus dangereuse.

L’apôtre Pierre enseigne aussi quelque chose de semblable :

📖 2 Pierre 2:20

En effet, si, après s’être retirés des souillures du monde par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première.

Cela montre qu’une personne qui connaît la vérité, qui commence à s’éloigner du mal, mais qui retourne ensuite à son ancienne vie sans repentance, se retrouve dans une situation plus grave.

Dans le contexte, Yeshoua parle aussi de cette génération méchante. Il vise ceux qui ont vu ses œuvres, entendu ses paroles, reçu des signes de Dieu, mais qui refusent malgré tout de se repentir.

Leur problème n’est pas seulement l’ignorance, mais le refus d’accueillir la vérité.

C’est donc un avertissement sérieux : il ne faut pas seulement enlever le mal, il faut laisser Dieu remplir la maison. Autrement dit, il faut que le cœur soit habité par la présence de Dieu.

Comme il est écrit :

📖 Éphésiens 3:17

En sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi.

Et encore :

📖 Colossiens 3:16

Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment.

Ainsi, ce passage nous enseigne que la vraie transformation ne consiste pas seulement à arrêter certaines mauvaises choses, ni à avoir une apparence religieuse, mais à être rempli de la parole de Dieu, de la foi, de l’obéissance, de la prière et de l’Esprit de Dieu.

Une maison vide peut être reprise. Mais une maison remplie de Dieu est gardée, fortifiée et consacrée.

Yeshoua nous avertit que la délivrance sans repentance profonde et sans vie nouvelle peut conduire à une chute encore plus grande. Le croyant ne doit donc pas seulement chercher à être nettoyé du mal, mais à être pleinement rempli de Dieu, afin que son cœur ne reste jamais vide.

8Versets 46 à 50

« « Comme Jésus s'adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler. Quelqu'un lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère.» »

Dans ce passage, Yeshoua montre que la vraie famille spirituelle ne se définit pas d’abord par les liens du sang, mais par l’obéissance à Dieu. Il ne méprise pas sa mère ni ses frères selon la chair, mais il remet les choses dans leur véritable ordre : le lien le plus important devant Dieu est le lien spirituel. Yeshoua dit : « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. » La question est donc : quelle est cette volonté ? Le passage parallèle de Luc donne une précision importante :

📖 Luc 8:21

Mais il répondit : Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique.

En mettant Matthieu et Luc ensemble, on comprend que faire la volonté du Père, c’est écouter la parole de Dieu et la mettre en pratique. Il ne s’agit pas seulement d’entendre, de connaître ou de parler de Dieu, mais d’obéir réellement à Sa parole. Yeshoua se dissocie donc d’une vision purement humaine, naturelle et charnelle de la famille. Il montre que ceux qui lui appartiennent vraiment sont ceux qui suivent Dieu avec un cœur sincère. Sa vraie famille, ce sont ses disciples : ceux qui écoutent, croient, obéissent et marchent selon la volonté du Père. Cela ne veut pas dire qu’il rejette l’affection naturelle, mais il montre qu’il existe une affection plus grande : une affection spirituelle, céleste et fondée sur l’obéissance à Dieu. On retrouve la même pensée dans un autre passage :

📖 Luc 11:27-28

Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui t’a porté ! heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !

Ici encore, Yeshoua remet les choses à leur place. Une femme cherche à honorer sa mère selon la chair, mais Yeshoua répond que la vraie bénédiction n’est pas seulement d’avoir un lien naturel avec lui. La vraie bénédiction est d’écouter la parole de Dieu et de la garder. Cela montre que personne ne doit être exalté au-dessus de l’obéissance à Dieu. Même Marie, qui a eu un rôle important en portant Yeshoua, ne doit pas être placée au-dessus de la parole de Dieu.

Yeshoua ne méprise pas Marie, mais il montre que le plus important n’est pas son lien biologique avec lui, mais l’obéissance à Dieu.

On voit aussi cette priorité donnée à la volonté du Père dans l’épisode des noces de Cana :

📖 Jean 2:3-5

Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu’il vous dira.

La manière dont Yeshoua répond ne montre pas un rejet de Marie, mais une priorité claire : il n’agit pas selon une pression familiale ou humaine.

Nous pouvons voir un exemple dans la Torah, la bénédiction de Moïse sur Lévi :

📖 Deutéronome 33:8-9

Sur Lévi il dit : Les thummim et les urim ont été confiés à l’homme saint que tu as tenté à Massa, et avec qui tu as contesté aux eaux de Meriba. Lévi dit de son père et de sa mère : Je ne les ai point vus ! Il ne distingue point ses frères, il ne connaît point ses enfants. Car ils observent ta parole, et ils gardent ton alliance.

