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Analyse Matthieu 5

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1Présentation générale du chapitre

Matthieu 5 ouvre le célèbre sermon sur la montagne. Yeshoua y enseigne les principes du Royaume des cieux à travers les béatitudes, appelant ses disciples à vivre dans l’humilité, la pureté, la paix, la miséricorde et la justice.

Dans ce chapitre, Yeshoua montre aussi qu’il n’est pas venu abolir la Torah, mais l’accomplir et en révéler la profondeur spirituelle. Il enseigne que Dieu ne regarde pas seulement les actes extérieurs, mais aussi les intentions du cœur. Matthieu 5 présente ainsi la justice du Royaume, une justice plus profonde que l’apparence religieuse.

2Versets 13 à 16

« « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » »

À travers ces images percutantes, Yeshoua révèle la double responsabilité du croyant au sein de la création : préserver ce qui se corrompt et éclairer ce qui est plongé dans l'obscurité. Dans la Torah, le sel revêt une dimension sacrée et obligatoire. Loin d'être un simple condiment optionnel, Elohim Lui-même exige que le sel soit présent sur les offrandes. Il est l'élément qui purifie, qui donne du goût et qui révèle la véritable saveur de ce qui est présenté à Dieu.

📖 Lévitique 2:13

Tu mettras du sel sur toutes tes offrandes ; tu ne laisseras point ton offrande manquer de sel, signe de l'alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu offriras du sel.

Au-delà de la saveur, le sel est le symbole par excellence de la pureté. Issu de l'évaporation de l'eau sous l'action du soleil, il est une substance que le temps ne peut pas corrompre. Là où le monde se détériore et pourrit, le sel reste intact et possède le pouvoir d'assainir, de guérir et de préserver tout ce qu'il touche. Le prophète Élisée manifestera d'ailleurs ce pouvoir purificateur du sel pour guérir des eaux polluées :

📖 2 Rois 2:21

Il alla vers la source des eaux, et il y jeta du sel, et dit : Ainsi parle l'Éternel : J'assainis ces eaux ; il n'en proviendra plus ni mort, ni stérilité.

Le sel symbolise ainsi la permanence et l'incorruptibilité de la Parole divine à travers ce que l'Écriture appelle une « alliance de sel ». En disant à ses disciples qu'ils sont le sel de la terre, Yeshoua rappelle que le croyant doit manifester cette même pureté absolue.

Cette sainteté n'est pas passive ; elle agit comme un rempart contre le "levain" du péché et la déchéance morale de la société. Le croyant, par sa marche intègre selon la Torah, apporte cette note de pureté divine qui préserve le monde du jugement et rehausse le "goût" moral d'une humanité qui a perdu la saveur des commandements d'Elohim. Cependant, Yeshoua lance un avertissement solennel : si le sel perd sa saveur, il devient inutile. À cette époque, le sel impur prélevé près de la mer Morte pouvait être altéré et lessivé par l'humidité, perdant ses propriétés pour ne laisser qu'un résidu de poussière insipide.

Pour le croyant, perdre sa saveur signifie se conformer aux mentalités du monde, transiger avec les commandements et perdre sa pureté et sa distinction sainte. Un tel croyant n'a plus aucun impact spirituel. Puis, le Maître passe de la métaphore du sel à celle de la lumière. Il affirme de manière absolue : « Vous êtes la lumière du monde ». Pour bien approfondir cette déclaration, il faut comprendre le contexte cosmique et prophétique dans lequel elle s'inscrit. Le monde actuel traverse une longue période de nuit spirituelle. Cette nuit a commencé lorsque Yeshoua, la Source originelle, est reparti vers le Père. Tant qu'Il était sur terre, Il était le Soleil visible, mais Son départ physique a laissé le monde dans les ténèbres apparentes. Les Écritures avaient prophétisé cette identité messianique. Le prophète Malachie présente le Messie comme l'astre de justice qui dissipe l'obscurité :

📖 Malachie 4:2

Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le Soleil de justice, et la guérison sera sous ses ailes...

Le roi David, dans les Psaumes, décrit également la course du soleil comme le symbole de la justice et de la révélation d'Elohim qui doit envelopper toute la création :

📖 Psaume 19:5-7

...Il a dressé une tente pour le soleil. Et le soleil, semblable à un époux qui sort de sa chambre, s'élance avec la joie d'un héros pour parcourir sa carrière ; il se lève à une extrémité des cieux, et achève sa course à l'autre extrémité : rien ne se dérobe à sa chaleur.

Puisque le Soleil de justice s'est retiré pour un temps, le système céleste qu'Il a établi pour la nuit prend le relais. Dans cette dynamique, la Lune représente l'Assemblée (l'Épouse du Messie). La lune n'a pas de lumière propre ; son unique rôle est de faire face au Soleil pour refléter fidèlement sa clarté sur la terre endormie.

Si l'Assemblée est la Lune dans sa dimension collective, les croyants, individuellement, sont comparés aux Étoiles. Chacun d'entre nous est appelé à être un point lumineux, un repère au milieu de la nuit. C'est cette même image que l'apôtre Paul utilise lorsqu'il exhorte les fidèles à briller au milieu d'une génération corrompue :

📖 Philippiens 2:15

...afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irréprochables au milieu d'une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde.

