Bible Contexte

Accueil › Nouveau Testament chapitre par chapitre

Analyse Matthieu 18

⏱ 48 min de lecture · 9 parties

1Présentation générale du chapitre

Dans Matthieu 18, Yeshoua enseigne plusieurs vérités importantes sur la vie dans le Royaume de Dieu : l’humilité, l’attention envers les petits, la correction fraternelle, l’unité dans l’Assemblée et le pardon.

Ce chapitre montre que le Royaume ne se vit pas avec l’orgueil, la dureté ou la rancune, mais avec un cœur humble devant Dieu. Yeshoua y révèle comment les disciples doivent se comporter entre eux, comment traiter un frère qui tombe, et pourquoi le pardon occupe une place essentielle dans la marche avec Dieu.

2Versets 1 à 4

« « En ce moment, les disciples s'approchèrent de Yeshoua, et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux? Yeshoua, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.» »

Dans ce passage, les disciples posent une question qui révèle encore une pensée humaine : ils veulent savoir qui est le plus grand dans le Royaume des cieux.

Ils pensent encore en termes de place, d’importance, de rang et de grandeur. Mais Yeshoua va renverser leur manière de penser.

Au lieu de leur montrer un chef, un roi, un homme riche, un savant ou un religieux important, il appelle un petit enfant et le place au milieu d’eux.

Ce geste est très fort.

À cette époque, un enfant n’avait pas une grande position sociale. Il n’avait ni autorité, ni richesse, ni puissance, ni influence. Il dépendait totalement de ses parents. Il ne pouvait pas se glorifier de sa position ni imposer sa volonté aux autres.

Yeshoua utilise donc l’enfant comme une image spirituelle. Il montre que, devant Elohim, la vraie grandeur ne se trouve pas dans la domination, la connaissance, la richesse ou la réputation, mais dans l’humilité, la simplicité et la dépendance envers le Père.

Se convertir et devenir comme un enfant

Yeshoua dit :

« Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. »

Cela montre que le Royaume de Elohim ne fonctionne pas comme les royaumes de ce monde.

Dans le monde, les hommes cherchent souvent à s’élever, à être vus, à être reconnus, à dominer, à avoir le dernier mot, à être au-dessus des autres.

Mais dans le Royaume, il faut d’abord se convertir, c’est-à-dire changer de direction, abandonner l’orgueil et revenir à Elohim avec un cœur humble.

Devenir comme un petit enfant ne veut pas dire devenir infantile, irresponsable ou naïf. Yeshoua ne demande pas aux disciples d’abandonner la sagesse ou le discernement.

Le message est spirituel : il faut avoir une attitude de cœur semblable à celle d’un petit enfant, c’est-à-dire un cœur sans orgueil, sans prétention, qui reconnaît sa dépendance envers Elohim.

L’enfant comme image de l’humilité

Yeshoua ajoute :

« Quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. »

La vraie grandeur commence donc par l’humilité.

Un enfant ne vient pas devant son père en prétendant tout savoir. Il reçoit, il apprend, il dépend, il fait confiance. De la même manière, celui qui veut entrer dans le Royaume doit reconnaître qu’il ne peut pas se sauver lui-même, qu’il ne possède rien devant Elohim, et qu’il a besoin de la grâce, de la vérité et de la direction du Père.

Dans l’Ancien Testament, Elohim avait déjà annoncé qu’il regarde favorablement les humbles :

« J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits. » Ésaïe 57:15

Et Michée résume ce que Elohim demande à l’homme :

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que YHWH demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Elohim. » Michée 6:8

Yeshoua ne donne donc pas un enseignement nouveau séparé des Écritures. Il confirme ce que la Torah et les prophètes enseignaient déjà : Elohim résiste à l’orgueil, mais il accueille celui qui vient à lui avec un cœur brisé et humble.

La grandeur selon Elohim n’est pas celle du monde

Yeshoua dira ailleurs :

« Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. » Matthieu 23:12

Et encore :

« Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. » Marc 10:43-44

Cela renverse complètement la manière humaine de penser.

Dans le monde, être grand signifie souvent être servi, admiré, obéi, placé au-dessus des autres. Mais dans le Royaume de Elohim, être grand signifie s’abaisser, servir, dépendre de Elohim, et ne pas chercher sa propre gloire.

Jacques et Pierre reprendront cette même vérité :

« Elohim résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » Jacques 4:6

« Revêtez-vous d’humilité ; car Elohim résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » 1 Pierre 5:5

Attention à la mauvaise compréhension

Quand Yeshoua dit qu’il faut devenir comme les petits enfants, il ne dit pas que les enfants entrent automatiquement dans le Royaume simplement parce qu’ils sont enfants.

Il ne dit pas non plus qu’il faut rester sans maturité, sans responsabilité ou sans discernement.

Il parle d’une disposition intérieure : l’humilité, la confiance, la simplicité et la dépendance envers Elohim.

Un adulte peut avoir un cœur orgueilleux, dur et prétentieux. Mais il peut aussi être transformé pour devenir humble devant Elohim. C’est cela que Yeshoua demande.

Le Royaume ne se reçoit pas avec un cœur qui veut dominer, mais avec un cœur qui accepte de s’abaisser devant Elohim.

Dans Matthieu 18:1-4, les disciples demandent qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Yeshoua leur répond en plaçant un petit enfant au milieu d’eux.

Par cette image, il montre que la vraie grandeur devant Elohim ne se mesure pas par le pouvoir, le savoir, la richesse, la force ou la réputation. Elle se mesure par l’humilité du cœur.

Devenir comme un enfant, c’est reconnaître que nous dépendons totalement de Elohim. C’est abandonner l’orgueil, la prétention et la recherche de la première place.

Le plus grand dans le Royaume n’est pas celui qui s’élève lui-même, mais celui qui accepte de s’abaisser devant Elohim.

Car Elohim résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles.

Pour aller plus loin

C’est une représentation car à l’époque (et encore aujourd’hui dans certains pays), un enfant n’avait aucun statut social, aucune autorité, et dépendait totalement de ses parents.