Ce passage renvoie aussi à l’épisode du veau d’or. Lorsque le peuple tomba dans l’idolâtrie, Moïse se plaça à la porte du camp et dit :

📖 Exode 32:26

À moi ceux qui sont pour l’Éternel ! Et tous les enfants de Lévi s’assemblèrent auprès de lui.

Puis les fils de Lévi obéirent à l’ordre donné par Moïse après l’idolâtrie du peuple, même si cela les opposait à leurs proches :

📖 Exode 32:27-29

Il leur dit : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Que chacun de vous mette son épée au côté ; traversez et parcourez le camp d’une porte à l’autre, et que chacun tue son frère, son parent. Les enfants de Lévi firent ce qu’ordonnait Moïse ; et environ trois mille hommes parmi le peuple périrent en cette journée. Moïse dit : Consacrez-vous aujourd’hui à l’Éternel, chacun même au prix de son fils ou de son frère, afin qu’il vous accorde aujourd’hui une bénédiction.

Cela montre que les Lévites ont choisi le camp de Dieu avant les liens du sang. Ils n’ont pas mis leur famille, leur parenté ou l’affection humaine au-dessus de l’alliance avec Elohim.

Cependant, il faut bien comprendre la différence entre Exode 32 et l’enseignement de Yeshoua. Dans Exode 32, le contexte est celui d’un jugement après une idolâtrie grave : le peuple vient de se corrompre avec le veau d’or, et environ trois mille hommes périssent. Ce passage ne doit donc pas être appliqué comme si Yeshoua appelait ses disciples à accomplir le même type de jugement physique.

Le parallèle n’est pas dans l’acte extérieur, mais dans le principe spirituel : être du côté de l’Éternel avant tout, même lorsque cela sépare des liens familiaux ou humains.

Les fils de Lévi ont montré, dans leur contexte, que l’alliance avec Dieu passait avant les liens du sang. De la même manière, Yeshoua enseigne que sa vraie famille est composée de ceux qui font la volonté du Père.

Cela rejoint ce qu’il dit : « Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. »

Ainsi, Yeshoua ne crée pas une idée nouvelle contre la Torah. Il révèle pleinement un principe déjà présent : la vraie famille de Dieu est composée de ceux qui gardent Sa parole, Son alliance, et qui font Sa volonté. Mais avec Yeshoua, ce principe prend une dimension plus grande dans la nouvelle alliance. Là où, au Sinaï, environ trois mille hommes sont morts après l’idolâtrie du veau d’or, à la Pentecôte, après l’effusion de l’Esprit, environ trois mille âmes sont ajoutées au peuple de Dieu.

📖 Actes 2:41

Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes.

Le contraste est très fort. Au Sinaï, après la transgression de l’alliance, environ trois mille hommes tombent sous le jugement.

À Jérusalem, après la venue de l’Esprit, environ trois mille âmes reçoivent la parole, sont baptisées et entrent dans la communauté des disciples. Dans Exode 32, Moïse dit : « À moi ceux qui sont pour l’Éternel ! » Et les fils de Lévi se rassemblent auprès de lui. Dans les Évangiles, Yeshoua appelle aussi ceux qui sont véritablement pour le Père à venir à lui, à écouter sa parole et à le suivre. Mais cette fois, il ne rassemble pas un peuple par l’épée du jugement ; il rassemble un peuple par l’appel de la repentance, par la foi, par l’Esprit, et par la nouvelle alliance.

Moïse a rassemblé ceux qui voulaient rester fidèles à l’alliance au milieu d’une génération tombée dans l’idolâtrie. Yeshoua, lui, rassemble ceux qui écoutent la parole d’Elohim, qui la mettent en pratique, et qui entrent dans la nouvelle alliance par son sang. Ainsi, comme les fils de Lévi ont répondu à l’appel de Moïse en montrant par leurs actes qu’ils étaient du côté de l’Éternel, les disciples de Yeshoua répondent à son appel en quittant les attentes humaines, les liens purement terrestres et l’esprit du monde pour suivre le Messie.

📖 Matthieu 4:19-20

Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent.

📖 Luc 14:26-27

Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple.

Ici, “haïr” ne signifie pas mépriser, rejeter ou maltraiter sa famille. Cela signifie que l’amour pour Dieu et l’obéissance au Messie doivent être supérieurs à tout autre attachement. Aucun lien naturel, même le plus fort, ne doit prendre la première place devant la volonté du Père.

Depuis son baptême et le commencement public de sa mission, Yeshoua manifeste pleinement qu’il marche dans l’œuvre que le Père lui a confiée. Il n’est pas conduit par les liens terrestres, mais par l’Esprit de Dieu et par la volonté du Père. À partir de là, il manifeste clairement qu’il est venu pour accomplir la volonté du Père.

Comme il le dit ailleurs :

📖 Jean 6:38

Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.