Être une lumière dans les ténèbres implique un pouvoir d'attraction naturel. Dans l'obscurité, celui qui est égaré cherche instinctivement la moindre lueur pour retrouver son chemin. En vivant une vie de justice, les croyants projettent la lumière d'Elohim, incitant ceux qui cherchent sincèrement la vérité à s'approcher d'eux, et à travers eux, à se tourner vers le Père pour obtenir la vie éternelle. C'est pourquoi Yeshoua insiste sur le fait qu'on n'allume pas une lampe pour la cacher sous un boisseau (un récipient servant à mesurer le grain, symbole des préoccupations matérielles).

La lumière du croyant doit être visible, placée sur le chandelier de l'obéissance et du témoignage public. Cette lumière ne consiste pas en de grands discours théologiques abstraits, mais s'exprime très concrètement par les « bonnes œuvres ». Dans la pensée biblique, les bonnes œuvres sont la mise en pratique directe de la Torah : manifester la justice, pratiquer la miséricorde, soutenir le faible et marcher humblement avec Elohim.

En fin de compte, le but ultime de cette lumière n'est pas d'attirer la gloire sur le croyant lui-même. Lorsque les hommes voient ce reflet du Soleil de justice à travers nos vies, ils sont conduits à reconnaître la source de cette beauté spirituelle, à sortir des ténèbres, et à glorifier le Père qui est dans les cieux.

3Versets 17 à 18

« « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. » »

Les paroles de Yeshoua selon lesquelles il n’est pas venu pour abolir la loi ou les prophètes, mais pour les accomplir, ouvrent une compréhension essentielle de sa mission.

Son œuvre ne consiste pas à supprimer la Torah, mais à en révéler la pleine signification et l’accomplissement spirituel.

Par sa vie, ses actes, ses souffrances et son sacrifice, il manifeste la plénitude de ce qui était annoncé.

Que signifie “accomplir” ?

Si Yeshoua n’est pas venu abolir la Loi, qu’est-il venu accomplir ?

📖 Luc 24:44

C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes.

Son accomplissement concerne tout ce qui avait été annoncé à son sujet dans les Écritures. Un exemple concret se trouve dans ses dernières paroles sur la croix :

📖 Jean 19:30

Quand Yeshoua eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit.

Dans le contexte des Écritures, cet accomplissement revêt une importance capitale à travers deux dimensions profondes :

Mettre en pratique et valider (Leqayem) : À l'époque de Yeshoua, « accomplir » la Loi signifiait la mettre en pratique fidèlement, la faire subsister et lui donner sa pleine force. Yeshoua vient pour vivre la Torah parfaitement, l'enseigner avec droiture et en révéler la véritable obéissance par l'Esprit.

Mener au but et effacer la dette (Tetelestai) : Lorsqu'Il s'écrit sur la croix « Tout est accompli », Yeshoua proclame que sa mission est menée à son terme parfait. Par ce sacrifice ultime, Il règle définitivement la condamnation qui pesait sur nous. C'est l'image juridique que l'apôtre Paul confirmera en disant qu'Il a « effacé l'acte dont les ordonnances nous condamnaient [...] et l'a détruit en le clouant à la croix » (Colossiens 2:14).

Qu'est-ce que cet « acte » et cette condamnation ?

En grec, le terme traduit par « acte » (Chirographon) désigne une reconnaissance de dette, un registre juridique où étaient inscrites toutes nos transgressions. La Torah d'Elohim stipule que la désobéissance à ses commandements parfaits entraîne une sentence terrible : la mort. C'est ce que la Bible appelle « la malédiction de la loi ».

En mourant sur le bois, Yeshoua n'a pas supprimé ou détruit les saints commandements du Père. À notre place, Il a volontairement pris sur Lui la sentence de nos fautes : « Le Messie nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous » (Galates 3:13).

Ce qui est cloué et détruit à la croix, ce n'est donc pas la Loi de Dieu (le code de sainteté), mais le décret de notre condamnation à mort (le procès-verbal de nos péchés). Notre dette spirituelle est intégralement soldée, la facture est déchirée.

Yeshoua ne supprime pas la Loi : par sa vie, Il montre comment la pratiquer à son niveau le plus élevé, et par sa mort, Il en paie le prix exigé pour nous réconcilier pleinement avec Elohim.

« Jusqu’à ce que tout soit arrivé »

Cette expression renvoie à l’accomplissement global du plan divin.

2 Pierre 3:1 « Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. »

📖 Ésaïe 66:22

Car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre que je vais créer subsisteront devant moi, dit l'Éternel…

📖 Apocalypse 21:1

Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu…

Ainsi, aucune loi ni aucune prophétie ne sera pleinement accomplie ni achevée jusqu’à ce que le Seigneur ait restauré toutes choses et que tout soit arrivé selon son dessein.

Dieu annonce toujours à l’avance

📖 Ésaïe 46:10

J'annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d'avance ce qui n'est pas encore accompli.

📖 Amos 3:7

Car le Seigneur, l’Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes.

Le but est de montrer que Dieu n’agit pas au hasard : il annonce à l’avance ce qu’il va accomplir, puis réalise fidèlement ses plans tels qu’ils ont été révélés.

Rien ne se fait de manière improvisée, mais tout s’accomplit selon ce qu’il a déclaré dès le commencement. Ainsi, celui qui veut enseigner et établir la vérité doit s’appuyer sur les Écritures anciennes, afin de démontrer toute doctrine à la lumière de la parole déjà révélée.

Car si le Seigneur avait réellement prévu d’abolir entièrement la Loi, cela devrait être clairement attesté dans sa Parole, et non basé sur des interprétations ou des théories humaines.

L'Esprit Saint : La force pour l'obéissance

Il est fondamental de comprendre que l'accomplissement de la Loi par Yeshoua ne nous dispense pas de l'obéissance, mais nous en donne les moyens par le don de l'Esprit.

C'est ce que Dieu avait annoncé bien à l'avance :

📖 Ézéchiel 36:26-27

Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau [...] Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois.

Certains pensent à tort que recevoir l'Esprit signifie "ne plus rien faire" vis-à-vis de la Loi.

Pourtant, la prophétie dit exactement le contraire : le but même de l'Esprit est de nous rendre capables de pratiquer les lois de Dieu.

L'Esprit ne contredit jamais la Parole écrite ; il l'écrit dans nos cœurs pour que notre obéissance ne soit plus une contrainte extérieure, mais une vie intérieure.

Ainsi, l’Esprit ne remplace pas la Loi, mais permet au croyant d’entrer dans son accomplissement véritable, selon le dessein de Dieu révélé en Yeshoua.

Pour aller plus loin

Les paroles de Yeshua, selon lesquelles il n'est pas venu pour abolir la loi ou les prophètes, mais pour les accomplir, résonnent avec force dans le cœur des croyants. Ce verset, souvent mal interprété, ouvre la voie à une compréhension profonde de la mission messianique de Yeshua.

Son œuvre ne consiste pas seulement à annuler les prescriptions de la Torah, mais à en réaliser les vérités spirituelles. À travers ses actions, ses souffrances et son sacrifice, Yeshua révèle la plénitude de la loi et des prophéties, nous montrant ainsi comment nous réconcilier avec Elohim.

Un exemple de ce qu'il devait accomplir, même dans les petits détails :

Dans les sources Grecques, le mot « accompli » ici est : "Τετέλεσται" qui signifie aussi payé

📖 1 Corinthiens 6:20

Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Elohim dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Elohim.

Nous voyons donc que Yeshua nous dit qu'il n'est pas venu détruire la Loi/Torah et les Prophètes, mais qu'Il est venu pour nous réconcilier avec Élohim, afin qu'Élohim fasse la Paix avec nous par son Sacrifice. Il a pris sur lui tous nos péchés, payant à notre place sur le bois ce que méritaient nos crimes.

C'est pourquoi il a dit à la croix : Tout est payé/accompli.

Voici une mission qu'il devait accomplir:

📖 Éphésiens 2:13-18

Mais maintenant, en Yeshua, vous qui étiez jadis éloignés, vous avez été rapprochés par le sang de Christ.
Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec Elohim par la croix, en détruisant par elle l'inimitié.
Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient près;
car par lui nous avons les uns et les autres accès auprès du Père, dans un même Esprit.

Voici la prophétie qui s'y rattache:

📖 Ézéchiel 37:16

Et toi, fils de l'homme, prends une pièce de bois, et écris dessus: Pour Juda et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois, et écris dessus: Pour Joseph, bois d'Ephraïm et de toute la maison d'Israël qui lui est associée.
Rapproche-les l'une et l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main.
Et lorsque les enfants de ton peuple te diront: Ne nous expliqueras-tu pas ce que cela signifie?
réponds-leur: Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Voici, je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d'Ephraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées; je les joindrai au bois de Juda, et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans ma main.
Les bois sur lesquels tu écriras seront dans ta main, sous leurs yeux.
Et tu leur diras: Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Voici, je prendrai les enfants d'Israël du milieu des nations où ils sont allés, je les rassemblerai de toutes parts, et je les ramènerai dans leur pays.
Je ferai d'eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d'Israël; ils auront tous un même roi, ils ne formeront plus deux nations, et ne seront plus divisés en deux royaumes.
Ils ne se souilleront plus par leurs idoles, par leurs abominations, et par toutes leurs transgressions; je les retirerai de tous les lieux qu'ils ont habités et où ils ont péché, et je les purifierai; ils seront mon peuple, et je serai leur Elohim.
Mon serviteur David sera leur roi (Yeshua/Yeshoua), et ils auront tous un seul pasteur. Ils suivront mes ordonnances, ils observeront mes lois et les mettront en pratique.

Ainsi, en acceptant la foi en lui, nous ne renonçons pas à la loi, mais nous découvrons comment l'appliquer à travers l'amour et la grâce qu'il nous offre. La loi devient alors un guide pour vivre selon sa volonté, plutôt qu'un fardeau à porter.

4Verset 19

« « Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » »

Comprendre la relation entre la Torah et la grâce exige de sortir d'une lecture purement légaliste et charnelle. Certains s'imaginent à tort que prêcher l’obéissance revient à replacer le croyant sous le joug de la condamnation, dans une pratique extérieure et mécanique « à la lettre ». Mais ce n'est pas du tout ce que Yeshoua enseigne. Précisons-le d'emblée : l'obéissance aux commandements n'est jamais la condition pour obtenir le salut, car le salut est un don gratuit reçu par la foi seule en l'œuvre du Messie. En revanche, l'obéissance est le fruit naturel et indispensable d'une vie transformée par la grâce. Le Maître ne nous demande pas de redescendre d'un échelon dans un légalisme rigide, Il nous appelle à monter plus haut grâce à la puissance du Saint-Esprit.

La Loi donnée à Moïse au Sinaï avait pour but premier de tracer une frontière stricte autour des comportements humains. C'était une législation divine qui filtrait principalement les actions visibles, les faits accomplis et les débordements physiques du péché.

📖 Deutéronome 30:16

Car je te prescris aujourd'hui d'aimer l'Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies...

Cependant, avec l'avènement de Yeshoua, Elohim fait passer Son peuple à une dimension supérieure. Le Messie ne se contente pas de regarder les mains qui agissent ; Il braque la lumière divine directement sur les pensées, les motifs secrets et les intentions profondes du cœur. Là où la Loi de Moïse condamnait l'acte une fois commis, Yeshoua remonte à la source spirituelle du problème pour couper la racine même du péché avant qu'il ne prenne vie. Il ne s'agit plus seulement de réformer le comportement, mais de vivre la réalité d'un cœur régénéré.

Cette capacité à sonder l'esprit et les reins est la marque même de l'autorité divine manifestée en Yeshoua. L'auteur de l'épître aux Hébreux décrit parfaitement ce niveau d'exigence supérieur où la Parole d'Elohim pénètre au-delà du visible pour juger l'invisible :

📖 Hébreux 4:12

Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur.

Tout au long de ce sermon sur la montagne, Yeshoua va matérialiser ce passage de l'action extérieure à la pensée intérieure en utilisant une formule percutante qui va revenir à plusieurs reprises :

📖 Matthieu 5:21-22 (par exemple)

Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens... Mais moi, je vous dis...

À première vue, un œil mal averti pourrait penser qu'Il est en train d'effacer les anciens commandements pour en créer de nouveaux. C’est exactement l'erreur de ceux qui pensent que la Torah est abolie ou remplacée. En réalité, Yeshoua ne supprime pas la Loi de Moïse : Il en révèle le standard spirituel supérieur, le niveau requis par le Royaume des Cieux.

Il prend la Torah comme une fondation inébranlable et, par-dessus, Il élève le niveau d'exigence à cette dimension interne des pensées. Ce standard supérieur n’annule en rien le commandement écrit ; il l'englobe, le protège et le magnifie. Celui qui, par la foi, laisse le Messie régner sur ses pensées et ses motivations intérieures n'en arrivera jamais à enfreindre la loi dans le monde physique. L'obéissance n'est donc plus une corvée extérieure motivée par la peur du châtiment, mais la manifestation visible d'un cœur amoureux d'Elohim.

C’est à nous, en tant que croyants, de saisir cette nuance fondamentale. La grâce ne nous dispense pas de la Torah, elle nous qualifie pour la vivre à son niveau le plus élevé, accomplissant ainsi la promesse de la Nouvelle Alliance où la Loi est écrite dans nos cœurs. L'apôtre Paul expliquera plus tard que cette marche par l'Esprit est la clé pour valider la Torah, et non pour la détruire :

📖 Romains 3:31

Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi.

Le fait de ne plus être sous la condamnation de la Loi signifie que notre dette a été payée à la croix, et non que la règle de sainteté d'Elohim a disparu. Nous sommes désormais libres de la culpabilité pour courir et marcher selon l'Esprit, afin d'accomplir la justice parfaite que la lettre seule, sans la foi, ne pouvait pas produire en nous.

C’est précisément ce saut spirituel, cette transition de la lettre extérieure qui juge l'action vers la circoncision du cœur qui juge la pensée, qui introduit directement la suite de son discours et la fameuse exigence du verset 20.

Pour aller plus loin

À travers ces versets, il est clair que le Seigneur insiste sur l'importance de l'obéissance, et cela englobe non seulement les 10 commandements, mais toute la loi.

De nos jours, de nombreuses personnes enseignent le contraire, voire prétendent abolir toute la loi/Torah. Cependant, il est impossible d'ignorer les avertissements de Yeshua, car ce qu'il explique concerne directement le royaume des cieux et révèle la nécessité de suivre la volonté divine.

Au jour du jugement, ces enseignements auront une grande signification, et nul ne pourra prétendre que Yeshua ne nous a pas prévenus quant à l'importance de la foi et de l'obéissance pour accéder au royaume des cieux.

5Verset 20

« « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. » »

Dans cette déclaration, le Maître affirme que la justice du croyant doit surpasser celle des scribes et des pharisiens, c’est-à-dire ceux qui étaient considérés comme les spécialistes de la Loi.

Mais quelle est cette justice supérieure ?

À travers ses enseignements, Yeshoua montre qu’il ne s’agit pas uniquement d’une conformité extérieure à la Loi, mais d’une transformation intérieure profonde.

Le problème ne réside donc pas dans la Loi elle-même, mais dans le cœur de l’homme qui est appelé à la vivre. C’est cette perspective que Paul développe cette compréhension :

📖 Romains 10:5-6

Moïse en effet décrit ainsi la justice qui vient de la loi : L'homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c'est en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l'abîme ? c'est faire remonter Christ d'entre les morts.

Ainsi, la justice ne repose pas uniquement sur l’application extérieure de la Loi, mais sur une transformation intérieure du cœur, produite par la foi et l’orientation vers Elohim. Lorsque cette réalité est comprise, elle révèle à quel point le travail spirituel reste profond en chaque être humain, et combien la transformation intérieure est essentielle pour marcher selon la volonté divine.

Pour aller plus loin

Mais quelle est donc cette justice? Il donne une série d'exemples qui mettent en avant le rôle du cœur.

C'est ce que Paul explique :

Lorsque nous réalisons cela, il devient évident à quel point il y a encore du travail à accomplir en chacun de nous.

6Versets 21 à 22

« « Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d'être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d'être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d'être puni par le feu de la géhenne. » »

Dans ce passage, Yeshoua ne contredit pas la Torah, mais il en révèle la plénitude. Alors que la Loi dit « Tu ne tueras point » (Exode 20:13) pour fixer une limite à l’acte physique, Yeshoua montre que la racine du meurtre se trouve bien avant le geste : elle naît dans le secret du cœur.

Il établit une gradation spirituelle où la colère entretenue et le mépris verbal (« Raca », « Insensé ») sont jugés avec la même gravité qu'un crime de sang.

En ciblant ces paroles, il dénonce la déshumanisation de l'autre ; car insulter son frère, c'est déjà commettre un meurtre symbolique en détruisant sa dignité.

Il élève ainsi la Loi à un niveau supérieur : la fidélité à Dieu ne se mesure plus seulement à l'absence de violence physique, mais à la pureté de nos intentions.

Cette justice du cœur nous apprend que le culte envers Dieu est inséparable du respect de l'autre, créé à Son image.

Pour Yeshoua, la réconciliation avec son frère devient même plus urgente que l'offrande religieuse.

Il ne s'agit plus simplement de respecter une règle sociale, mais de laisser la grâce transformer notre vie intérieure pour que la haine ne puisse même plus y prendre racine.

7Versets 23 à 26

« « Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé le dernier quadrant.» »

Dans ce passage, Yeshoua enseigne que l’adoration est inséparable de la justice relationnelle. L’offrande adressée à Dieu perd sa cohérence lorsqu’elle est portée avec un cœur en conflit ou une relation non réglée.

En demandant de « laisser là » l’offrande pour aller d’abord vers le frère, il renverse l’ordre habituel des priorités religieuses. La restauration de la relation devient une étape essentielle avant l’acte de culte. Cela montre que la fidélité à Dieu se manifeste aussi dans la manière dont les relations humaines sont traitées et rétablies. L’exhortation à s’accorder « promptement » avec l’adversaire souligne l’urgence de la réconciliation. Le « chemin » représente le temps présent de la vie : tant que la situation peut encore être traitée, elle doit l’être avec sérieux et responsabilité, afin d’éviter qu’elle ne s’enracine ou ne produise des conséquences plus lourdes.

L’image du quadrant, la plus petite unité monétaire, rappelle que rien n’est insignifiant dans les relations humaines : ce qui n’est pas réglé laisse une trace intérieure et peut devenir un poids tant que la paix n’est pas restaurée. Ici, la paix dont parle Yeshoua n’est pas une simple absence de conflit ni une distance où chacun reste séparé sans tension apparente.

Il s’agit d’une paix qui restaure, qui rétablit la relation dans la vérité et l’amour, même si cela demande un travail de réconciliation. Elle ne consiste pas à ignorer les situations, mais à les guérir. Yeshoua ramène ainsi la Loi à son cœur essentiel : l’amour. La vie spirituelle authentique ne se limite pas à des actes religieux, mais s’exprime aussi dans la restauration des relations, la justice et la recherche active de la paix.

Dans cette même logique, il est important de comprendre que la restauration d’un frère ou d’une sœur ne signifie pas une mise à l’écart définitive ou un simple éloignement sans accompagnement. La paix biblique ne consiste pas à laisser chacun de son côté pour éviter les tensions, mais à chercher, dans la mesure du possible, la guérison et le rétablissement de la relation. Comme l’apôtre Paul l’exprime :

📖 2 Corinthiens 2:5-7

Si quelqu’un a été une cause de tristesse, ce n’est pas moi seul qu’il a attristé, mais vous tous en partie, pour ne pas exagérer. Il suffit pour cet homme du châtiment qui lui a été infligé par le plus grand nombre, en sorte que vous devez bien plutôt lui pardonner et le consoler, de peur qu’il ne soit accablé par une tristesse excessive.

Paul montre ici que même lorsqu’une mesure de correction ou de distance a été nécessaire, elle n’est pas une fin en soi. Le but reste la restauration, le pardon et le relèvement de la personne, afin d’éviter un accablement intérieur durable. De même, l’apôtre Jean rappelle que l’amour envers Dieu se vérifie dans la manière dont on aime concrètement son prochain :

📖 1 Jean 4:20

Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ?

Ainsi, la fidélité à Dieu se manifeste dans la qualité des relations humaines. Là où la réconciliation est recherchée et où la paix est restaurée dans la vérité et l’amour, le culte retrouve sa justesse et sa profondeur.

Illustration Bible Contexte — Matthieu 5
Illustration Bible Contexte — Matthieu 5

8Versets 27 à 28

« « Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras point d'adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur. » »

L’enseignement de Yeshoua va plus loin que l’acte extérieur : il vise la racine intérieure du péché, c’est-à-dire le cœur. Car c’est dans le cœur de l’homme que naît la convoitise, et c’est cette convoitise intérieure qui le pousse ensuite à pécher.

En précisant que c'est le regard fait « pour convoiter » qui est en cause, il montre que le péché commence au moment où l'on choisit de nourrir un désir interdit dans sa pensée. Ce principe est illustré par l'histoire de David et Bat-Shéba :

📖 2 Samuel 11:2

David aperçut de sa terrasse une femme qui se baignait...

Ici, le regard prolongé devient un désir qui conduit à l’adultère, puis à une chute morale totale. Cela prouve que l'acte n'est que la fin d'un chemin qui a commencé dans l'esprit. Le problème n’est pas la Loi, mais la disposition du cœur.

Dans la Torah, la justice humaine a besoin de preuves visibles :

📖 Deutéronome 19:15

Sur la déposition de deux ou de trois témoins, le fait sera établi.

Mais Yeshoua rappelle que Dieu n'a pas besoin de témoins extérieurs car il est le témoin direct de notre vie intérieure :

📖 1 Chroniques 28:9

L’Éternel sonde tous les cœurs et discerne toutes les pensées.

Ainsi, Yeshoua révèle une justice de l'intégrité. Devant Dieu, l'intention a le même poids que l'action.

Sa justice demande donc une transformation de la source : il ne s'agit pas seulement de rester "propre" devant les hommes, mais d'être pur devant Celui qui voit ce qui est caché.

La véritable fidélité, c'est quand l'intérieur du cœur est en accord avec l'acte extérieur.

9Versets 29 à 30

« « Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne. » »

Ici, l’« œil » représente ce que l’on regarde et ce que l’on laisse entrer en soi, tandis que la « main » symbolise ce que l’on met en pratique.

Yeshoua montre que tout ce qui devient une source de chute doit être traité avec une rigueur absolue.

Il ne s’agit pas de mutilation physique, mais d’une chirurgie spirituelle : il vaut mieux se priver d’un plaisir ou d’une habitude précieuse (symbolisés par le côté droit, le côté fort) plutôt que de perdre son âme.

Cette radicalité s’explique par la source du problème: le cœur.

Comme le confirme Yeshoua plus tard :

📖 Marc 7:21-23

Car c'est du dedans, c'est du coeur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme.

La Torah interdit l’acte, mais Yeshoua met en lumière ce qui l’engendre. L’œil et la main deviennent des points d’entrée et d’action de ce qui naît dans le cœur. Sans vigilance sur ces aspects, l’intérieur finit par influencer le comportement.

L’objectif est donc une transformation intérieure réelle : un cœur purifié et aligné sur la volonté de Dieu.

Cependant, la Parole est réaliste. Même des hommes de Dieu ont chuté car, comme Yeshoua le dira à Gethsémané :

📖 Matthieu 26:41

Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible.

Cette note montre que la sainteté n’est pas seulement l’absence de faute, mais une vigilance constante.

Elle appelle à une dépendance totale envers Dieu, car si certaines décisions exigent une rupture radicale, seule Sa grâce peut réellement transformer le cœur.

Illustration Bible Contexte — Matthieu 5
Illustration Bible Contexte — Matthieu 5

10Versets 31 à 32

« « Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. » »

Yeshoua ne se contente pas de commenter la Loi : il en révèle le sens profond. Là où la Torah encadrait le divorce par un acte légal « la lettre de divorce »

Yeshoua ramène la question au cœur de l’homme. Il dévoile la raison profonde de cette concession :

📖 Matthieu 19:8

C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n'en était pas ainsi.

La Loi ne présentait pas pleinement l’idéal initial de Dieu. Elle s’adaptait à une humanité marquée par la dureté du cœur. Elle servait à limiter le mal, sans transformer encore profondément l’intérieur de l’homme.

Avec le temps, cette permission a été mal utilisée. À l’époque de Yeshoua, certains répudiaient leur femme pour des motifs légers, ce qui vidait l’alliance de sa valeur.

Une règle donnée pour encadrer pouvait alors devenir un moyen d’injustice.

Concernant l’adultère, la Torah prévoyait une sanction très grave :

📖 Lévitique 20:10

Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s'il commet un adultère avec la femme de son prochain, l'homme et la femme adultères seront punis de mort.

Cependant, son application demandait des conditions strictes, notamment la présence de témoins (Deutéronome 19:15). Cela rendait ces condamnations rares en pratique.

Dans ce contexte, la lettre de divorce peut être comprise comme un cadre légal pour organiser la séparation, non pour banaliser le péché, mais pour éviter des situations plus graves.

L’histoire de David et Bethsabée (2 Samuel 11) montre jusqu’où peut aller un cœur non transformé : David contourne la justice et fait mourir Urie.

C’est précisément là que se situe l’enseignement de Yeshoua. Il ne supprime pas la Loi : il en révèle l’intention profonde et appelle à une transformation intérieure.

Comme annoncé dans Ézéchiel :

📖 Ézéchiel 36:26

J'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair [un cœur vivant par l'Esprit].

Dès lors, la fidélité ne repose plus seulement sur une règle extérieure, mais sur une transformation opérée par l’Esprit.

📖 Matthieu 19:10

Ses disciples lui dirent : Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme, il n’est pas avantageux de se marier.

La Loi était un guide extérieur. Avec Yeshoua, une réalité nouvelle apparaît : un amour qui vient de Dieu lui-même.

📖 Romains 13:10

L'amour est donc l'accomplissement de la loi.

Cet amour, appelé « agapé », n’est pas seulement un sentiment, mais une vie qui transforme. Là où l’homme voit une contrainte, l’Esprit produit une fidélité réelle.

Ainsi, la fidélité ne repose plus seulement sur l’effort, mais devient le fruit d’un cœur transformé.

Il y a ici une tension importante : se limiter à la règle extérieure peut faire perdre de vue son intention profonde. À l’inverse, vivre selon l’amour de Dieu conduit naturellement à accomplir ce que la Loi cherchait à produire.

C’est cette justice plus profonde que Yeshoua met en avant. Une justice qui dépasse celle des scribes et des pharisiens, car elle commence dans le cœur.

11Versets 33 à 37

« « Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu; ni par la terre, parce que c'est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu'on y ajoute vient du malin.» »

Dans la Torah, Dieu encadre le serment pour protéger la vérité et éviter le mensonge.

📖 Lévitique 19:12

Vous ne jurerez point faussement par mon nom…

📖 Lamentations 3:26-31

Si tu fais un vœu à l’Éternel, ton Dieu, tu ne tarderas point à l’accomplir…

Cela montre que si quelqu’un jure ou fait un engagement devant Dieu, il doit absolument le respecter. Le serment engage donc fortement la responsabilité de l’homme.

Mais Yeshoua va plus loin. Il ne se limite pas à encadrer le serment, il élève encore le niveau. Il enseigne de ne même plus jurer du tout, car l’homme est faible et peut facilement tomber dans le mensonge ou faire des promesses inutiles.

C’est pourquoi il dit que la parole doit être simple et vraie : “oui, oui” ou “non, non”. Une personne doit être tellement honnête que sa parole suffit sans avoir besoin de serment.

12Versets 38 à 48

« « Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre...Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » »

Contrairement aux idées reçues, Yeshoua n’invente pas ici une règle nouvelle. Il révèle la profondeur spirituelle de la Torah. Son enseignement sur la non-vengeance n’est pas une rupture avec les Écritures, mais l’accomplissement d’une attitude de maîtrise, de patience et de confiance absolue en Elohim.

Dans la Torah, la loi du « œil pour œil, dent pour dent » avait pour but de limiter la vengeance personnelle et d’établir une justice équitable. Elle empêchait l’homme de répondre avec excès à une offense reçue.

Mais Yeshoua va plus loin : Il ne contredit pas la justice de Dieu, Il enseigne au disciple à renoncer à la vengeance personnelle et à remettre son jugement entre les mains du Père.

L'origine prophétique

La joue frappée dans la Torah

La preuve que ce chemin de sainteté existait déjà avant l’Évangile se trouve dans les écrits prophétiques. Bien avant Yeshoua, les Lamentations décrivaient déjà l’attitude du croyant face à l’oppression : le silence, l’acceptation de l’opprobre, et la joue offerte.

📖 Lamentations 3:26-31

Il est bon d'attendre en silence le secours de l'Éternel. Il est bon pour l'homme de porter le joug dans sa jeunesse. Il se tiendra solitaire et silencieux, parce que l'Éternel le lui impose; il mettra sa bouche dans la poussière, sans perdre toute espérance; il présentera la joue à celui qui le frappe, il se rassasiera d'opprobres. Car le Seigneur ne rejette pas à toujours.

Ce passage éclaire profondément les paroles de Yeshoua. Présenter l’autre joue n’est pas une faiblesse, ni une invitation à aimer l’injustice. C’est refuser de se faire justice soi-même. C’est choisir de rester fidèle à Dieu même lorsqu’on est humilié, blessé ou traité injustement. Le croyant accepte de porter le joug de la patience, parce qu’il sait que Dieu voit, juge et rétablit toute chose en Son temps. Il ne répond pas à la violence par la violence, car il met sa confiance dans la justice du Père. La non-vengeance enseignée par Yeshoua était déjà présente dans la Torah :

📖 Lévitique 19:18

Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel.

Ainsi, Yeshoua ne contredit pas la Torah. Au contraire, Il ramène Ses auditeurs à son esprit véritable. La Torah ne forme pas un peuple rempli de vengeance, mais un peuple saint, capable d’aimer, de patienter, de pardonner et de remettre le jugement à Dieu. La même pensée se trouve aussi dans les Proverbes :

📖 Proverbes 20:22

Ne dis pas : Je rendrai le mal. Espère en l’Éternel, et il te délivrera.

Et encore :

📖 Proverbes 25:21

Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger ; s’il a soif, donne-lui de l’eau à boire.

Yeshoua ne fait donc que révéler pleinement ce que les Écritures enseignaient déjà : le juste ne doit pas être dominé par la vengeance, mais par la miséricorde, la patience et la confiance en Dieu

📖 Romains 12:17

Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu ; car il est écrit : À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur.

L'aboutissement

La perfection du caractère

Porter ce joug de patience, c'est finalement quitter la réaction humaine pour entrer dans la nature divine. La perfection dont parle Yeshoua est l'aboutissement de cet héritage ancien : devenir, par cette maîtrise de soi, le reflet vivant du Père céleste qui fait grâce à tous.

Illustration Bible Contexte — Matthieu 5
Illustration Bible Contexte — Matthieu 5

13Versets 43 à 48

« « Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.» »

Dans ce passage, il faut comprendre que Yeshoua n’enseigne pas seulement d’aimer ceux qui nous aiment, mais aussi de ne pas condamner définitivement notre ennemi. En effet, un ennemi d’aujourd’hui peut devenir un disciple de demain. On en voit un exemple frappant dans le livre des Actes des Apôtres avec Paul de Tarse. Au début, il persécutait les croyants et était considéré comme un ennemi de l’Assemblée.

📖 Actes 8:3

Saul, de son côté, ravageait l’Église ; pénétrant dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes, et les faisait jeter en prison.

Pourtant, après sa rencontre avec le Seigneur, sa vie est totalement transformée.

📖 Actes 9:15

Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël.

Celui qui était persécuteur devient alors un serviteur fidèle de Dieu. Cela montre clairement qu’une personne perçue comme ennemie peut changer, se repentir et se rapprocher de Dieu. C’est pourquoi Yeshoua enseigne d’aimer ses ennemis. Cela ne signifie pas approuver le mal ni accepter l’injustice, mais garder un cœur ouvert, sans haine ni condamnation définitive, en laissant toujours la place à la repentance et à la transformation. Lui-même en donne l’exemple suprême. Alors qu’il est sur la croix, il dit :

📖 Luc 23:34

Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Même dans la souffrance, face à ceux qui le rejettent et le condamnent, il choisit le pardon plutôt que la haine. On retrouve aussi cet esprit chez Étienne, lorsqu’il est lapidé. Au moment de mourir, il prie pour ceux qui le tuent.

📖 Actes 7:60

Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s’endormit.

Cela montre que les disciples de Yeshoua sont appelés à suivre le même chemin : ne pas répondre au mal par le mal, mais garder un cœur rempli de miséricorde.

Cette ouverture se retrouve aussi dans la Torah.

📖 Deutéronome 23:7

Tu n’auras point en horreur l’Égyptien, car tu as été étranger dans son pays.

Même envers l’Égyptien, qui avait pourtant opprimé Israël, Dieu interdit à son peuple de garder une haine permanente. Cela montre que la Torah enseigne déjà à ne pas enfermer quelqu’un dans son passé.

Ainsi, Yeshoua nous enseigne une manière de vivre avec un cœur de chair et non un cœur de pierre.

📖 Ézéchiel 36:26

Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.

Un cœur de chair est un cœur qui aime, qui pardonne, qui espère le changement, et qui ne ferme pas la porte à quelqu’un à cause de son état actuel. Même si une personne est ennemie aujourd’hui, elle peut devenir un frère demain.

C’est pourquoi le croyant est appelé à aimer, bénir et prier, plutôt qu’à haïr, condamner ou rendre le mal pour le mal. Car l’amour de Dieu ne cherche pas seulement à punir le pécheur, mais à l’amener à la repentance, à la transformation et à la vie.

📖 Matthieu 5

  1. Voyant la foule, Yeshua monta sur la montagne; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.
  2. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit:
  3. Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!
  4. Heureux les affligés, car ils seront consolés!
  5. Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre!
  6. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!
  7. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde!
  8. Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Elohim!
  9. Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Elohim!
  10. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux!
  11. Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.
  12. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.
  13. Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.
  14. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée;
  15. et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
  16. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.
  17. Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
  18. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.
  19. Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
  20. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.
  21. Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d'être puni par les juges.
  22. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d'être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d'être puni par le feu de la géhenne.
  23. Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,
  24. laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.
  25. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne sois mis en prison.
  26. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé le dernier quadrant.
  27. Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras point d'adultère.
  28. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur.
  29. Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
  30. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne.
  31. Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce.
  32. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.
  33. Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment.
  34. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Elohim;
  35. ni par la terre, parce que c'est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi.
  36. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu.
  37. Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu'on y ajoute vient du malin.
  38. Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.
  39. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.
  40. Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
  41. Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.
  42. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.
  43. Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
  44. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,
  45. afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
  46. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même?
  47. Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même?
  48. Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.