3Versets 4 à 6

« « C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu'un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu'on le jetât au fond de la mer. » »

Dans ce passage, Yeshoua prend un petit enfant et le place au milieu des disciples pour leur enseigner une vérité profonde. Il ne prend pas cet exemple pour dire que l’enfant est un ange ou qu’il est sans péché, mais pour montrer l’attitude de cœur que les disciples doivent avoir devant Dieu : l’humilité, la simplicité, la confiance et la dépendance.

Un enfant, dans une famille normale, ne porte pas les mêmes inquiétudes qu’un adulte. Il ne se demande pas chaque matin comment il va payer sa nourriture, son vêtement ou son toit. Il joue, il se réjouit, et il fait confiance, car il sait que ses parents prendront soin de lui. C’est cette image que Yeshoua utilise : le disciple doit apprendre à dépendre de Dieu comme un enfant dépend de son père.

C’est aussi ce que Yeshoua enseigne dans Matthieu 6 :

📖 Matthieu 6:31-33

Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vêtus? [...] Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.

Cela ne veut pas dire qu’il faut devenir irresponsable ou paresseux. Un enfant apprend, grandit et obéit à l’enseignement de ses parents. Mais dans son cœur, il sait qu’il n’est pas seul. De la même manière, le croyant doit vivre devant Dieu avec confiance, sans orgueil et sans inquiétude excessive, sachant que son Père céleste connaît ses besoins.

Quand Yeshoua dit que celui qui se rend humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume, il montre que la vraie grandeur ne se trouve pas dans la puissance, la richesse, la position ou la connaissance, mais dans l’humilité. Le plus grand n’est pas celui qui cherche à dominer, mais celui qui devient petit devant Dieu, qui reconnaît qu’il dépend entièrement de lui.

Ensuite, Yeshoua dit :

📖 Matthieu 18:5

Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même.

Recevoir un “petit” au nom de Yeshoua, ce n’est pas seulement recevoir un enfant selon la chair. C’est aussi recevoir un croyant humble, un disciple simple, quelqu’un qui appartient au royaume de Dieu. Le Seigneur s’identifie aux siens, surtout aux plus faibles, aux plus humbles et aux plus méprisés par le monde.

C’est la même pensée dans Matthieu 10 :

📖 Matthieu 10:42

Et quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.

Ici, Yeshoua précise : “parce qu’il est mon disciple.” Cela montre bien que les “petits” représentent aussi les disciples du Seigneur. Même un simple verre d’eau donné à l’un d’eux a de la valeur devant Dieu, parce que cet acte est fait envers quelqu’un qui appartient à Yeshoua.

Mais ensuite, le Seigneur donne un avertissement très sérieux :

📖 Matthieu 18:6

Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer.

Scandaliser un de ces petits, ce n’est pas seulement lui donner un mauvais exemple. C’est aussi le faire tomber, le blesser spirituellement, le détourner de la foi, l’entraîner dans le péché, le mépriser, l’opprimer, le tourmenter, le persécuter ou l’attaquer à cause de sa foi.

Yeshoua montre que les humbles du royaume sont précieux aux yeux de Dieu. Celui qui touche à eux ne touche pas seulement à un homme : il touche à ce qui est précieux pour Dieu. C’est pourquoi il est écrit :

📖 Zacharie 2:8

Car celui qui vous touche touche la prunelle de son œil.

Et lorsque Saul persécutait les disciples, Yeshoua lui dit :

📖 Actes 9:4-5

Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? [...] Je suis Yeshoua que tu persécutes.

Yeshoua ne dit pas seulement : “Pourquoi persécutes-tu mes disciples ?” Il dit : “Pourquoi me persécutes-tu ?” Cela montre que lorsqu’on persécute les disciples du Seigneur, c’est Yeshoua lui-même qui est touché. Les croyants sont liés à lui, et il s’identifie à leurs souffrances.

C’est encore ce que l’on retrouve dans Matthieu 25 :

📖 Matthieu 25:40

Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.

Le Seigneur établit donc un lien direct entre notre manière de traiter les plus petits et notre relation avec lui. Aider, recevoir, soutenir et aimer les humbles du royaume, c’est servir Yeshoua lui-même. Les mépriser, les faire tomber ou les persécuter, c’est agir contre lui.

Il faut donc bien comprendre le sens de l’image. Yeshoua ne dit pas que les enfants sont des anges ou qu’ils sont sans péché. La Bible enseigne que tout être humain a besoin de Dieu, même dès sa jeunesse :

📖 Genèse 8:21

Les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse.

Et encore :

📖 Proverbes 22:15

La folie est attachée au cœur de l’enfant.

Ainsi, devenir comme un petit enfant ne signifie pas devenir naïf, immature ou irresponsable. Cela signifie devenir humble devant Dieu, dépendant de lui, simple de cœur, confiant comme un fils envers son père. Dans le royaume de Dieu, la vraie grandeur appartient à ceux qui ne cherchent pas à s’élever eux-mêmes, mais qui vivent dans la foi, l’obéissance, l’amour et la confiance envers Dieu.

📖 Jean 1:12

Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

📖 Romains 8:14-15

Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. [...] Vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père!

📖 1 Pierre 5:6-7

Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu [...] et déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous.

📖 Psaume 131:1-2

Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains [...] J’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère.

Pour aller plus loin

Ce passage montre que même les plus petits gestes de bonté ont une valeur spirituelle. Servir un disciple, même modestement, revient à servir Yeshoua lui-même, et l’amour et la compassion se manifestent dans les actions concrètes, chaque geste de bonté étant reconnu par Dieu.

Pour aller plus loin

Ce passage souligne la gravité de nuire aux plus faibles ou aux humbles. Les enfants, symboles des croyants vulnérables, représentent ceux qui sont les plus précieux aux yeux de Yeshoua. Scandaliser ou faire tomber ces “petits” équivaut à commettre une offense grave envers le Christ lui-même. Il nous rappelle que la responsabilité envers les humbles et les innocents est sacrée et doit être prise avec le plus grand sérieux.

Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire; j'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli; j'étais nu, et vous ne m'avez pas vêtu; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. Ils répondront aussi: Seigneur, quand t'avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t'avons-nous pas assisté? Et il leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n'avez pas fait ces choses à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne les avez pas faites. Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle.

« Malheur au monde à cause des scandales ! »

Yeshoua annonce que le monde, qui vit dans le péché, produira forcément des pièges, des persécutions et des attaques. Les scandales sont inévitables parce que le monde est en rébellion contre Dieu. Mais il ajoute : « malheur à l’homme par qui le scandale arrive ».

Cela veut dire que toute personne qui se met en travers de la foi d’un croyant, qui le persécute, qui l’entraîne à chuter ou qui le détourne de la vérité, se rend coupable devant Dieu. Ce n’est pas seulement « le péché en général » qui est visé, mais le fait de s’en prendre à ceux qui appartiennent à Yeshoua.

« Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les… »

Yeshoua utilise un langage volontairement radical et imagé. Il ne parle pas d’automutilation physique, mais d’un renoncement sans compromis.

Si une pratique, une habitude ou un désir devient pour nous une cause de chute, nous devons l’abandonner, même si ce renoncement est douloureux.

L’image est choquante mais claire : il vaut mieux perdre quelque chose qui nous est cher que de perdre la vie éternelle. Rien sur cette terre, aucun plaisir ni aucun attachement, ne doit être préféré au salut. L’avertissement souligne la gravité du péché et l’importance d’une rupture radicale avec tout ce qui nous sépare de Dieu.

Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas.

La loi et les prophètes ont subsisté jusqu'à Jean; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer.

Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu'à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s'en s'emparent.

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits »

Les mépriser, les négliger est un péché grave, car ils ont une dignité particulière devant Dieu. Yeshoua affirme que « leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père ». Cela signifie qu’ils bénéficient d’une protection spéciale et qu’ils sont sous le regard direct de Dieu, même si le monde les considère comme insignifiants.

Éphésiens 2:18-19

Car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit. Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors; mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu.

4Versets 8 à 9

« « Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être jeté dans le feu éternel. Et si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n'ayant qu'un oeil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans le feu de la géhenne. » »

Yeshoua ne demande pas ici de se mutiler physiquement. Il utilise une hyperbole, une image volontairement forte, pour montrer la gravité du péché et l’importance d’entrer dans la vie éternelle. Son but est de faire comprendre que le royaume de Dieu vaut plus que tout, même plus que ce qui nous paraît le plus précieux.

Il vaut mieux accepter une souffrance, une perte ou un renoncement dans cette vie, plutôt que de garder ce qui devient une occasion de chute et finir loin de Dieu. Si quelque chose nous empêche d’entrer dans le royaume, il faut s’en séparer, même si cela coûte.

Yeshoua montre ainsi qu’on ne peut pas jouer avec le péché. Ce qui nous entraîne loin de Dieu ne doit pas être gardé, protégé ou justifié. Il faut enlever les barrières néfastes qui empêchent de marcher vers Dieu.

Le langage est fort parce que l’enjeu est éternel : mieux vaut perdre quelque chose ici-bas que perdre son âme.

📖 Matthieu 16:26

Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? ou, que donnerait un homme en échange de son âme?

Ainsi, ce passage appelle chacun à prendre au sérieux son entrée dans le royaume de Dieu, à renoncer à ce qui le fait tomber, et à choisir la vie plutôt que le péché.

5Versets 15 à 18

« « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Église; et s'il refuse aussi d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » »

Dans ce passage, Yeshoua enseigne comment régler une faute entre frères dans la communauté. Le but n’est pas d’humilier, d’écraser ou de condamner le frère, mais de le ramener, de le restaurer et de préserver la paix.

Il commence par dire :

« Va et reprends-le entre toi et lui seul. »

Cela montre que la première démarche doit être discrète. Il ne faut pas commencer par exposer la faute devant tout le monde, raconter l’affaire aux autres ou salir la personne. L’amour cherche d’abord à gagner le frère, non à le détruire.

C’est pour cela que Yeshoua dit :

« S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. »

Le but de la correction est donc la restauration. Paul enseigne la même chose :

📖 Galates 6:1

Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté.

La correction doit se faire avec douceur, humilité et crainte de Dieu. Celui qui reprend son frère doit aussi faire attention à lui-même, car personne n’est au-dessus de la chute.

Mais si le frère refuse d’écouter, Yeshoua demande de prendre une ou deux personnes avec soi. Cela évite les accusations injustes, les paroles déformées et les jugements faits dans la précipitation.

C’est en accord avec la Torah :

📖 Deutéronome 19:15

Un seul témoin ne suffira pas contre un homme pour constater un crime ou un péché quelconque; un fait ne pourra s’établir que sur la déposition de deux ou de trois témoins.

Dieu veut que les choses soient traitées avec justice. On ne condamne pas quelqu’un sur une seule parole, sans témoin, sans vérité établie et sans discernement.

Si malgré cela le frère refuse encore d’écouter, l’affaire est portée devant l’Assemblée. Et s’il refuse même d’écouter l’Assemblée, Yeshoua dit qu’il doit être considéré comme un païen et un publicain.

Cela ne veut pas dire qu’il faut le haïr ou le mépriser. Cela signifie qu’il n’est plus considéré comme quelqu’un qui marche dans l’obéissance fraternelle. Par son refus de repentance, il se place lui-même en dehors de la communion normale avec les frères.

Paul reprend ce principe lorsqu’il dit :

📖 1 Corinthiens 5:13

Ôtez le méchant du milieu de vous.

La discipline dans l’Assemblée n’a donc pas pour but de se venger, mais de protéger la communauté et d’appeler le pécheur à revenir à Dieu. Elle doit toujours garder un objectif de repentance et de restauration.

C’est dans ce contexte que Yeshoua dit :

« Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

Ici, “lier” et “délier” concernent l’autorité spirituelle donnée à l’Assemblée pour agir selon la vérité de Dieu.

Lier, c’est reconnaître qu’une faute reste retenue lorsque la personne refuse de se repentir. Cela peut conduire à une séparation ou à une discipline pour protéger l’Assemblée.

Délier, c’est restaurer, pardonner et réintégrer celui qui reconnaît sa faute et revient sincèrement.

Ce n’est pas un pouvoir humain pour dominer les autres. C’est une responsabilité spirituelle qui doit être exercée avec justice, amour, humilité et obéissance à Dieu.

On retrouve la même pensée dans Jean :

📖 Jean 20:23

Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.

Cela ne veut pas dire que l’homme pardonne à la place de Dieu comme s’il était Dieu. Cela signifie que les disciples, guidés par la vérité et par l’Esprit, reconnaissent publiquement ce que Dieu demande : le pardon pour celui qui se repent, et la retenue pour celui qui refuse la repentance.

Jacques montre aussi le but final de cette démarche :

📖 Jacques 5:19-20

Mes frères, si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y ramène, qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés.

Ainsi, la correction fraternelle n’est pas une chasse aux fautes. C’est un acte d’amour. Le frère qui reprend avec vérité cherche à sauver, non à détruire. Mais si la personne refuse toute correction, l’Assemblée doit aussi protéger la sainteté et la paix du corps.

Ce passage nous enseigne donc plusieurs choses importantes : il faut d’abord parler en privé, chercher la paix, agir avec douceur, établir les faits avec justice, faire intervenir l’Assemblée seulement si nécessaire, et toujours viser la repentance et la restauration.

La vraie discipline biblique n’est jamais fondée sur l’orgueil, la colère ou le désir de contrôler. Elle est fondée sur l’amour, la vérité et la volonté de ramener le frère à Dieu.

Pour aller plus loin

Ainsi, ce passage révèle une règle fondamentale du Royaume : la correction doit toujours être pratiquée avec amour, patience et justice, en cherchant la restauration plutôt que la punition, tout en affirmant l’autorité spirituelle de l’Église dans la conduite des affaires communautaires.

La discipline et le pardon dans l’Assemblée : lier, délier et pardonner

L’objectif n’est jamais la condamnation, mais la réconciliation, comme le rappelle Paul :

Yeshoua précise :

Cela montre que la discipline guidée par l’Esprit est validée dans le ciel, et que la communauté participe ainsi à l’ordre divin.

Le disciple applique cette autorité avec amour, discernement et humilité, cherchant toujours la réconciliation plutôt que la condamnation.

Yeshoua souligne l’importance de l’unité dans la prière. Lorsque deux croyants ou plus s’accordent sincèrement pour demander quelque chose selon la volonté de Dieu, leur prière possède une puissance particulière. L’accent n’est pas mis sur le nombre de participants, mais sur l’accord et la foi commune qui les unissent.

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom » ne désigne pas seulement une réunion physique, mais une rencontre centrée sur Yeshoua et sa volonté. Sa présence au milieu de ceux qui prient ensemble montre que Dieu participe à la prière et confirme l’action collective.

La prière en communauté renforce ainsi la foi et la solidarité spirituelle. Elle rappelle aux croyants qu’ils ne sont pas seuls et que leurs demandes, lorsqu’elles sont sincères et en accord avec Dieu, sont entendues par le Père.

La prière fervente du juste a une grande efficacité.

6Verset 18

« « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.» »

Dans ce verset, Yeshoua parle de l’autorité spirituelle donnée à l’Assemblée dans le contexte de la correction fraternelle. Il vient d’expliquer que si un frère a péché, il faut d’abord aller le reprendre seul à seul. S’il refuse d’écouter, il faut prendre avec soi une ou deux personnes comme témoins. Et s’il refuse encore d’écouter, l’affaire doit être portée devant l’Assemblée. C’est donc dans ce contexte que Yeshoua dit : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Ici, lier et délier concernent d’abord la faute d’un frère, la repentance, le pardon, la discipline et la restauration dans l’Assemblée.

Lier, c’est reconnaître qu’une faute demeure lorsque la personne refuse de se repentir. C’est constater que le péché n’est pas réglé, et qu’une décision ferme peut devenir nécessaire pour protéger l’Assemblée. Délier, c’est pardonner, restaurer, libérer et réintégrer celui qui reconnaît sa faute, se repent sincèrement et revient à Dieu. Cela ne veut pas dire que les hommes pardonnent les péchés à la place de Dieu, comme s’ils étaient Dieu eux-mêmes.

Dieu seul est la source du pardon. Mais Yeshoua donne à ses disciples une responsabilité spirituelle : annoncer, reconnaître et appliquer le pardon selon la vérité de Dieu. L’Assemblée ne crée donc pas sa propre vérité. Elle ne décide pas selon ses émotions, son orgueil ou sa volonté personnelle. Elle agit comme servante de Dieu, en reconnaissant sur la terre ce que Dieu approuve déjà dans le ciel. C’est ce que Yeshoua dit aussi après sa résurrection : Jean 20:22-23 “Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit.

Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.” Ce passage rejoint Matthieu 18. Pardonner, c’est délier. Retenir, c’est lier. Celui qui se repent peut être pardonné et restauré. Mais celui qui refuse de se repentir reste lié à sa faute, non parce que l’Assemblée veut le condamner par vengeance, mais parce qu’il refuse lui-même la correction, la grâce et le retour à Dieu.

On voit aussi que Yeshoua lui-même possède l’autorité de pardonner les péchés. Lorsqu’il guérit le paralytique, il dit : Matthieu 9:6-8 “Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Ce passage montre d’abord que Yeshoua possède l’autorité divine de pardonner les péchés. Le pardon vient de Dieu, mais Yeshoua manifeste cette autorité sur la terre. Ensuite, par Lui, Dieu confie aussi à ses serviteurs une responsabilité spirituelle : annoncer le pardon, reprendre le péché, appeler à la repentance et restaurer ceux qui reviennent sincèrement.

On voit un exemple important avec Simon le magicien dans le livre des Actes. Simon avait vu que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres. Alors il voulut donner de l’argent pour recevoir ce pouvoir. Mais Pierre le reprend très sévèrement : Actes 8:20-23 “Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu.

Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton cœur te soit pardonnée, s’il est possible ; car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité. Ce passage montre bien le principe de lier et délier. Pierre ne ferme pas les yeux sur le péché de Simon. Il ne lui dit pas : “Ce n’est pas grave.” Au contraire, il révèle clairement que son cœur n’est pas droit devant Dieu et qu’il est encore dans les liens de l’iniquité.

Ici, Simon est comme lié par une mauvaise pensée : il veut utiliser les choses de Dieu pour obtenir un pouvoir spirituel par l’argent. Pierre retient donc sa faute, non par haine, mais parce que le péché n’est pas réglé. Mais Pierre ne le reprend pas pour le détruire. Il l’appelle à la repentance : “Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur...” Cela montre que le but de la correction n’est pas d’humilier, mais de ramener la personne à Dieu.

Si Simon se repent sincèrement, il peut être pardonné, restauré et délié de cette faute. Dans un sens plus large, “lier” et “délier” peuvent aussi parler de libération et de délivrance. Yeshoua dit au sujet de la femme courbée : Luc 13:16 “Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat ?” Ici, cette femme était liée par Satan, et Yeshoua la délie, c’est-à-dire qu’il la libère, la guérit et la restaure.

Cela montre que l’autorité du Seigneur ne concerne pas seulement le pardon des péchés, mais aussi la délivrance de ce qui tient une personne captive. Ainsi, lier peut signifier retenir, maintenir sous une faute, une chaîne ou une domination. Et délier peut signifier pardonner, libérer, restaurer, guérir ou délivrer. Mais dans Matthieu 18, le sujet principal reste la correction fraternelle dans l’Assemblée. Yeshoua donne une autorité spirituelle pour traiter le péché avec justice : retenir lorsque la personne refuse la repentance, et restaurer lorsqu’elle revient sincèrement.

Cette autorité ne doit jamais être utilisée avec orgueil, domination, manipulation ou vengeance. Elle doit être exercée avec vérité, amour, justice, humilité et crainte de Dieu. Le but final n’est pas de détruire le frère, mais de le ramener à Dieu. La discipline biblique n’est pas faite pour écraser, mais pour conduire à la repentance. Elle sert aussi à protéger l’Assemblée, afin que le péché ne soit pas accepté comme normal au milieu du peuple de Dieu.

Ainsi, Matthieu 18:18 nous enseigne que l’Assemblée a une vraie responsabilité spirituelle. Elle doit pardonner et restaurer celui qui se repent, mais elle ne doit pas faire comme si le péché n’existait pas lorsque quelqu’un refuse clairement la correction. Car devant Dieu, la grâce n’annule pas la vérité, et la vérité n’annule pas la grâce. Les deux doivent marcher ensemble : reprendre avec amour, pardonner avec sincérité, restaurer avec sagesse, et garder la sainteté de l’Assemblée.

7Verset 19

« « Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. » »

Dans ce verset, Yeshoua parle de l’accord dans la prière. Mais le fait qu’il dise “si deux d’entre vous s’accordent” n’est pas sans importance. Dans la pensée biblique, le chiffre deux est souvent lié au témoignage, à la confirmation et à l’accord.

Dans la Torah, une affaire ne devait pas être établie sur la parole d’un seul homme, mais sur la déclaration de deux ou trois témoins :

📖 Deutéronome 19:15

Un seul témoin ne suffira pas contre un homme pour constater un crime ou un péché quelconque; un fait ne pourra s’établir que sur la déposition de deux ou de trois témoins.

Ce principe montre que Dieu veut que les choses soient traitées avec justice, ordre et confirmation. Une accusation, une décision ou une affaire importante ne doit pas reposer sur une seule personne, une seule parole, une émotion ou un jugement isolé.

Dans Matthieu 18, Yeshoua reprend justement ce principe quelques versets avant :

📖 Matthieu 18:16

Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins.

Cela montre que le verset 19 reste lié au contexte précédent. Yeshoua parle de la correction fraternelle, de la discipline, du pardon, de la restauration et des décisions spirituelles dans l’Assemblée. Les croyants ne doivent pas agir seuls, selon leur propre pensée ou leur propre colère. Ils doivent chercher la vérité, la confirmation et l’accord devant Dieu.

Quand Yeshoua dit :

“Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre”

il parle d’une vraie unité spirituelle. Ce ne sont pas simplement deux personnes qui veulent la même chose par intérêt personnel. Ce sont deux croyants qui se tiennent ensemble devant Dieu, dans la foi, la vérité et la volonté du Père.

Le mot “s’accorder” montre une harmonie. Il ne s’agit pas seulement de répéter la même demande, mais d’être unis dans le cœur, dans la pensée et dans la recherche de la volonté de Dieu. Deux croyants qui s’accordent ainsi deviennent comme un témoignage commun devant le Père.

On retrouve aussi cette logique dans l’évangélisation. Yeshoua n’a pas toujours envoyé ses disciples seuls, mais souvent deux à deux :

📖 Marc 6:7

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.

Et encore :

📖 Luc 10:1

Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller.

Cela montre que le témoignage du Royaume ne repose pas sur l’isolement. Deux disciples ensemble peuvent se soutenir, se fortifier, prier ensemble, se reprendre, confirmer ce qu’ils annoncent et porter un témoignage plus solide.

Ainsi, le “deux” dans Matthieu 18:19 rappelle plusieurs choses : le témoignage établi, l’accord spirituel, l’unité fraternelle et le soutien dans la mission. Dieu ne veut pas que ses serviteurs agissent dans l’orgueil, l’isolement ou l’arbitraire, mais dans la communion, la vérité et la dépendance envers lui.

Cependant, ce verset ne doit pas être compris comme une formule magique. Yeshoua ne dit pas que deux personnes peuvent demander n’importe quoi et obliger Dieu à l’accomplir. La prière doit toujours être conforme à la volonté du Père.

Comme il est écrit :

📖 1 Jean 5:14-15

Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu’il nous écoute, quelque chose que nous demandions, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée.

La vraie puissance de la prière ne vient donc pas seulement du nombre, mais de l’accord avec Dieu. Deux croyants peuvent être peu nombreux aux yeux du monde, mais s’ils sont unis dans la vérité, la foi et la volonté du Père, leur prière a du poids devant Dieu.

Dans le contexte de Matthieu 18, cette prière peut concerner la sagesse pour juger une situation, la repentance d’un frère, le pardon, la restauration, la paix dans l’Assemblée ou une décision difficile. Les disciples ne doivent pas traiter ces choses seulement avec des raisonnements humains. Ils doivent les porter devant Dieu dans la prière.

C’est pourquoi Jacques dit :

📖 Jacques 5:16

La prière fervente du juste a une grande efficacité.

Ainsi, Yeshoua enseigne que l’accord dans la prière a une grande valeur. Lorsque deux croyants s’unissent devant Dieu, non pour imposer leur volonté, mais pour chercher celle du Père, leur prière est entendue selon la justice de Dieu.

Ce verset nous rappelle donc que la prière commune, l’unité fraternelle et le témoignage confirmé sont importants dans le Royaume. Dieu agit au milieu de ceux qui cherchent sa volonté ensemble, avec foi, humilité et sincérité.

8Verset 20

« « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. » »

Lorsque Yeshoua dit : « Je suis au milieu d’eux », il ne faut pas comprendre cela comme une simple phrase de consolation. Cette parole reprend une vérité profonde déjà présente dans toute l’Écriture : Dieu veut habiter au milieu de son peuple.

Dans la Torah, Dieu avait demandé à Israël de construire un sanctuaire afin qu’il demeure au milieu d’eux :

📖 Exode 25:8

Ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux.

Le tabernacle représentait donc la présence de Dieu au milieu d’Israël. Le peuple ne devait pas vivre comme si Dieu était loin. Dieu avait placé sa demeure au milieu d’eux, au centre du camp, au centre de leur marche et de leur adoration.

C’est pour cette raison que Dieu demandait aussi au peuple de se garder de l’impureté :

📖 Lévitique 15:31

Vous éloignerez les enfants d’Israël de leurs impuretés, de peur qu’ils ne meurent à cause de leurs impuretés, s’ils souillent mon tabernacle qui est au milieu d’eux.

Et encore :

📖 Nombres 5:3

Vous les renverrez hors du camp, afin qu’ils ne souillent point leur camp, au milieu duquel j’ai ma demeure.

Ces versets montrent que la présence de Dieu au milieu de son peuple est une chose sainte. Si Dieu habite au milieu des siens, le peuple doit marcher avec crainte, pureté et respect.

Mais dans le Nouveau Testament, cette présence de Dieu au milieu des hommes se manifeste pleinement en Yeshoua. C’est pourquoi la prophétie d’Emmanuel est essentielle :

📖 Matthieu 1:23

Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.

Yeshoua est donc Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous. Ce que le tabernacle annonçait sous forme d’image, Yeshoua l’accomplit pleinement. Dieu n’est plus seulement représenté par un sanctuaire au milieu du camp : en Yeshoua, Dieu vient habiter parmi les hommes.

Jean dit la même chose :

📖 Jean 1:14

Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité.

La Parole a été faite chair et a habité parmi nous. Cela confirme que Yeshoua est la présence de Dieu au milieu de son peuple. Il est le véritable centre du peuple de Dieu.

Dans les Actes, Pierre rappelle aussi que Dieu agissait en Yeshoua au milieu du peuple :

📖 Actes 2:22

Hommes Israélites, écoutez ces paroles! Yeshoua de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.

Ce verset est important, car il montre que Dieu a rendu témoignage à Yeshoua par des signes faits au milieu d’eux. La présence de Dieu n’était pas une idée abstraite : elle se manifestait réellement au milieu du peuple par Yeshoua.

Pierre dit encore :

📖 Actes 10:38

Vous savez comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Yeshoua de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable, car Dieu était avec lui.

Dieu était avec Yeshoua, et par lui, Dieu visitait son peuple, guérissait, délivrait et manifestait son Royaume.

Cela rejoint aussi la parole de Yeshoua :

📖 Luc 17:21

Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.

Le royaume de Dieu est au milieu d’eux parce que le Roi est au milieu d’eux. Et ce Roi, c’est Yeshoua. Là où Yeshoua est présent, le royaume de Dieu est présent.

Ainsi, quand Yeshoua dit :

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux »

Même après sa venue, sa mort, sa résurrection et son élévation, il n’abandonne pas les siens. Ceux qui sont assemblés en son nom ne sont pas simplement réunis entre hommes : Yeshoua est présent au milieu d’eux.

C’est aussi ce que l’on voit dans l’Assemblée après la résurrection. Les croyants se réunissaient, priaient ensemble, et Dieu manifestait sa présence au milieu d’eux par le Saint-Esprit :

📖 Actes 4:31

Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance.

Ce passage montre que lorsque les disciples sont assemblés dans la prière et dans la foi, Dieu agit au milieu d’eux. La présence de Yeshoua n’est donc pas une simple formule : elle se manifeste par l’Esprit, par la prière, par la parole, par la puissance de Dieu et par la conduite de l’Assemblée.

Paul reprend aussi cette grande vérité en parlant du peuple de Dieu comme du temple du Dieu vivant :

📖 2 Corinthiens 6:16

Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit: J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.

Ce verset confirme parfaitement l’idée : Dieu veut habiter et marcher au milieu de son peuple. Ce qui était annoncé dans la Torah continue dans la Nouvelle Alliance. L’Assemblée devient un peuple au milieu duquel Dieu habite par son Esprit, sous l’autorité de Yeshoua.

Ainsi, Matthieu 18:20 ne parle pas seulement d’un petit groupe qui prie. Il révèle que Yeshoua est la présence de Dieu au milieu des siens. Il est Emmanuel, Dieu avec nous. Il est la Parole faite chair qui a habité parmi nous. Il est le Roi au milieu de son peuple, et là où il est présent, le royaume de Dieu est présent aussi.

Mais cette présence demande aussi une responsabilité. Dans la Torah, Israël devait se garder de souiller le camp parce que le tabernacle était au milieu d’eux. De même, les disciples doivent veiller à ne pas souiller l’Assemblée par l’injustice, l’orgueil, la haine, les fausses accusations ou le péché volontaire.

Si Yeshoua est au milieu, alors les paroles, les décisions, les corrections, les prières et les jugements doivent être faits dans la vérité, la sainteté et la crainte de Dieu.

Ce verset montre donc que la vraie Assemblée n’est pas définie seulement par le nombre ou le lieu. Deux ou trois peuvent sembler peu, mais s’ils sont assemblés en son nom, Yeshoua est au milieu d’eux.

Et si Yeshoua est au milieu, alors Dieu est présent avec son peuple, comme il l’avait annoncé depuis la Torah, accompli en Emmanuel, et manifesté dans l’Assemblée par le Saint-Esprit.

9Versets 21 à 22

« « Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? Yeshoua lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois. » »

Dans ce passage, Pierre pose une question importante à Yeshoua : jusqu’où doit aller le pardon envers un frère qui a péché contre nous ? Il propose une limite : jusqu’à sept fois ? À première vue, cela paraît déjà beaucoup, car pardonner plusieurs fois à la même personne demande de l’humilité, de la patience et un cœur disposé à la miséricorde.

Mais Yeshoua lui répond :

« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois. »

Le Seigneur ne donne pas ici un nombre à compter, comme si le croyant devait pardonner jusqu’à quatre cent quatre-vingt-dix fois, puis arrêter ensuite. Il utilise une expression forte pour montrer que le pardon ne doit pas être limité par un calcul humain. Le disciple ne doit pas vivre en comptant les offenses, en gardant une liste des fautes, ou en disant : “Là, j’ai assez pardonné.”

Yeshoua montre que dans le Royaume de Dieu, le pardon est nécessaire. Celui qui a reçu la miséricorde de Dieu doit apprendre à faire miséricorde à son frère. On ne peut pas demander à Dieu de nous pardonner tout en refusant volontairement de pardonner aux autres.

C’est ce que Yeshoua enseigne clairement :

📖 Matthieu 6:12

Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.

Puis il ajoute :

📖 Matthieu 6:14-15

Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

Ces paroles sont très sérieuses. Le pardon n’est pas une option secondaire dans la vie du croyant. Il fait partie du chemin du Royaume. Celui qui refuse volontairement de pardonner ferme son cœur à la grâce de Dieu. Il veut recevoir le pardon, mais il refuse de l’accorder à son frère.

Cela ne signifie pas que pardonner est toujours facile. Certaines blessures sont profondes, certaines trahisons font mal, et il peut falloir du temps pour que le cœur guérisse. Mais un croyant ne doit pas nourrir volontairement la rancune, l’amertume, le mépris, la vengeance ou la haine. Il doit remettre l’affaire entre les mains de Dieu et refuser de garder son frère prisonnier de sa faute, surtout si celui-ci se repent sincèrement.

Déjà dans la Torah, Dieu enseignait qu’il ne fallait pas garder la haine ni la rancune contre son frère :

📖 Lévitique 19:17-18

Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur; tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui. Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel.

Ce passage montre l’équilibre de Dieu. Il faut reprendre le frère quand il pèche, mais sans haine, sans vengeance et sans rancune. La correction ne doit pas devenir une occasion de mépriser, d’écraser ou de détruire l’autre. Elle doit chercher la vérité et la restauration.

C’est exactement ce que Yeshoua enseigne dans Matthieu 18. Il a d’abord expliqué comment reprendre un frère qui a péché. Mais ensuite, il montre que cette correction doit être accompagnée d’un cœur prêt à pardonner. La vérité ne doit pas devenir dureté, et le pardon ne doit pas devenir faiblesse face au péché. Les deux doivent marcher ensemble : corriger avec justice, mais pardonner avec miséricorde.

Les Proverbes enseignent aussi cette sagesse :

📖 Proverbes 10:12

La haine excite des querelles, mais l’amour couvre toutes les fautes.

Et encore :

📖 Proverbes 19:11

L’homme qui a de la sagesse est lent à la colère, et il met sa gloire à oublier les offenses.

Ces versets montrent qu’un cœur sage ne cherche pas toujours à rappeler les fautes, à exposer son frère ou à entretenir les conflits. L’amour ne nie pas le péché, mais il ne prend pas plaisir à garder l’autre sous l’accusation. Il cherche la paix, la repentance, la guérison et la restauration.

Dans le Nouveau Testament, Paul reprend le même enseignement :

📖 Éphésiens 4:31-32

Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.

Paul ne parle pas seulement du pardon, il parle aussi de ce qui doit disparaître du milieu des croyants : l’amertume, la colère, les cris, la calomnie et la méchanceté. Cela est important, car certaines personnes disent : “Je n’arrive pas à pardonner”, mais en même temps elles nourrissent la rancune, parlent mal de leur frère, le méprisent, l’éloignent des autres ou le calomnient. Cela n’est pas l’esprit du Royaume.

Dire “je n’arrive pas à pardonner” peut être le signe d’une blessure réelle, et Dieu peut guérir cette blessure. Mais si quelqu’un refuse volontairement de pardonner, garde la rancune, entretient la haine, calomnie son frère ou cherche à l’isoler, cela devient grave devant Dieu. Ce n’est plus seulement une faiblesse, c’est un péché qui détruit le cœur et qui peut aussi détruire l’Assemblée.

La lettre aux Hébreux avertit contre l’amertume :

📖 Hébreux 12:14-15

Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés.

L’amertume est comparée à une racine. Au début, elle peut être cachée dans le cœur. Mais si elle n’est pas arrachée, elle produit des fruits mauvais : querelles, mépris, dureté, divisions, calomnies et éloignement des frères. Une personne qui garde l’amertume ne souffre pas seule : elle peut aussi contaminer les autres par ses paroles et ses accusations.

C’est pour cela que Yeshoua insiste autant sur le pardon. Le pardon protège le cœur du croyant et protège aussi l’Assemblée. Il empêche la rancune de devenir une racine qui produit du trouble.

Yeshoua enseigne aussi que la réconciliation avec le frère a une grande importance devant Dieu :

📖 Matthieu 5:23-24

Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.

Cela montre que Dieu ne regarde pas seulement les prières, les offrandes ou les actes religieux. Il regarde aussi l’état du cœur envers le frère. On ne peut pas faire semblant d’honorer Dieu tout en refusant volontairement la paix, le pardon ou la réconciliation lorsque cela est possible.

Paul dit encore :

📖 Colossiens 3:12-13

Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi.

Le modèle du pardon, c’est Yeshoua lui-même. Le croyant pardonne parce qu’il a lui-même été pardonné. Il fait miséricorde parce qu’il a reçu miséricorde. Il ne garde pas son frère prisonnier de son passé lorsque Dieu l’appelle à la repentance et à la restauration.

Mais il faut aussi bien comprendre ce qu’est le pardon biblique. Pardonner ne veut pas dire approuver le mal. Pardonner ne veut pas dire dire que la faute n’a jamais existé. Pardonner ne veut pas toujours dire redonner immédiatement la même confiance à quelqu’un qui a gravement trahi. Il peut y avoir pardon, tout en gardant de la sagesse, des limites et une correction juste.

Le pardon consiste à renoncer à la vengeance, à remettre la personne entre les mains de Dieu, à ne pas nourrir la haine, à ne pas calomnier, à ne pas mépriser, et à être disposé à la restauration lorsque la repentance est réelle. La confiance peut prendre du temps à se reconstruire, mais le cœur ne doit pas rester prisonnier de la rancune.

Yeshoua lui-même montre le chemin du pardon sur la croix :

📖 Luc 23:34

Yeshoua dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.

Même dans la souffrance, Yeshoua ne répond pas par la haine. Il remet les hommes au Père. Il montre que le Royaume ne fonctionne pas comme le monde, où l’on rend le mal pour le mal et l’insulte pour l’insulte.

Pierre enseigne la même chose :

📖 1 Pierre 3:9

Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure; bénissez, au contraire, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction.

Le croyant ne doit donc pas répondre au mal par le mal. Il ne doit pas utiliser la faute d’un frère comme une occasion de vengeance, de calomnie ou de mépris. Il est appelé à bénir, à rechercher la paix et à laisser Dieu juger avec justice.

Jacques avertit aussi contre la mauvaise parole entre frères :

📖 Jacques 4:11

Ne parlez point mal les uns des autres, frères.

Et encore :

📖 Jacques 5:9

Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés.

Ces versets montrent qu’un cœur qui refuse de pardonner finit souvent par pécher avec la langue. Il parle mal, il accuse, il répand des choses, il méprise, il divise. Mais cela va contre l’esprit de Yeshoua.

Un exemple très fort de pardon et de restauration se voit dans la vie de Paul. Avant sa conversion, Paul, appelé Saul, persécutait les disciples de Yeshoua. Il approuvait la mort d’Étienne et ravageait l’Assemblée.

📖 Actes 8:1-3

Saul avait approuvé le meurtre d’Étienne. [...] Saul, de son côté, ravageait l’Église; pénétrant dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes, et les faisait jeter en prison.

Il respirait même la menace et le meurtre contre les disciples :

📖 Actes 9:1-2

Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur, et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem.

Humainement, les croyants auraient pu garder une grande rancune contre lui. Ils auraient pu dire : “Cet homme a persécuté nos frères, il a fait trop de mal, nous ne voulons pas l’accueillir.” Et au début, ils avaient peur de lui, ce qui était compréhensible.

📖 Actes 9:26

Lorsqu’il se rendit à Jérusalem, Saul tâcha de se joindre à eux; mais tous le craignaient, ne croyant pas qu’il fût un disciple.

Mais lorsque son changement est devenu évident, Barnabas l’a accueilli, l’a défendu et l’a présenté aux apôtres :

📖 Actes 9:27

Alors Barnabas, l’ayant pris avec lui, le conduisit vers les apôtres, et leur raconta comment sur le chemin Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Yeshoua.

Cela montre que les croyants n’ont pas gardé Paul prisonnier de son passé lorsque Dieu l’a réellement transformé. Ils ont été prudents au début, car ses actes passés étaient graves. Mais quand ils ont reconnu l’œuvre de Dieu en lui, ils l’ont reçu comme un frère. Ils ne l’ont pas rejeté éternellement, ils ne l’ont pas méprisé, ils ne l’ont pas empêché de servir Dieu parce qu’il avait un passé lourd.

Paul lui-même n’a jamais nié ce qu’il avait été :

📖 1 Timothée 1:13

Moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j’ai obtenu miséricorde, parce que j’agissais par ignorance, dans l’incrédulité.

Et encore :

📖 1 Corinthiens 15:9-10

Car je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu. Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis.

Paul reconnaît son passé, mais il témoigne aussi de la grâce de Dieu. Il a été pardonné, relevé et transformé. Les frères ont dû apprendre à reconnaître cette grâce au lieu de rester attachés à ce qu’il avait été avant sa conversion.

Cet exemple est très important. Il montre que pardonner ne veut pas dire être naïf. Les croyants ont d’abord été prudents avec Paul. Mais pardonner signifie ne pas refuser la restauration lorsque Dieu a réellement changé quelqu’un. Si une personne se repent sincèrement, aime Dieu et suit Yeshoua, les frères ne doivent pas la garder prisonnière de son passé, ni la rejeter comme si la grâce de Dieu était incapable de transformer.

Ainsi, quand Yeshoua dit de pardonner soixante-dix fois sept fois, il appelle ses disciples à sortir du calcul, de la rancune et de l’amertume. Le pardon du Royaume n’est pas limité par un chiffre. Il découle de la miséricorde de Dieu.

Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser le péché continuer sans correction. Matthieu 18 montre clairement qu’il faut reprendre le frère qui pèche. Mais la correction doit chercher la restauration, et le cœur du croyant doit rester disposé au pardon.

Le croyant qui refuse de pardonner se met en danger spirituel, car Yeshoua dit que si nous ne pardonnons pas aux hommes, notre Père ne nous pardonnera pas non plus. Le pardon est donc nécessaire pour marcher dans le Royaume. Celui qui garde la rancune, l’amertume, le mépris, la calomnie ou le désir de vengeance doit se repentir et demander à Dieu de purifier son cœur.

Car le Royaume de Dieu est un Royaume de vérité, mais aussi de miséricorde. Celui qui a reçu la grâce doit apprendre à faire grâce. Celui qui a été pardonné doit apprendre à pardonner. Et celui que Dieu a relevé ne doit pas être rejeté éternellement par les hommes, si Dieu lui-même l’a accueilli, transformé et restauré.

📖 Matthieu 18

  1. En ce moment, les disciples s'approchèrent de Yeshua, et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux?
  2. Yeshua, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d'eux,
  3. et dit: Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux.
  4. C'est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.
  5. Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même.
  6. Mais, si quelqu'un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu'on le jetât au fond de la mer.
  7. Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive!
  8. Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être jeté dans le feu éternel.
  9. Et si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n'ayant qu'un oeil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans le feu de la géhenne.
  10. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux.
  11. Car le Fils de l'homme est venu sauver ce qui était perdu.
  12. Que vous en semble? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée?
  13. Et, s'il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.
  14. De même, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'il se perde un seul de ces petits.
  15. Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère.
  16. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins.
  17. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Église; et s'il refuse aussi d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain.
  18. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.
  19. Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.
  20. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux.
  21. Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois?
  22. Yeshua lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois.
  23. C'est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs.
  24. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents.
  25. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée.
  26. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout.
  27. Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette.
  28. Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois.
  29. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai.
  30. Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait.
  31. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé.
  32. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié;
  33. ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi?
  34. Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait.
  35. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son coeur.