Ainsi, Yeshoua montre que sa mission ne dépend pas de sa famille terrestre, ni des attentes humaines, mais uniquement du Père.

Même lorsqu’il était encore jeune, Yeshoua montrait déjà cette réalité. Lorsqu’il avait douze ans, ses parents le cherchaient et le retrouvèrent dans le temple. Sa réponse montre qu’il savait déjà que sa priorité était les affaires de son Père.

📖 Luc 2:48-49

Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit : Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ?

Ce passage confirme que, dès son enfance, Yeshoua ne se définissait pas seulement par sa famille terrestre. Il respectait ses parents, mais il savait que sa vraie mission venait du Père céleste. Cela montre encore une fois que l’obéissance à Dieu passe avant les liens naturels et les attentes humaines.

Cependant, cela ne veut pas dire que Marie est rejetée. Plus tard, on voit qu’elle est présente avec les disciples après la résurrection :

📖 Actes 1:14

Tous d’un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus.

Ce passage montre que Marie aussi se retrouve parmi les croyants, dans la prière, avec les disciples. Elle n’est pas présentée comme une personne à adorer ou à exalter au-dessus des autres, mais comme une croyante parmi ceux qui attendent Dieu. Donc, le message principal de Yeshoua est clair : la vraie proximité avec lui ne vient pas du sang, de la famille, du statut ou d’un privilège humain. Elle vient de l’obéissance à Dieu. En résumé, Yeshoua enseigne que sa vraie famille est composée de ceux qui écoutent la parole d’Elohim et qui la mettent en pratique.

Il remet les liens terrestres à leur juste place, sans les mépriser, mais en montrant que l’obéissance au Père est supérieure à tout. La vraie bénédiction n’est donc pas seulement d’être proche de lui selon la chair, mais d’être uni à lui par la foi, l’obéissance et la volonté de Dieu.

📖 Matthieu 12

  1. En ce temps-là, Yeshua traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger.
  2. Les pharisiens, voyant cela, lui dirent: Voici, tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat.
  3. Mais Yeshua leur répondit: N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui;
  4. comment il entra dans la maison de Elohim, et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, non plus qu'à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls?
  5. Ou, n'avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables?
  6. Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple.
  7. Si vous saviez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n'auriez pas condamné des innocents.
  8. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat.
  9. Étant parti de là, Yeshua entra dans la synagogue.
  10. Et voici, il s'y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils demandèrent à Yeshua: Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat? C'était afin de pouvoir l'accuser.
  11. Il leur répondit: Lequel d'entre vous, s'il n'a qu'une brebis et qu'elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l'en retirer?
  12. Combien un homme ne vaut-il pas plus qu'une brebis! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat.
  13. Alors il dit à l'homme: Étends ta main. Il l'étendit, et elle devint saine comme l'autre.
  14. Les pharisiens sortirent, et ils se consultèrent sur les moyens de le faire périr.
  15. Mais Yeshua, l'ayant su, s'éloigna de ce lieu. Une grande foule le suivit. Il guérit tous les malades,
  16. et il leur recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître,
  17. afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète:
  18. Voici mon serviteur que j'ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, Et il annoncera la justice aux nations.
  19. Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n'entendra sa voix dans les rues.
  20. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n'éteindra point le lumignon qui fume, Jusqu'à ce qu'il ait fait triompher la justice.
  21. Et les nations espéreront en son nom.
  22. Alors on lui amena un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait.
  23. Toute la foule étonnée disait: N'est-ce point là le Fils de David?
  24. Les pharisiens, ayant entendu cela, dirent: Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons.
  25. Comme Yeshua connaissait leurs pensées, il leur dit: Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister.
  26. Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc son royaume subsistera-t-il?
  27. Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
  28. Mais, si c'est par l'Esprit de Elohim que je chasse les démons, le royaume de Elohim est donc venu vers vous.
  29. Ou, comment quelqu'un peut-il entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison.
  30. Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse.
  31. C'est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné.
  32. Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.
  33. Ou dites que l'arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l'arbre par le fruit.
  34. Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l'êtes? Car c'est de l'abondance du coeur que la bouche parle.
  35. L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l'homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.
  36. Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu'ils auront proférée.
  37. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.
  38. Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent: Maître, nous voudrions te voir faire un miracle.
  39. Il leur répondit: Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d'autre miracle que celui du prophète Jonas.
  40. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.
  41. Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas; et voici, il y a ici plus que Jonas.
  42. La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon.
  43. Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n'en trouve point.
  44. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée.
  45. Il s'en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s'y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante.
  46. Comme Yeshua s'adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler.
  47. Quelqu'un lui dit: Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler.
  48. Mais Yeshua répondit à celui qui le lui disait: Qui est ma mère, et qui sont mes frères?
  49. Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères.
  50. Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère.